Agbéyomé Kodjo dans le collimateur de la justice togolaise | Afrique | DW | 11.03.2020
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Afrique

Agbéyomé Kodjo dans le collimateur de la justice togolaise

Une Commission chargée de l’entendre examine la demande de levée de son immunité parlementaire. Le bureau de l’Assemblée nationale a été saisi par le procureur pour examiner cette requête.

Écouter l'audio 02:33

"Dans la loi, vous n’avez droit à la parole que le jour que vous avez prêté serment." (Patrick Dandakou)

L’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo ne s’est pas présenté ce mercredi (11.03) devant l’Assemblée nationale à Lomé. Il s’est fait représenter.

Il est reproché au député Agbéyomé Kodjo, qui s’était autoproclamé président, d’avoir fait un usage illégal des symboles et emblème du pays, mais aussi des dénonciations calomnieuses ou des actes portant atteinte à la sûreté de l’État, notamment lorsque celui-ci a appelé l’armée à se mobiliser.

Le leader MPDD avait ainsi nommé un Premier ministre avant même la proclamation définitive des résultats de la présidentielle par la Cour constitutionnelle. L’analyste politique togolais Fabrice Petchézi parle de faits avérés :

"En ce qui concerne l’utilisation des armoiries de la République, il n’y a pas de doute. Pour nommer son Premier ministre, il a utilisé un papier à en-tête de la République togolaise, il a sorti beaucoup de communiqués comme cela et à la fin, il signe évidemment Dr Agbéyomé Kodjo, président de la République togolaise. Il y a aussi un site internet qui existe."

Agbéyomé Kodjo a en effet créé un site internet et un compte Twitter au nom de la République togolaise.

Compte tenu de son statut de député, celui-ci bénéficie d’une immunité parlementaire mais qui peut être levée. Dans ce cas, il pourrait être poursuivi pour les faits qui lui sont reprochés mais son entourage dénonce une manipulation politique.

"Vous savez que toutes ces accusations pour nous sont des inculpations politiques. Ce sont des infractions politiques", a estimé Fulbert Attiso qui a été son directeur de campagne lors de la présidentielle du mois dernier.

Kodjo est allé trop vite

Pour le procureur de la République, Agbéyomé Kodjo est tombé sous le coup de la loi.

C’est ce que soutient aussi le juriste togolais Patrick Modjona-Esso Dandakou qui estime que le candidat soutenu par l’archevêque émérite de Lomé est allé trop vite en posant certains actes.

"Le mandat du président de la République sortant court jusqu’en 2020. Mais il (Agbéyomé Kodjo) a pris des décrets qui nomment un Premier ministre, un ministre des Affaires étrangères", constate Patrick Modjona-Esso Dandakou.

D’après le juriste togolais, "on ne peut parler aux militaires que quand on est chef suprême des armées. Supposons qu’il ait été élu, à la date où il faisait passer ses discours, il n’était pas encore investi. Dans la loi, vous n’avez droit à la parole que le jour que vous avez prêté serment."

Le président sortant, Faure Gnassingbé, a remporté la présidentielle du 22 février dernier avec 70,78% des suffrages exprimés, contre un peu moins de 20% pour l'opposant Agbéyomé Kodjo, selon les résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle.

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