Afropresse, l′Afrique à travers la presse allemande | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 27.11.2009
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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande

Dans les journaux de cette semaine, le procès de Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo à La Haye, un rapport de l'Onu sur le soutien international aux FDLR dans l'est de la RDC et des effets du changement climatique.

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Germain Katanga plaide non coupable, Mathieu Ngudjolo aussi

La Frankfurter Allgemeine Zeitung évoque dans ses colonnes ce procès qui s'est ouvert mardi à La Haye. Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo sont jugés pour sept cas de crimes de guerre et trois cas de crimes contre l'humanité commis début 2003 dans l'est de la République démocratique du Congo. C'est le deuxième procès de la CPI après celui de Thomas Lubanga, qui s'est ouvert en janvier 2008 et qui se poursuit parallèlement, précise le journal. La justice reproche aux deux accusés d'avoir ordonné l'attaque du village de Bogoro, le 24 février 2003, dans le but "de l'effacer totalement". L'attaque avait été menée par des milliers de combattants des ethnies lendu et ngiti, réunis dans la "Force de résistance patriotique en Ituri" de Germain Katanga et le "Front des nationalistes et intégrationnistes" de Mathieu Ngudjolo. La plupart étaient des enfants-soldats, ils ont massacré plus de 200 personnes, violé des femmes et pillé le village et ses environs, où se trouvait un camp militaire de leurs ennemis de l'Union des patriotes congolais de Thomas Lubanga. Selon Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la CPI, les deux chefs de guerre sont "responsables de certains des crimes les plus graves qui touchent l'ensemble de la communauté internationale". Le journal rappelle également que même si un traité de paix pour le Congo avait été signé officiellement en décembre 2002 en Afrique du Sud, la région de l'Ituri, frontalière de l'Ouganda et riche en minerais, était toujours en guerre en 2003. C'est lorsque le conflit s'est étendu à Bunia, la principale ville de la région, que s'est mise en place en juin 2003 la mission internationale européenne Artemis chargée de prêter main forte à la Monuc, la force de l'Onu en République démocratique du Congo. L'armée allemande avait participé à cette mission.

Flüchtlingslager Mugunga bei Goma DR Kongo

Le camp de Kichanga, près de Goma. Environ 120 000 réfugiés ont fui les FDLR et vivent dans les cinq camps autour de la ville du Nord-Kivu

Les FDLR s'appuient sur un réseau international

On parle également de la République démocratique du Congo dans la tageszeitung, mais dans un autre contexte : le journal s'est procuré une copie d'un rapport de l'Onu sur l'embargo contre les groupes armés en RDC, un rapport discuté au Conseil de sécurité justement cette semaine. La taz consacre une pleine page à ce rapport qui n'a pas été rendu public. On y apprend pourquoi, malgré l'interdiction du commerce des armes, les rebelles hutus rwandais de l'est de la RDC réussissent à rester actifs grâce à un réseau international bien huilé. Dans ce réseau, on trouve notamment deux organisations caritatives espagnoles, financées par le gouvernement des Baléares. Elles sont pointées du doigt pour avoir fourni un soutien financier et logistique régulier aux FDLR, les forces démocratiques de libération du Rwanda qui comptent dans leurs rangs d'anciens responsables du génocide de 1994. Le nom de Bande Ndangundi, un vieil ami de l'ancien président congolais Laurent-Désiré Kabila, apparaît également dans ce rapport : selon les experts de l'Onu c'est lui qui coordonne, depuis la Tanzanie, les livraisons d'armes aux FDLR via le Burundi. Il aurait aussi des liens étroits avec le gouvernement hutu du Burundi, ainsi qu'avec des officiels de haut rang au sein du gouvernement tanzanien, la police et l'armée. Cette année, il aurait eu de nombreuses communications téléphoniques avec un armateur portugais et une entreprise d'aviation ougandaise.

Rebellen Offiziere

Des anciens officiers des FDLR ont confirmé l'implication directe d'Ignace Murwanashyaka dans les attaques au Congo

L'échec de la communauté internationale

Et la tageszeitung souligne par ailleurs l'implication de plusieurs pays, dont l'Allemagne, dans ce trafic international. Lors de l'arrestation, il y a dix jours, du chef des FDLR Ignace Murwanashyaka et de son adjoint Straton Musoni, les autorités allemandes se doutaient déjà qu'elles récolteraient des critiques à la présentation du rapport de l'Onu. Et effectivement, les experts ont établi un lien direct entre les deux hommes et le massacre de 60 à 96 civils, le 10 mai dernier, dans le village de Busurungi, à l'est du Congo. Les communications passées par les deux hommes depuis l'Allemagne montrent qu'ils étaient au moins au courant des préparatifs de cet acte de vengeance. Le rapport souligne également le rôle d'Ignace Murwanashyaka dans le trafic d'armes à destination des FDLR. Dans son commentaire, le journaliste Dominic Johnson rappelle qu'il n'y aucun endroit au monde où la communauté internationale n'a autant échoué que dans les Grands Lacs. Lorsque l'armée et des milices hutus ont massacré des centaines de milliers de tutsis en 1994, les casques bleus sont restés les bras croisés au Rwanda. Depuis plusieurs années, la mission de l'Onu en RDC est impuissante face aux guerres entre milices à l'est du pays. Et le nouveau rapport des Nations Unies montre que les milices FDLR exportent de l'or vers la Belgique par l'intermédiaire de Dubaï, qu'elles obtiennent des armes de Tanzanie et d'Europe de l'Est, que l'Allemagne et la France abritent des chefs de milice, et l'Espagne et la Belgique des réseaux de financement souterrains. La taz appelle le conseil de sécurité de l'Onu à publier ces révélations. Mais estime probable que le rapport finisse au fond d'un tiroir, étant donné l'étendue du problème. Aucun des principaux pays membres de l'Onu n'est totalement innocent dans cette affaire et aucun ne se risquera à jeter la première pierre. Mais le silence, estime le journal, serait un acte de capitulation face aux guerres africaines et leur propagation incontrôlée.

Le changement climatique, c'est maintenant pour l'Afrique

Kenia Dürre bei Athi tote Kühe

Le bétail n'a plus le temps de récupérer des sécheresses

Enfin, à une dizaine de jours du sommet de Copenhague sur le climat, le journal Die Welt publie une enquête sur les conséquences très concrètes du changement climatique pour les habitants d'une partie de la planète. Par exemple au Kenya : Isaiah Kipyegon Toroitich, un habitant de ce pays d'Afrique de l'Est, raconte comment, depuis plusieurs années, les paysans et éleveurs des régions rurales affluent vers la capitale Nairobi en raison des sécheresses persistantes. Les habitants de Kator, où sa famille cultivait jadis du maïs, des haricots et autres légumes, ont connu cinq années de sécheresse consécutives. Avant, il y avait des pauses entre les périodes sèches qui permettaient aux terres et aux bêtes de se reposer. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Pour les Kenyans, écrit Die Welt, le changement climatique n'est pas une question future, mais bien immédiate. Et le prix à payer est cher. Le journal cite d'autres exemples à travers le monde, notamment l'élévation prévisible du niveau des mers qui risque de contraindre des millions de personnes à l'exil. Partout, le même appel : "nous ne pouvons pas agir seuls face au changement climatique".

  • Date 27.11.2009
  • Auteur Anne Le Touzé / fq
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  • Permalien https://p.dw.com/p/KhJp
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