Au Mali, Assimi Goïta a parlé sans dire l’essentiel | Afrique | DW | 22.09.2021
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages
Publicité

Afrique

Au Mali, Assimi Goïta a parlé sans dire l’essentiel

Le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, s'est adressé à ses compatriotes mardi (21.09.21) à la veille de la célébration de la fête de l'indépendance. Mais rien n’a été dit sur la durée de la transition.

Le président malien de transition, le colonel Assimi Goïta, a dit dans son discours, attendre des partenaires du Mali, une meilleure lecture de la situation.

Le président malien de transition, le colonel Assimi Goïta, a dit dans son discours, attendre des partenaires du Mali, "une meilleure lecture de la situation".

La question de la durée de la transition était dans tous les esprits mais le chef de la junte militaire a évité cette question qui est de loin la plus sensible.

Parmi les grands axes de la transition présentés par le président par intérim lors de son discours figurent notamment le renforcement de la sécurité sur l'ensemble du territoire mais aussi l'organisation des élections générales, sans toutefois préciser de date.

Vers la prolongation

Et sur la date des élections, Coumba Bah de la société civile estime que le discours du chef de l'Etat dirigerait le pays vers une prolongation de la durée de la transition, fixée à 18 mois.

Des milliers de Maliens ont manifesté mercredi à Bamako pour apporter leur soutien au gouvernement de transition dominé par les militaires.

Des milliers de Maliens ont manifesté mercredi à Bamako pour apporter leur soutien au gouvernement de transition dominé par les militaires.

"De mon point de vue, il y aura quand même une petite rallonge d'au moins six mois sur la transition pour nous permettre d'aller au fond sur l'organisation des élections. Compte tenu des clivages politiques qui se dessinent sur la mise en place de l'organe unique de gestion des élections. Nous constatons que des partis politiques et non des moindres se sont désolidarisés du schéma proposé par le gouvernement. Nous voyons également que la problématique des assises nationales est un souci", a déclaré Coumba.

Les autorités militaires font en effet de la tenue des assises nationales de la refondation leur priorité pour aller vers des réformes et les futures échéances électorales. 

Le colonel Assimi Goïta l'a rappelé lors de son discours, sans convaincre Hamidou Doumbia, secrétaire politique du parti Yelema.

"Il a fait un diagnostic de l'état du pays, nous avons des textes, nous appliquons nos textes. Mais dépenser deux milliards de francs CFA pour mettre les Maliens ensemble sur des sujets dont le diagnostic est déjà connu, je pense que c'est une perte de temps. Nous devons nous concentrer sur l'essentiel. Et l'essentiel c'est de faire les réformes possibles tout en tenant nos engagements."

La question sécuritaire

Dans un langage diplomatique, le chef de l'Etat, sans jamais citer les paramilitaires russes de la société Wagner, a aussi rappelé aux partenaires internationaux, l’obligation du Mali de résoudre la crise sécuritaire qui frappe le pays depuis 2012. 

Barkhane : Le président français avait annoncé en juin la fin prochaine de l'opération Barkhane avec une revue à la baisse des effectifs français, la fermeture de bases militaires.

Barkhane : Le président français avait annoncé en juin la fin prochaine de l'opération Barkhane avec une revue à la baisse des effectifs français, la fermeture de bases militaires.

Pour Kalidou Sidibé, professeur à la faculté des sciences juridiques et politiques de Bamako (FSJP), ce passage pourrait signifier la possibilité de chercher d’autres alliés.

"Est-ce que le Chef de l'Etat ouvre une fenêtre pour dire que si cela n'arrivait pas, si les Maliens continuaient à attendre le retour de la paix sans succès, il n’y aurait donc aucun empêchement à ce que l'Etat puisse chercher d'autres solutions ? "

Le colonel Assimi Goïta a par ailleurs rassuré les Maliens concernant la poursuite de la lutte contre la corruption, la délinquance financière et l'impunité. Celui-ci n’a cependant jamais abordé précisément dans son discours le respect de la durée de la transition et l'organisation des élections générales en février 2022.