Victoire des islamistes en Tunisie | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 28.10.2011
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Afro-presse (hebdomadaire)

Victoire des islamistes en Tunisie

Les Tunisiens ont élu, librement, les députés de leur assemblée constituante. Les islamistes d'Ennahda sont arrivés en tête. Cela suscite bien sûr des réactions dans la presse allemande.

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Célébration de la victoire d'Ennahda

Les prévisions se sont vérifiées, écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung. C'est le parti islamiste Ennahda qui recueille le plus de voix aux premières élections libres en Tunisie. Pendant la campagne électorale Ennahda s'est présenté sous un jour modéré. Mais la méfiance est grande. Les islamistes ne voilent-ils pas leurs véritables objectifs? Ce n'est pas exclu, poursuit le journal.

Tunesien Wahlen Rached Ghannouchi von der Ennahda Partei

Rached Ghannouchi, le fondateur d'Ennahda

L'hebdomadaire Die Zeit note de son côté que beaucoup d'occidentaux ont une peur proprement névrotique de l'islam politique. Cette peur est exagérée. L'islamisme a échoué comme grand projet d'éveil englobant l'ensemble du monde musulman. Plus personne ou presque ne se laisse inspirer par l'Etat théocratique révolutionnaire de l'ayatollah Khomeini. Les partis islamistes d'aujourd'hui sont plus modestes. Ce sont des mouvements nationaux, conservateurs, avec souvent une forte composante sociale. On peut et il faut vivre avec. Pour le Handelsblatt de Düsseldorf, il faudra nous habituer à ce que dans beaucoup de pays arabes la démocratie produise des partis islamistes forts. Il y a pire, souligne le journal. Par peur des islamistes les Etats-Unis et l'Europe ont trop longtemps soutenu des despotes comme Ben Ali en Tunisie ou Moubarak en Egypte. Ils n'ont pas le droit de commettre à présent l'erreur de retirer leur appui aux jeunes démocraties pour cause de résultats non souhaités.

Somalia Mogadischu Anschlag Attentat

Attentat à Mogadiscio le 4 octobre 2011

Le Kenya dans le bourbier somalien

L'islamisme radical est au centre des articles que la presse allemande consacre à la poursuite de l'offensive kényane contre les milices al-chebab dans le sud de la Somalie. Tous contre les islamistes, titre la Süddeutsche Zeitung. Le Kenya agit selon le principe qui veut que l'attaque soit la meilleure défense. Mais à la différence des interventions de l'Ouganda et du Burundi mandatées par l'Union africaine, l'offensive kényane ainsi que les possibles frappes occidentales ne sont pas épaulées par les Nations unies. Seule l'Igad, une organisation régionale, a donné son feu vert. L'intervention kényane, souligne plus loin le journal, soulève aussi des questions brûlantes, vu l'échec des interventions américaine au début des années 90, et éthiopienne en 2006. Quel profit politique la Somalie peut-elle tirer de l'invasion? Et quels sont les risques induits pour Nairobi, la capitale kényane ayant maintenant à redouter des attaques terroristes sur son propre sol? Une chose est sûre, conclut le journal: l'époque où le Kenya tentait de rester militairement à l'écart de la Somalie est revolue. Le Kenya commence à s'armer mentalement pour un long conflit.

Kenia Soldaten in Somalia einmarschiert

Soldats kényans entrant en Somalie

La France intervient-elle militairement en Somalie pour aider les Kényans? Dimanche dernier lit-on dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, le porte-parole de l'armée kenyane avait affirmé qu'un navire de guerre français avait tiré sur la ville de Koday, près de Kismayo. L'armée française a entre-temps démenti. Quant au président du gouvernement somalien de transition, Cheikh Sharif Ahmed, relève le journal, il s'est prononcé une fois de plus contre la présence de militaires kényans en Somalie. Mogadiscio craint que cette présence ne consolide le statut de la région du Jubaland dans le sud, une région qui a proclamé son autonomie et qui jouit de la bienveillance de Nairobi.

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L'UE et les industries extractives

La presse se fait aussi l'écho d'un projet de directive européenne qui veut imposer une plus grande transparence financière aux société européennes présentes dans le secteur de l'extraction gazière et pétrolière, des mines, et des forêts. Elle a été présentée à Strasbourg par le commissaire aux affaires financières, Michel Barnier, et si elle entre en vigueur, elle concernera largement l'Afrique. La commission européenne rejoint en gros les revendications de la campagne "Publiez ce que vous payez". Cela fait longtemps, note Die Welt, que la société civile, surtout en Afrique, critique le fait que des entreprises puissent par exemple exploiter du pétrole en Libye sans devoir dévoiler leurs relations financières avec le gouvernement. Selon le projet de la commission européenne, poursuit die Welt, les entreprises devront à l'avenir fournir des renseignements sur une multitude de paiements: les impôts, les redevances, les bonus qu'elles versent aux gouvernements des pays hôtes. La directive devra encore obtenir le feu vert du parlement européen, ce dont le journal ne doute pas. En revanche des résistances sont à attendre de la part des gouverrnements. En période de crise économique certains d'entre eux pourraient redouter pour leurs grandes entreprises un surcroît de charges administratives si elles doivent fournir des informations pour chaque projet. Sans compter, ajoute die Welt, qu'il s'agit d'informations sensibles et que dans la compétition avec la Chine pour l'accès aux matières premières les firmes européennes pourraient être pénalisées par une telle transparence.

Japan Menschenmassen in Tokio Symbolbild Weltbevölkerung bald 7 Milliarden

Foule à Tokyo

 

Sept milliards de terriens

Cette course aux matières premières s'accélère alors que nous serons sept milliards d'humains sur la planète à compter du 31 octobre. Il y a deux siècles la terre ne comptait encore qu'un milliard d'habitants. La presse allemande se penche sur cette croissance démographique, notamment en Afrique. Comme le prédit l'hebdomadaire Die Zeit , le sept milliardième humain va naître probablement en Afrique. Dans les pays industriels, écrit-il, nombreux sont ceux qui jettent un regard effrayé vers l'Afrique et l'Asie: qu'arrivera-t-il si les nombreux enfants qui naissent là-bas ont un jour les mêmes exigences que nous, s'ils veulent manger de la viande, remplir leurs réfrigérateurs et conduire des voitures? Ce sera la catastrophe mondiale! A quoi le journal répond que c'est l'inverse qui est vrai. Si les femmes en Afrique ou en Asie ont encore cinq ou six enfants, c'est uniquement parce que un cinquième de l'humanité vit dans la pauvreté. Non pas qu'elles veulent avoir une grande famille, mais elles tablent sur le fait que deux seulement survivront. Et Die Zeit de souligner que seul l'accès à l'éducation donne aux jeunes familles un contrôle sur le nombre d'enfants qui viennent au monde.

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Fréjus Quenum

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