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Forum des cultures

Une jeunesse sans espoir

« Mort à vendre », le dernier film du réalisateur Faouzi Bensaïdi, qui se passe à Tetouan dans le nord du Maroc, dresse le portrait d'une jeunesse marocaine désoeuvrée.

Après avoir tourné dans un village de l'Atlas puis à Casablanca, Faouzi Bensaïdi a choisi le port de Tetouan dans le nord du Maroc pour son troisième long métrage « Mort à vendre ». En compétition dans la catégorie Panorama lors de la 62ème Berlinale et présenté lors de l'ouverture du Festival de cinéma africain « Au-delà de l'Europe » à Cologne, le film met en scène trois personnages, trois jeunes Marocains, Malik, Allal et Soufiane. Tous paumés, ils vont chacun se raccrocher à leur rêve : une femme fatale, la religion et le paradis promis aux musulmans, et l'argent facile de la drogue et des braquages. Des anti-héros que Faouzi Bensaïdi est allé chercher dans sa jeunesse.

Mais ces jeunes sans avenir sont également d'actualité, et pour le réalisateur marocain, ce sont ses « Indignados », le mouvement des indignés qui a commencé en Espagne le 15 mars 2011 avant de s'étendre au monde entier. Un mouvement de protestations qui se réclame notamment du printemps arabe. Cette contestation populaire qui a vu le jour en Tunisie en décembre 2010 a conduit notamment à la chute du président Ben Ali, mais également à celle d'Hosni Moubarak en Egypte. Si au Maroc, il n'y a pas eu de révolte à proprement parler, le mouvement a également eu un écho. Et Faouzi Bensaïdi en a été le témoin indirect.

A travers ses personnages, le film « Mort à vendre » reflète les désillusions de la jeunesse marocaine, mais également le fossé de plus en plus important entre cette jeunesse qui veut tout sans faire le moindre effort, et les générations précédentes qui se sont sacrifiées et qui continuent de le faire. Plusieurs scènes montrent notamment la sœur et la tante de l'un des personnages, qui passent leurs journées à l'usine à fabriquer des tee-shirts pour une grande marque américaine, et ce pour un salaire dérisoire.

Le réalisateur marocain a également choisi de montrer une autre réalité du pays: celle de l'extrémisme. Si les trois personnages principaux du film sont attirés par l'argent, l'un d'entre eux, sans doute le plus fragile et le plus influençable, se laisse enrôler par un groupe d'islamistes.

Écouter l'audio 12:27

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