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Europe

Une politique nataliste encore bancale

Confrontée à l'un des taux de fécondité les plus bas d'Europe, l'Allemagne a décidé d'encourager les naissances en versant depuis le début de l'année une allocation parentale. L'un des parents qui arrête de travailler pour s'occuper du nouveau-né touche une prime pouvant aller jusqu'à 1800 euros par mois. Mais les papas qui biberonnent sont encore assez peu nombreux.

L'Allemagne, avec 1,3 enfant par femme, a le taux de fécondité le plus bas d'Europe

L'Allemagne, avec 1,3 enfant par femme, a le taux de fécondité le plus bas d'Europe

Carolina a vu le jour au mois de mai dans une famille d'enseignants qui avait déjà deux enfants de 7 et 4 ans. Ses parents Andrea et Burckhard ont la quarantaine. Ils avaient souhaité ce troisième enfant indépendamment de l'allocation parentale versée depuis le 1er janvier :

« Moi je n'ai pas pris le congé parental parce que j'aurais perdu de l'argent car ma femme ne travaille pas. Il faudra attendre pour voir si cette mesure encourage à nouveau les naissances. Je ne sais pas si l'allocation parentale incitera ceux qui ont un bon job et qui veulent faire carrière, à s'arrêter de travailler pendant quelques mois. J'en doute. »

L' inégalité homme-femme persiste

En six mois, 200 000 parents touchent déjà la prime destinée à relancer la natalité en Allemagne. Cette allocation parentale s'élève à 67% du salaire brut calculé sur les douze derniers mois avant la naissance. Au minimum 300 euros avec un plafond à 1800 euros par mois. Et cela pendant quatorze mois si les deux parents se relaient. Les hommes qui choisissent d'arrêter de travailler pour s'occuper d'un nouveau-né sont deux fois plus nombreux qu'il y a un an. Mais ils ne sont encore que 8,5%. C'est peu. Mais c'est un début, explique Thomas Gesterkamp, spécialiste des questions familiales. Il vient d'écrire un livre sur les nouveaux pères entre enfants et carrière :

« Parmi tous ceux qui deviennent pères, beaucoup ne demandent l'allocation parentale qu'après la période d'allaitement de la mère. Il faudra donc attendre la fin de l'année pour apprécier les chiffres. Mais je pense que l'objectif du gouvernement sera atteint, qui est de parvenir à ce que 25% des pères s'arrêtent de travailler pour s'occuper d'un nouveau-né. »

La moitié des hommes qui a choisi de bénéficier de l'allocation parentale touche en moyenne 1000 euros par mois. En revanche seules 15% de femmes perçoivent la même somme. On est donc loin d'une égalité. Andréa, elle, reçoit le minimum : 300 euros par mois :

« Ça ne fait pas beaucoup d'argent comparé à tout ce qu'il faudra payer ensuite pour assurer la garde de la petite et son inscription dans un jardin d'enfant. Certes, cette mesure est un pas dans la bonne direction. Mais il serait encore plus important d'améliorer la formation des éducatrices de jardins d'enfants et de mieux les payer. Il faudrait revaloriser tout le système éducatif. »

Un système de garde d'enfants dépassé

Avec seulement 1,3 enfant par femme, l'Allemagne a l'un des taux de fécondité les plus bas d'Europe. A ce rythme, le pays ne comptera plus que 68 millions d'habitants en 2050, contre 82 millions à l'heure actuelle. Pour tenter de rééquilibrer la courbe démographique, le gouvernement veut donc favoriser une politique nataliste. Thomas Gesterkamp :

« Comparée à l'étranger, l'Allemagne est un pays en voie de développement en matière de politique familiale. Notamment en ce qui concerne la garde des enfants. Pendant des dizaines d'années, l'Etat est parti du principe que la mère devait rester au foyer pour faire la cuisine à midi. Les jardins d'enfants et les écoles fermaient à la mi-journée. Ce système est dépassé. Aujourd'hui de plus en plus de femmes travaillent, quand ce ne sont pas les deux parents à la fois. Il n'y a personne à midi pour s'occuper des enfants. Pendant des années les responsables politiques ont ignoré cette évolution. Il faudra donc un certain temps avant de pouvoir s'aligner sur les autres pays. »

L'allocation parentale ne résoudra pas tout. Il n'y a que 30 000 nourrices dans le pays. Et même si le gouvernement promet d'augmenter d'ici 2013 le nombre de jardins d'enfants, on sait déjà qu'il n'y aura pas de place pour tout le monde. Les parents de la petite Carolina s'en préoccupent déjà.

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