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Europe

Un refuge pour jeunes filles mariées de force

Pour justifier un mariage forcé, les pères mais aussi les mères, invoquent la tradition de leur pays d'origine, même si sur place la tradition commence à être battue en brêche. Qu'elles soient maliennes, algériennes ou turques, de nombreuses jeunes filles issues de l'immigration doivent toujours se plier à la règle ancestrale du mariage arrangé par les parents. Mariage qui ne doit plus rien à l'amour. Et lorsqu'en 2005, en Allemagne, une jeune fille turque qui refusait un tel mariage a été assassinée par son frère, c'est tout le pays qui s'en est ému. L'Allemagne qui depuis plusieurs années à permis à une poignée de femmes d'échapper à un tel sort, en les accueillant dans des foyers anonymes.

L'image d'un mariage choisi est encore un mythe pour certaines femmes

L'image d'un mariage choisi est encore un mythe pour certaines femmes

C'est une maison cachée, au bout d'un chemin étroit. Un mur haut recouvert de lierre vert, qui s'est fait un chemin jusqu'à l'entrée, une porte vitrée fermée.

"On ne peut rentrer si facilement. D'abord, je me suis inscrite par téléphone et on m'a attendue. C'est aussi bien comme ça, parce que si tout le monde pouvait entrer, alors ils sauraient aussi qui est ici."

Sana a 19 ans et vient de Turquie. Elle a fuit sa famille depuis 6 mois et pour sa sécurité, elle doit cacher sa véritable identité :

"Si mes frères ou mon père apprennent où je suis, je suis morte. Ils ne me pardonneront jamais de m'être échappée."

Pour se lutter contre leur volonté de la marier, elle a pris la fuite et a cherché de l'aide au foyer des jeunes femmes. Brigit Hoffmann Reuter, la directrice de la maison à Bielefeld, connaît bien ce genre de situation. Elle dirige depuis 10 ans cette institution :

"Les jeunes femmes ont entre 12 et 27 ans. Elles ont la possibilité de téléphoner de chez nous, mais aussi de s'enregistrer en ligne. On a remarqué que le conseil en ligne est un tremplin pour elles, c'est à dire que à tout moment de la journée et de la nuit, elles peuvent écrire. Nous conseillons en allemand, anglais, turc et en kurde. Pour les arabes et les albanaises, on fait intervenir les bureaux de traduction."

Dix collaboratrices conseillent et aident les jeunes femmes, qui ont dû supporter au sein de leur famille des violences physiques et mentales, et qui parfois aussi ont été obligées de se marier contre leur volonté. Les femmes concernées viennent la plus part de Turquie, même si beaucoup d'entres elles sont aussi originaires d'Ex-Yougoslavie, d'Iran, du Pakistan et du Sri Lanka. Près de 200 femmes se sont enregistrées dans ce foyer. Plus de 60 d'entres elles sont là pour lutter contre le mariage forcé ou bien pour échapper à un tel sort. Birgitt Hoffmann Reuter :

"La contrainte commence là où la pression est exercée. Alors là, de quelle sorte de pression s'agit-il ? Cela peut être un rapport de force physique, comme le fait d'être battue. Mais je pense que là les parents font pression sur leurs enfants et disent "tu dois te marier", ou bien "si tu ne te maries pas à celui là, alors tu prendras celui-ci:.." et ainsi de suite. Alors la question n'est pas seulement de savoir avec qui tu te maries. Les filles sont sous pression, à cause du manque d'affection de la part de leur famille, et du fait qu'on leur reproche de traîner l'honneur de la famille dans la boue".

Sana aussi essuie souvent des reproches de ses parents. Elle est arrivée en Allemagne à l'âge de 4 ans. Elle s'est très vite adaptée à son nouvel environnement, est allée à l'école, et s'est rapidement fait des amies allemandes. Malgré la sévérité de son père et de ses deux grands frères, elle n'était pas obligée de porter le voile et pouvait même parfois amener des amies à la maison. Du moins, jusqu'à 17 ans. Ensuite brusquement, tout a changé :

" D'un coup, je ne pouvais plus rien faire et je devais rentrer directement à la maison après l'école. Mes parents ont commencé à me dire que maintenant, j'étais devenue une femme, et que je devais me conduire comme telle. Ils ne m'ont rien expliqué de plus. Et puis tout de suite après, j'ai été étonnée de nombre de visites qu'on avait... Et ma mère m'a expliqué qu'ils devaient me trouver un mari."

Sana ne voulait absolument pas se marier. Encore moins avec un homme qu'elle ne connaissait pas. Il devait être turc, d'une bonne famille et être issu de la même région dont viennent ses parents. Une fois qu'elle a su qu'après les noces elle devrait aller s'installer en Turquie dans la famille de son futur mari, elle ne pouvait plus revenir en arrière :

"J'étais désespérée. Je ne voulais pas décevoir mes parents, donc j'ai accepté le mariage. Mais, comme ils me l'ont dit ensuite, après les noces je devais repartir en Turquie, là j'ai résisté. Il fallait que je fuie."

Sana a donc décidé de chercher de l'aide. D'abord sur Internet, puis elle est allée au foyer des jeunes femmes de Bielefeld, où elle a pu raconter son histoire. Elle a pu également téléphoner à ses parents, mais depuis 6 mois qu'elle a trouvé asile ici, ceux-ci ne savent toujours pas où elle se trouve.

  • Arménie

Autre déclinaison du mariage forcé: dans le Caucase, la tradition folkrorique de l'enlèvement de la future mariée avec son consentement, a aujourd'hui évolué vers la pratique de l'enlèvement pur et simple.

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