Élections à risque en Saxe et au Brandebourg // Black-out au Cachemire | Vu d′Allemagne | DW | 30.08.2019
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Vu d'Allemagne

Élections à risque en Saxe et au Brandebourg // Black-out au Cachemire

Des élections attendues avec inquiétude : deux Länder de l'est de l'Allemagne renouvellent leur Parlement régional ce dimanche. En Saxe et au Brandebourg, l'extrême droite ne s'est jamais aussi bien portée. // Dans la deuxième partie de ce magazine, on vous emmène au Cachemire, un territoire coupé du monde depuis que le gouvernement indien a abrogé son autonomie début août.

Écouter l'audio 12:29

On vote ce dimanche en Saxe et au Brandebourg, deux régions situées dans l'ex-RDA. Lors de ces élections qui ont lieu cette année dans trois des 16 Länder - en Thuringe ce sera le 27 octobre - les électeurs sont appelés à choisir leurs représentants au Landtag, le Parlement régional...

Dans ces trois Länder, les députés régionaux sont élus pour cinq ans. La répartition des sièges se fait à la proportionnelle, chaque électeur dispose de deux voix, comme aux élections législatives. 

Les partis qui remportent le plus de suffrages doivent ensuite constituer un gouvernement régional, généralement dans le cadre d'une coalition. Au Brandebourg, c'est une coalition rouge-rouge - parti social-démocrate SPD et parti de gauche Die Linke - qui a été aux manettes ces cinq dernières années, tandis que le Land de Saxe, longtemps bastion de la CDU d'Angela Merkel, est dirigé par une grande coalition CDU-SPD, à l'image de l'actuel gouvernement fédéral. 

Dans ces régions, en particulier en Saxe, la montée de l'extrême droite a été continue ces dernières années. C'est à Dresde qu'est né le mouvement islamophobe Pegida, qui proteste à coups de manifestations contre la politique d'asile du gouvernement d'Angela Merkel. 

Nous sommes le peuple

Les rassemblements ont lieu le lundi. Un jour symbolique dans l'histoire régionale puisque c'est ce jour-là que les citoyens de la RDA avaient choisi il y a tout juste trente ans, pour manifester en faveur de la démocratie... 

En 1989, les manifestants du lundi réclamaient la liberté

En 1989, les manifestants du lundi réclamaient la liberté

Pendant des semaines, des milliers d'Allemands de l'Est étaient descendus dans les rues en criant "Wir sind das Volk" ("Nous sommes le peuple")... des manifestations qui se conclurent par la chute du Mur et la réunification!

Aujourd'hui, ce sont les populistes de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) qui reprennent ce slogan - et quelques autres - dans leur campagne électorale. Et ces paroles expriment désormais la frustration, la déception et les promesses non tenues de la réunification. 

Selon un sondage réalisé mi-août par l'institut EMNID, 24 pourcent des électeurs est-allemands voteraient pour l'AfD en cas d'élections législatives, contre 12% dans l'ouest de la République fédérale. 

Les Allemands de l'Est sous-représentés

Une tendance que peut comprendre Judith Enders, politologue et membre de la commission "30 ans de révolution pacifiste et d'unité allemande". Les Allemands de l'Est, explique-t-elle, constituent 17% de la population allemande mais ils sont sous-représentés dans la société.

"Je ne pense pas que la majorité des électeurs de l'AfD dans l'est soient des extrémistes ou aient des opinions extrémistes. Il y a plutôt une grande insatisfaction dans l'Est de l'Allemagne, les gens ne se sentent pas pris au sérieux. Dans leur développement personnel, ou dans la manière dont ils ont géré les ruptures que la réunification a entraînées dans le parcours de chacun et de chaque famille. Ils ne se sentent ni perçus, ni reconnus."

Ce n'est pas la première fois que les manifestations du lundi et leurs slogans sont repris par des contestataires

Ce n'est pas la première fois que les manifestations du lundi et leurs slogans sont repris par des contestataires

Au niveau fédéral, les Allemands de l'Est n'occupent que 1,7% des postes à responsabilité dans l'industrie, la politique et l'administration. À l'Est, les salaires sont plus bas et le chômage plus élevé qu'à l'Ouest. Les trente ans d'unité allemande ont creusé les inégalités au lieu de les combler. 

Mais les conséquences de la réunification n'expliquent pas à elles seules le succès de l'extrême droite dans cette partie de l'Allemagne. Selon une étude de l'Université de Leipzig, une personne sur deux a des réserves à l'égard des étrangers ou des minorités dans l'Est, contre une sur trois au niveau fédéral.

Et les populistes ont le vent en poupe, notamment depuis les événements de Chemnitz il y a un an. L'assassinat d'un habitant par un demandeur d'asile avait entraîné une vague de manifestations de l'extrême droite. 

#Unteilbar - indivisible - pour plus de solidarité et moins d'exclusion

Environ 35.000 personnes ont répondu à l'appel lancé par le collectif #unteilbar à Dresde

Environ 35.000 personnes ont répondu à l'appel lancé par le collectif #unteilbar à Dresde

Ana-Cara Methman est porte-parole du collectif anti-raciste #Unteilbar, qui signifie "indivisible". Pour elle, ce sont les actuels dirigeants régionaux qui ont préparé le terrain à l'extrême droite, notamment les conservateurs en Saxe. 

"Ces dernières années - et on le voit bien en Saxe, il y a eu beaucoup de coupes budgétaires, pour le travail avec les jeunes dans les petites villes ou les centres alternatifs pour la jeunesse. L'extrême droite propose des choses pour les jeunes et s'il n'y a pas d'offre en face, alors cela trouve un écho."

Le collectif #Unteilbar a appelé le 24 août à une manifestation pour plus de solidarité et moins d'exclusion. Depuis quelques semaines, les églises catholique et protestante se mobilisent elles aussi pour que le vote de leurs fidèles soit guidé par le "souci de la démocratie et de la cohésion de la société". Objectif: empêcher l'AfD d'accéder au pouvoir dans les deux régions. 

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Black-out au Cachemire, privé d'autonomie

Les Cashmiris veulent la liberté, des centaines de politiciens locaux ont été mis en prison

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Changement de décor pour la deuxième partie de Vu d'Allemagne... On part pour le Cachemire... un territoire situé dans l'Himalaya, sous contrôle indien et revendiqué par le Pakistan.

Depuis plusieurs mois, la tension est de nouveau vive entre les deux pays qui se disputent le Cachemire depuis la fin de la colonisation britannique, en 1947. L'Inde accuse le Pakistan d'offrir une base arrière à des groupes terroristes.

Le 5 août dernier, le gouvernement indien a abrogé l'autonomie du Cachemire. La décision a mis le feu aux poudres dans cette région travaillée par des revendications séparatistes. Le Cachemire va devenir un territoire de l'Union dans quelques mois.

La population pourra élire ses députés locaux, mais le gouvernement régional aura des pouvoirs limités. La révolte couve et les autorités usent de la répression pour étouffer un soulèvement. À écouter dans Vu d'Allemagne : le reportage de notre correspondant dans la région, Emmanuel Derville.

 

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