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Afrique

Vers un dialogue avec Boko Haram ?

Un mois jour pour jour après le rapt de quelque 200 lycéennes par Boko Haram au Nigeria, les autorités nigérianes ont fait un geste d'ouverture. Le pouvoir s'est dit prêt à négocier avec le groupe islamiste.

Un mois après leur enlèvement par Boko Haram on ignore toujours où se trouvent les lycéennes

Un mois après leur enlèvement par Boko Haram on ignore toujours où se trouvent les lycéennes

La mobilisation ne faiblit pas pour retrouver les lycéennes enlevées à Chibok dans le nord du Nigeria par Boko Haram. Même si le président Goodluck Jonathan a demandé au parlement une prolongation de l'état d'urgence, en vigueur depuis un an dans trois États du nord-est du pays, le pouvoir s'est dans le même temps dit, mardi soir, ouvert au dialogue.

Les autorités nigérianes tendent la main

Abuja avait refusé précédemment tout échange de détenus islamistes contre les 223 lycéennes prises en otage. En effet, le chef de Boko Haram Abubakar Shekau avait fait une offre en ce sens. Les autorités changent donc visiblement de stratégie et optent pour la politique de la main tendue. À cet effet, le ministre des Affaires spéciales, Taminu Turaki, a lancé un appel au leader de Boko Haram.

Le chef de Boko Haram propose d'échanger les jeunes filles contre des membres de la secte détenus par les autorités nigérianes

Le chef de Boko Haram propose d'échanger les jeunes filles contre des membres de la secte détenus par les autorités nigérianes

« Le dialogue a toujours été de mise puisqu'il est l'option-clé concernant la résolution de cette crise. Quand le gouvernement accepte de négocier à ce stade, c'est une preuve qu'il veut explorer toutes les options. Nous négocions avec des gens qui changent du jour au lendemain. Alors si la secte est sincère, que l'iman Shekahu choisisse ses représentants pour nous rencontrer; nous souhaitons vivement éviter les polémiques du genre : les personnes avec qui vous avez discuté sont des inconnus à Boko Haram. Une fois de plus, je lance un appel pressant à Shekahu qu'il désigne ses représentants par média interposé et nous, membres du comité présidentiel de médiation, allons négocier convenablement sur tous les problèmes ainsi que sur l'enlèvement des lycéennes de Chibok. »

Le ministreTaminu Turaki a dirigé l'année dernière un comité chargé de réfléchir à un programme d'amnistie avec Boko Haram.

« Boko Haram veut négocier »

L'appel lancé à la secte survient alors qu'on ignore toujours où se trouvent les lycéennes ; mais l'aide apportée par plusieurs pays dont les États-Unis donne tout de même une lueur d'espoir aux familles. Pour Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste du Nigeria, Boko Haram souhaite négocier.

« Cela peut effectivement répulser les medias, les occidentaux, que de devoir négocier avec des gens comme Shekahu. Mais aujourd'hui soyons clair il n'y a pas d'autre moyen, les jeunes filles actuellement servent de bouclier humain à Shekahu. Donc même si les Américains ou les Britanniques arrivent à le localiser, Vous faites quoi ? Vous envoyez un drone et vous tuez tout le monde ? Le fait que les filles soient rassemblées autour du leader de la secte montre qu'en fait celui-ci veut des négociations. »

La position de Boko Haram semble en effet avoir évolué. Alors que la secte promettait dans un premier temps de réduire les jeunes filles en esclavage, de les vendre et de les marier de force, désormais elle déclare avoir converti à l'islam une partie d'entre elles et souhaite faire un échange de détenus.

Ci-dessous, l'interview de Marc-Antoine Pérouse de Montclos sur la prolongation de l'état d'urgence réclamé mardi par Goodluck Jonathan. Le président nigérian a demandé au parlement de prolonger la mesure de six mois supplémentaires dans trois États du nord-est du pays.

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