9 novembre 1989 : la chute du mur de Berlin | Médiathèque | DW | 06.11.2019
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Médiathèque

9 novembre 1989 : la chute du mur de Berlin

Vu d’Allemagne revient cette semaine sur le trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin. Plongée dans les archives audio de ce jour historique. Focus aussi sur les conséquences de cette chute, toujours perceptibles trente ans après.

Écouter l'audio 12:29

9 novembre 1989, il y a 30 ans cette semaine, le mur de Berlin se brise. C’est la fin de la division entre Est et Ouest dans la ville qui durait depuis 28 ans et, plus généralement, la fin de la division entre les deux Allemagnes.

Vidéo → L'histoire derrière le Mur de Berlin

Une conférence de presse historique

Le soir du 9 novembre 1989, Günter Schabowski, sorte de porte-parole du gouvernement de la République démocratique allemande de l'Est, se présente devant des journalistes. Il est un peu plus de 18h. "Les voyages à titre personnel vers l'étranger peuvent être entrepris sans conditions. Les autorisations seront données dans de brefs délais", déclare-t-il. Dans la salle, on remarque la stupeur des journalistes. Les voyages vers l'Ouest étaient à l'époque, pour la majorité des citoyens d'Allemagne de l'Est, interdits. Le mur à Berlin devait justement empêcher de passer dans la ville coupée en deux.

Günter Schabowski lors de la conférence de presse du 9 novembre 1989

Günter Schabowski lors de la conférence de presse du 9 novembre 1989

Pendant la conférence de presse, un journaliste prend alors la parole et demande "Wann tritt das in Kraft ?", "Quand cela entre-t-il en vigueur ?". "Autant que je sache, cela entre en vigueur… maintenant, immédiatement", répond Günter Schabowski, en cherchant dans ses papiers, semblant découvrir ce qu'il doit lire. Il ajoutera juste après, suite à une question encore, que cela concerne aussi Berlin.

Il est 19h et l'info est bientôt reprise par tous médias à l'Est et à l'Ouest. Tellement improbable que certains citoyens de la RDA n'y croiront pas tout de suite. Mais le mur de Berlin va bien tomber, dans les heures qui suivront. Cela se passe d'abord dans la confusion, parce que les soldats déployés en ville n'ont pas l'info et ne savent comment réagir. Mais, dans la soirée, les points de passage sont finalement ouverts.

Lire aussi → Il y a 30 ans, le début de la fin de la RDA à Leipzig

Conséquences en Afrique 

Cette chute du mur aura des conséquences très importantes en Allemagne, mais aussi en Afrique. L'Allemagne de l’Est, la RDA, avait en effet des rapports étroits avec des pays comme l'Ethiopie, l'Angola, le Mozambique, la Guinée-Bissau ou la Tanzanie. L'Etat est-allemand apportait son soutien aux Etats ou des organisations pour "construire le socialisme" mondial. Il y avait des accords commerciaux, des programmes de formation et d’échanges et même parfois une coopération militaire. 

La chute du mur et de la RDA vont donc venir boulverser tout cela ... Des travailleurs africains expatriés en Allemagne de l'Est vont même tout perdre du jour au lendemain. "On a perdu notre emploi, on s'est retrouvé à la rue", raconte l'un d'eux aujourd'hui. Ces histoires font l'objet d'un récit spécial sur la DW cette semaine. 

Lors de l'ouverture de la frontière entre Est et Ouest, le 10 novembre 1989, au point de passage Helmstedt-Marienborn, entre la Basse-Saxe (ex-RFA) et Marienborn en Saxe-Anhalt (ex-RDA)

Lors de l'ouverture de la frontière entre Est et Ouest, le 10 novembre 1989, au point de passage Helmstedt-Marienborn, entre la Basse-Saxe (ex-RFA) et Marienborn en Saxe-Anhalt (ex-RDA)

30 ans après : encore des divisions en Allemagne

Il existe aujourd'hui encore un mur en Allemagne ... Un mur psychologique entre "anciens" et "nouveaux" Länder, les régions de l'ex RFA à l'Ouest et de l'ex RDA à l'Est. Une séparation psychologique, car en même temps que le mur de Berlin qui est tombé, c'est tout un système qui s'est écroulé à l'Est, en RDA : celui du communiste. Un modèle économique, des habitudes de vie, de loisirs, de consommation ... Tout est bouleversé du jour au lendemain pour plus de 16 millions d'habitants. Ils sont certes libres de circuler, de s'exprimer sans craintes, mais ils doivent, après la chute du mur, vivre sous le capitalisme, avec les habitudes de l'Ouest.

