Adrien Houngbédji dans le viseur de la justice béninoise ? | Afrique | DW | 12.03.2019
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Afrique

Adrien Houngbédji dans le viseur de la justice béninoise ?

Le président de l’Assemblée nationale béninoise et le vice-président de son parti ont été convoqué mardi matin (12 mars) à la brigade criminelle de Cotonou, sur instruction du procureur de la République.

Écouter l'audio 03:11

"Les loups tentent de se manger entre eux" (Eric Houndete)

La convocation de l’un des alliés du président de l’Assemblée nationale béninoise survient à un mois et demi des prochaines élections législatives du 28 avril prochain. Un scrutin auquel les principales formations politiques de l’opposition ne participeront pas faute d'avoir pu remplir les conditions prévues par la loi.

C’est dans ce contexte que le président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, et le vice-président de son parti, ont été convoqués, à la brigade criminelle de Cotonou, sur instruction du procureur de la République.

Aucun motif officiel n’a été avancé pour justifier cette convocation à laquelle n’a pas souhaité répondre le président du Parti du renouveau démocratique, Adrien Houngbédji, qui invoque son immunité parlementaire.

C'est finalement à son domicile de Porto-Novo (la capitale politique et administrative du Bénin) qu'il a été entendu sur une "affaire le concernant".


Si on ne connait toujours les raisons officielles de cette convocation, on sait cependant que le parti d'Adrien Houngbédji a engagé une bataille juridique auprès de la Cour constitutionnelle.

Le PRD (Parti du renouveau démocratique au Bénin) a saisi la Cour constitutionnelle pour lui demander d’annuler le récépissé de la Commission électorale nationale autonome validant les dossiers de candidature de deux regroupements politiques proches du président Talon : l’Union progressiste et le Bloc républicain.

Il s'agit en effet des deux seuls partis habilités à participer aux élections législatives du 28 avril prochain.

"Je ne crois pas qu'il soit convoqué par le gouvernement. C'est nous que le président Adrien Houngbédji a traîné devant la Cour constitutionnelle. Mais nous n'en avons pas fait un problème", soutient Orden Alladatin, député et membre de l’Union progressiste.

Peu d’émotion

En attendant d’en s’avoir un peu plus sur cette affaire, la convocation d'Adrien Houngbédji n’émeut pas pour l’heure ses collègues députés. "Il arrive  que les loups tentent de se manger entre eux. Nous attendons de voir ce qu'il en est. Nous sommes dans une institution parlementaire. Il y a des règles de fonctionnement. Nous ferons en sorte que ces règles soient respectées", affirme Eric Louis Camille Houndete, premier vice-président de l'Assemblée nationale et membre de l’opposition politique.

D’autres sources ont déclaré à la DW que la convocation du président de l’Assemblée nationale pourrait être liée à une plainte pour usage de faux documents et doublons de candidats avec une liste concurrente, notamment celle du parti Moele-Bénin, proche de la mouvance présidentielle.

Manifestations

Des milliers de personnes ont manifesté lundi à Cotonou à l'appel des principaux partis d'opposition béninois pour dénoncer la politique du président Patrice Talon, qu’ils accusent d'être autoritaire.

Écouter l'audio 07:49

Orden Alladatin (député de la majorité) : " À quel jeu joue l’opposition ?"

"Abrogation des lois scélérates" ou "Sauver la démocratie béninoise en danger", clamaient des pancartes brandies par la foule rassemblant des responsables politiques et syndicaux, des femmes, des étudiants et des commerçants. 


L’opposition dénonce notamment son exclusion des élections législatives du  28 avril. Deux conditions sont prévues par la loi électorale avant toute participation à ces élections : le quitus fiscal et le certificat de conformité.

Au final, seuls deux partis membres de la mouvance présidentielle ont rempli les conditions requises par le nouveau code électoral -adopté en 2018- et qui durcissent les règles régissant les partis politiques.

Dégel

Face au tollé déclenché dans le pays, le président  Patrice Talon a reçu dans la foulée la semaine dernière les représentants de plusieurs partis. Il leur a proposé de s'en remettre au Parlement pour "sortir de l'impasse", mais l'opposition a boycotté la rencontre.


Une réunion présidée par le président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji a eu lieu mardi matin à Porto-Novo, la capitale politique et administrative du Bénin, afin d’étudier les différentes propositions de sortie de crise faite par les formations politiques. Ces propositions visent à permettre aux partis recalés de participer aux prochaines élections législatives du 28 avril prochain.

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