Élections en RDC : la Cenco lance une alerte | Afrique | DW | 28.09.2018
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Afrique

Élections en RDC : la Cenco lance une alerte

Si elle se dit rassurée par l'autorisation d'un meeting de l'opposition ce samedi à Kinshasa, l'Eglise catholique (CENCO) redoute soit des élections biaisées, soit un report des scrutins en l'absence de consensus.

Écouter l'audio 02:35

Abbé Nsholé : "il y a des avancées mais aussi des inquiétudes sur lesquelles on devrait faire attention pour ne pas rater l'objectif"

L'autorisation de la manifestation de l'opposition ce samedi (29.09.) sur l'esplanade des martyrs à Kinshasa est jugée rassurante par la Conférence épiscopale nationale du Congo. La Cenco dit cependant attendre de voir comment se déroule cet événement très attendu. Sur les réseaux sociaux, certains internautes parlent de "rendez-vous de vérité."

Cette réunion intervient dans un contexte où des critiques persistent sur la qualité des élections à venir. Pourtant, le gouvernement congolais comme la commission électorale réaffirme que le vote aura lieu. L'Abbé Donatien Nsholé, porte-parole de la CENCO assure que "c'est tout le monde qui souhaite qu'il y ait des élections le 23 décembre ! Il y a des avancées notamment la publication de la liste des candidats et le respect des grandes dates fixées par le calendrier électoral, ça il faut le reconnaître. Mais à côté de cela, il y a aussi des inquiétudes sur lesquelles on devrait faire attention pour ne pas manquer l'objectif qui est l'organisation d'élections transparentes, crédibles et apaisées."

Les évêques catholiques congolais ont récemment exprimé leurs préoccupations à la SADC, la communauté de développement de l'Afrique australe. Acteur influent dans le dialogue politique congolais, la Cenco sollicite l'intervention de la communauté internationale pour crédibiliser les scrutins du 23 décembre.

 

Des préoccupations sans solution

Aux préoccupations liées à la machine à voter, l'exclusion de certains opposants de la présidentielle et les électeurs sans empreintes digitales, s'ajoute la situation humanitaire critique surtout dans l'Est de la RDC. D'après le HCR, les attaques rebelles ont fait fuir 4,5 millions de personnes.

Pour l'Abbé Donatien Nshole, porte-parole de la Cenco, "c'est un sérieux drame humanitaire pour lequel les évêques aussi interpellent même la communauté internationale. Tous les déplacés internes vivent dans des conditions inhumaines. Même ceux qui veulent rentrer chez eux ne peuvent pas parce que les maisons sont détruites, les champs sont détruits. Et là où on continue à semer la terreur, à tuer comme à Béni, c'est horrible ! Voilà pourquoi on doit trouver une solution. La meilleure solution, c'est justement la réussite du processus électoral qui va légitimer le pouvoir et va donner au pouvoir les moyens de sécuriser aussi la population."

Sans consensus sur l'organisation des élections, l'Eglise catholique congolaise dit craindre soit un report, soit des élections biaisées. Dans les deux cas, "il risque d'y avoir un chaos", prédit la Cenco dans un communiqué.

L'Abbé Donatien Nsholé, porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo est en voyage en Allemagne, accompagné du président de cette organisation, Monseigneur Marcel Utembi, et du Père Clément Makiobo, en charge pour la CENCO des questions constitutionnelles et d'abus de pouvoir.

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