Au ban de l′humanité | Afrique | DW | 16.05.2011
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Afrique

Au ban de l'humanité

Le procureur de la Cour pénale internationale a délivré à l'encontre du colonel Kadhafi un mandat d'arrêt international pour crimes contre l'humanité.

Une des dernières images du colonel Kadhafi, le 11 mars, lors d'une rencontre avec des chefs de tribus

Une des dernières images du colonel Kadhafi, le 11 mars, lors d'une rencontre avec des chefs de tribus

La publication de ces trois noms était très attendue car tout le monde se demandait forcément si Mouammar Kadhafi en fera partie. Eh bien c'est le cas. Le procureur international de la Cour Pénale Internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a donc frappé fort en réclamant que soit lancé un mandat d'arrêt international contre le colonel Kadhafi. Mais aussi contre son fils Saif al-Islam – très présent dans les médias depuis le début de la révolte – et enfin contre le chef des renseignements, Abdallah al-Senoussi. Le procureur du TPI a affirmé qu'il avait réuni des « preuves solides » permettant de qualifier ces faits de crimes contre l'humanité.

Sur le continent africain, le colonel Kadhafi est donc le second dirigeant poursuivi par la Cour Pénale Internationale. Le premier étant le dirigeant soudanais Omar el-Béchir contre lequel deux mandats d'arrêts internationaux ont déjà été lancés – dont le dernier en juillet 2010. Mais on sait qu'en dépit de ces deux mandats d'arrêts, Omar el-Béchir se permet encore de voyager – comme par exemple récemment à Djibouti – sans être inquiété nullement par la justice.

Une foule rassemblée à Benghazi scandait il y a quelques jours des slogans anti-Kadhafi

Une foule rassemblée à Benghazi scandait il y a quelques jours des slogans anti-Kadhafi

Défections au sein de l’armée libyenne

A long terme, on ne voit pas bien comment le colonel Kadhafi pourrait tenir face à une telle pression internationale. D'autant plus maintenant qu'il va être sous le coup d'un mandat d'arrêt et que les défections se multiplient au sein de l'armée libyenne. Mais à court terme un départ précipité est loin d’être acquis. Car les bombardements de l'Otan ne sont pas suffisants pour renverser Kadhafi. D'ailleurs, le chef d'état-major de l'armée britannique, le général David Richards, a jeté un pavé dans la mare hier sur les ondes de la BBC en déclarant que l'Otan doit élargir et intensifier ses frappes si l'Alliance désire vraiment avoir une chance de se débarrasser du dirigeant libyen.

Pendant ce temps, l'émissaire spécial des Nations unies en Libye a réclamé que le régime de Mouammar Kadhafi accepte la mise en place d'un cessez-le-feu et d'un accès à l'aide humanitaire dans les villes touchées par les combats. Le gouvernement libyen s'est déclaré favorable à cette idée mais à condition qu'elle s'accompagne bien entendu d'un arrêt des bombardements de l'Otan. Mais c'était avant la décision du Tribunal pénal international qui va forcément changer beaucoup de choses.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Ibrahim Tounkara

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