Les conséquences seront nombreuses et d'abord à court terme. Près de trois millions de personnes perdront leur emploi. À long terme, cela a aussi laissé des traces et on parle encore régulièrement de deux Allemagnes. On le sent au quotidien. Une personne n'aura pas forcément le même accueil selon qu'elle est née à l'Ouest ou à l'Est, car les a priori sont encore là. Les salaires entre les deux anciennes Allemagnes sont encore bien différents, les droits des travailleurs aussi parfois.

"Citoyens de seconde classe"

Selon un sondage, 57% des Allemands de l'Est se sentent aujourd'hui toujours considérés comme des "citoyens de seconde classe" et près de la moitié d'entre eux sont plutôt insatisfaits de la manière dont la démocratie fonctionne. "Les peuples de l'Est sont plus critiques du capitalisme, de l'autorité, des médias... Il y a donc un mouvement de protestation contre la domination politique ouest-allemande", estime le psychothérapeute Hans-Joachim Maaz.

Certains citoyens ont parfois l'impression de "discrimination collective". "Ca concerne le sentiment de reconnaissance, d'appréciation, de participation ou encore de codécision", précise Beate Küpper, psychologue. Des différences dont beaucoup sont conscients en Allemagne. Au quotidien, ça fait rire parfois à l'Ouest lorsqu'on aborde le sujet. Ca irrite en revanche les principaux concernés dans les régions en question.

Berlin Grenzübergang Helmstedt/Marienborn (DW/N. Amadou)

L'ancien point de passage Helmstedt-Marienborn, ici en 2019

Cette situation a aussi des répercussions dans les urnes. Cela s'est vu récemment lors d'un vote régional en Thuringe, où l'extrême-gauche et l'extrême-droite sont arrivées en tête, devant les partis dits "traditionnels". Et la tendance est générale : le parti d'extrême-droite AfD ne cesse de gagner des voix à l'Est sans que les autres partis ne semblent capables de réagir. Ceux qui tentent de contrer l'AfD le font mal d'ailleurs estime Hans-Joachim Maaz. "La plus grande erreur politique en ce moment est de se contenter de lui donner l'étiquette de l'extrême droite.  Il y a certainement des nazis ou des populistes de droite parmi eux. Mais ce ne sont pas les électeurs. Et si vous ne faites que les insulter, les discriminer, c'est le moyen le plus efficace de rendre le parti fort", estime-t-il.

Du mieux coté économique

Sans donner raison à ce parti, Hans-Joachim Maaz estime que plus généralement l'Allemagne de l'Ouest manquerait quand même d'autocritique. "L'autre peut aussi avoir raison. Et je peux aussi me tromper sur mon opinion. Ce serait la base d'un discours démocratique." 

Ecouter aussi → 30 ans après la chute du Mur: "Pas sûr que la société allemande soit homogène"

Trente ans après la chute du mur, la situation s'améliore du coté économique, comme le montrait le dernier rapport annuel sur l'état de l'unité allemande. Les taux de chômage se rapprochent entre les "anciens" et "nouveaux" Länder, même si toutes les grosses entreprises sont toutes à l'Ouest et que les taux restent plus importants à l'Est. Mais ce qui fait les plus grosses différences aujourd'hui ce sont les habitudes, les mentalités qui ont la vie dure. Et puis parfois aussi les infrastructures. Il est toujours plus compliqué, par exemple, de trouver une place en crèche pour son enfant à l'Ouest qu'à l'Est.

Mais le gouvernement fédéral a promis de mettre fin aux inégalités d'ici la fin de son mandat. Entre Ouest et Est, entre villes et campagnes. Un but inscrit dans son contrat de coalition.

Programmes spéciaux sur la DW

Les studios de la DW à Bonn

Les studios de la DW à Bonn

À l'occasion de ce trentième anniversaire, la DW vous propose un dossier spécial cette semaine sur le sujet avec des archives, des explications, des analyses, des reportages dans des lieux emblématiques. Vous pouvez lire tout cela sur notre site et c'est évidemment aussi à découvrir chaque jour dans les journaux de 7h et 17hTU. 

 

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