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Afrique

Violences suite à l'Achoura au Nigeria

Dans le nord du pays, les autorités avaient interdit aux chiites de défiler comme ils le font traditionnellement à l’occasion de la fête de l’Achoura. Certains sont passés outre, depuis la violence menace de se propager.

Die Last auf den Schultern der neuen Regierung - Nigeria vor der Wahl Flash-Galerie (DW/Stefanie Duckstein)

Ces derniers jours, de nouvelles violences ont éclaté dans le nord du Nigeria. Les autorités des Etats de Kebbi, Kano et Katsina avaient interdit aux chiites de défiler comme ils le font traditionnellement à l’occasion de la fête musulmane de l’Achoura. Dans la ville de Funtua, dans l’Etat de Katsina, le groupe chiite IMN (le mouvement islamique du Nigeria) est passé outre. Les partisans de ce mouvement extrémiste sont descendus dans la rue et les forces de police et l’armée ont ouvert le feu sur la procession. Une dizaine de personnes ont été tuées et une cinquantaine d’autres blessées, et les violences se sont alors propagées dans d’autres régions du Nord.

Le mouvement IMN, au coeur des violences

L’hostilité vis-à-vis du mouvement IMN et la minorité chiite est montée d’un cran dans le nord, majoritairement sunnite, du Nigeria. A Kaduna, beaucoup d’habitants sympatisent avec le salafisme et l’IMN pro-iranien n’est pas vu d’un bon œil. Des témoins racontent qu’une foule en colère a saccagé mercredi le domicile du chef local de l’IMN. Deux personnes étaient encore présentes dans la maison lorsqu’une centaine de personnes y a mis le feu. Aliyu Usman, le porte-parole de la police de Kaduna évoque le climat de tension: "A cause de cette situation générale, il a fallu renforcer nos effectifs pour empêcher la propagation de la violence. Nous avons dû appeler les gens à rentrer chez eux, pour que ça ne dégénère pas."

Nigeria 2014 Selbstmordanschlag trauernde Schiiten (Getty Images/AFP)

Les violences contre les chiites sont récurrentes, au moment de l'Achura - un attentat suicide a fait au moins 15 morts, en novembre 2014, à Potiskum, État de Yobe

L’interdiction de la procession contestée

… notamment par Nasir Abbas, du Congrès des droits civiques de Kaduna, qui ne comprend pas que les autorités aient bafoué ouvertement le droit de réunion et le droit de confession garanti par la constitution. Et ainsi encouragé les dissensions entre les groupes religieux: "En tant que gouverneur ou président, vous n’avez pas le droit d‘empêcher  quelqu’un de pratiquer sa religion. Ça a été une erreur de la part du gouverneur de Kaduna de vouloir empêcher les gens de participer à leur procession. N’ont-ils pas le droit, eux aussi, de vivre leur foi?"

Des témoignages recueillis parmi des habitants de la région par les correspondants du programme haussa de la Deutsche Welle montrent que cet avis est largement répandu, y compris parmi les sunnites qui plaident pour une cohabitation paisible avec les chiites. D’ailleurs, le fond du problème n’est pas une question de religion, affirme Ahmed Suleiman. Secrétaire général du Groupe nord-nigérian de défense des droits de l’Homme, basé à Kaduna, il nomme les véritables problèmes qui minent la société nigériane: "Le chômage, les difficultés économiques, le manque d’infrastructures, les défaillances institutionnelles… tout cela sont des facteurs de troubles et favorisent l’escalade de la violence au sein de la population." En Allemagne, la Société pour les peuples menacés appelle par ailleurs à une augmentation de l’aide humanitaire en direction de la population civile nigériane, premières victimes des groupes extrémistes.

 

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