″Un repas composé de feuilles est déjà un luxe″ | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 25.05.2012
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Afro-presse (hebdomadaire)

"Un repas composé de feuilles est déjà un luxe"

À la Une des journaux cette semaine : les violences en République démocratique du Congo, la situation au Mali mais aussi un portrait de Didier Drogba et un film sur Bob Marley.

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RDC

Au moins 17.000 réfugiés sont en attente d'aide humanitaire rien que dans la petite ville de Minova sur le lac Kivu et sur la route qui va vers le sud de la RDC, écrit die tageszeitung. Même les secouristes ont du mal à comptabiliser le nombre de réfugiés ou de déplacés tellement il y en a. Ce qui est sûr, c'est que tous fuient les combats dans la province du Kivu et que cet afflux est dû à l'escalade simultanée de plusieurs conflits locaux. Cela fait bien longtemps que l'Est du Congo n'est plus un territoire où l'autorité est divisée entre l'armée régulière, les milices locales d'autodéfense et les FDLR, les Force démocratiques de libération du Rwanda. En avril dernier, des officiers tutsis de l'armée régulière se sont rebellés et ont créé le mouvement du 23 mars. La priorité de l'armée régulière est désormais de se battre contre ce mouvement. Cela laisse le champ libre aux autres groupes armés qui se livrent eux-mêmes à des luttes de pouvoir.

Le viol, une arme de guerre

La Berliner Zeitung s'en fait l'écho dans un article qui fait froid dans le dos. Impossible de déterminer le nombre de victimes, écrit le journal. Ce qui est certain c'est que les violences sexuelles sont le plus souvent d'une telle gravité que les victimes ne peuvent plus mettre d'enfant au monde et ce, malgré plusieurs opérations.

DRC Rebellenführer Jean Bosco Ntaganda

Jean Bosco Ntaganda, l'un des chefs rebelles recherché par la CPI

Dans ce contexte, on pourrait penser que le mandat d'arrêt émis par Luis Moreno Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale, contre les deux chefs rebelles Bosco Ntaganda et Sylvestre Mudacumara, est plutôt une bonne nouvelle. Du moins pour ce qu'on appelle la communauté internationale et le président de la RDC Joseph Kabila, estime la Neue Zürchner Zeitung. Quand on pense que la force de l'ONU en RDC, la Monusco, avale un milliard et demi de dollars par an mais que les négociations de paix n'avancent pratiquement pas, on se dit que l'action de la CPI arrive à point nommé.

Elle permet à Joseph Kabila de redorer son blason auprès de l'Occident, ce dont il a bien besoin vu les conditions de fraudes massives dans lesquelles il a été réélu récemment. Cela permet aussi de faire discrètement oublier les agissements, début 2011, de sa propre armée qui a attaqué, violé, pillé les populations pendant plusieurs mois, justement dans l'Est du Congo. Cela dit, et malgré les intérêts personnels de Luis Moreno Ocampo dans cette affaire, le mandat d'arrêt contre Ntaganda et Mudacumara est un signal fort contre l'impunité. Un signal qui pourrait se répercuter positivement sur la stabilité de la RDC. Un signal qui n'aura cependant d'effet sur le long terme que s'il est imbriqué dans une stratégie globale pour régler les problèmes du pays.

Mali Proteste

Le palais présidentiel pris d'assaut

Au Mali, la situation est toujours bloquée

Die tageszeitung se fait l'écho du passage à tabac, lundi dernier, du président intérimaire Dioncounda Traoré par des manifestants hostiles à son maintien au pouvoir. La transition venait d'être officialisée. La Süddeutsche Zeitung s'est entretenue pour sa part avec Moussa Sinko Coulibaly, 39 ans, membre de la junte militaire. Et quand il explique pourquoi cette junte a pris le pouvoir, il compare le Mali à un corps humain. En haut, la tête, le gouvernement. En bas, les jambes, le peuple. Mais entre la tête et les jambes, aucun lien. Ce système n'est favorable qu'à ceux qui en profitent.

C'est pour cela que l'armée a pris le pouvoir, pour corriger cet état de fait, affirme le colonel Coulibaly. De nombreux Maliens seraient d'accord avec sa comparaison. Mais le problème, c'est que la mise en place d'un nouveau gouvernement paralyse l'État, ce que les rebelles utilisent pour consolider leur pouvoir dans le nord du pays. Moussa Sinko Coulibaly affirme pourtant qu'il faut d'abord régler la crise à Bamako avant de pouvoir s'attaquer au Nord. Et il sait déjà que ce problème-là, le Mali ne pourra pas le résoudre seul...

Auftakt G8-Gipfel in Camp David (USA)

De belles photos et de belles promesses, Camp David, mai 2012

Promesses non tenues

Les huit États les plus industrialisés du monde étaient réunis le week-end dernier à Camp David, aux États-Unis, pour un sommet où il a notamment été question du continent africain. Les États du G8 sont en ce moment sous le feu des critiques, rappelle la Frankfurter Allgemeine Zeitung, pour ne pas avoir tenu leurs promesses en matière d'aides financières aux pays africains. En 2009, au sommet de L'Aquila, en Italie, le G8 s'était engagé à mobiliser plus 22 milliards de dollars en trois ans. Or, pour l'heure, seules 20 à 30% des sommes promises ont été versées.

Aides financières, aide au développement. Avec ses richesses, "l'Afrique pourrait ne pas avoir besoin de notre argent" peut-on lire dans die Welt qui a réalisé une interview avec Michael Elliot, président de l'organisation One, cofondée par le chanteur irlandais Bono, leader du groupe U2. Une ONG qui lutte contre l'extrême pauvreté et dont l'action a déjà été critiquée. Pour certains, l'aide au développement engendre la corruption et étouffe les initiatives individuelles. Pour Michael Elliot, elle peut au contraire produire des résultats très concluants à condition d'être utilisée de manière intelligente, ciblée et transparente.

Un peu de sport...

Portrait de Didier Drogba dressé par la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Didier Drogba, héros de la finale de la Ligue des Champions. C'était samedi dernier, Chelsea contre le Bayern Munich. Didier Drogba, un grand joueur et un joueur humain. Le journal retient avant tout cette image de l'attaquant ivoirien qui tente de consoler l'Allemand Bastian Schweinsteiger à la fin du match. Une image de réconciliation et d'espoir qui fait chaud au cœur en ces temps où le football ne tourne pas toujours rond.

FILE - In this July 4, 1980 file photo, Jamaican Reggae singer Bob Marley performs at a reggae festival concert in Paris. The widow and nine children of Bob Marley are suing his half-brother in Florida to stop use of the Marley name to promote an annual Miami music festival and other businesses. (AP Photo/file)

Bob Marley, encore et toujours

... et de cinéma

Dans la Berliner Zeitung il est question d'un documentaire sur Bob Marley, icône du reggae. Plus qu'une biographie, le film "Marley", du réalisateur britannique Kevin Macdonalds, revient notamment sur l'aura politique du chanteur compositeur, mort à seulement 36 ans. Un film très réussi, note aussi la Süddeutsche Zeitung qui ne tombe pas dans l'idolâtrie et qui essaie plutôt de se rapprocher de la personne au-delà des clichés et du mythe. Pour Kevin Macdonalds, l'une des raisons qui explique que Bob Marley est aujourd'hui encore omniprésent est qu'il s'adresse à tous les oppressés de la terre en leur disant, patience, votre heure viendra.

Auteur : Konstanze von Kotze
Édition : Fréjus Quenum

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