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Afrique

Un référendum controversé au Rwanda

Jeudi et vendredi, les Rwandais vont se prononcer sur une modification de la constitution. Une manoeuvre du président Kagame? L'opposition dénonce un manque de débat démocratique.

La consultation populaire va durer deux jours au Rwanda. C'est demain et vendredi que se tiendra le référendum sur les modifications de la constitution. Le parti au pouvoir espère une large victoire du « oui », afin de permettre au président Paul Kagame de briguer un troisième mandat en 2017 – ce que la constitution actuelle ne lui permet pas. L'opposition, elle, dénonce une manœuvre destinée à empêcher l'alternance politique.

Pétition quasi-obligatoire

Plus de 3 millions et demi de Rwandais ont signé il y a quelques mois la pétition lancée par la mouvance présidentielle, pour réclamer la modification de la loi fondamentale. Pour le parti de Paul Kagame, c'est la promesse d'une victoire écrasante du « oui », par la volonté du peuple. Parmi les dispositions les plus importantes contenues dans le projet soumis à référendum, il y a la possibilité faite au président de faire jusqu'à cinq mandats d'affilée. Paul Kagame pourrait donc se représenter pour un nouveau septennat en 2017, briguer ensuite encore trois mandats de cinq ans et ainsi cumuler 31 ans à la tête du pays.

Karikatur des DW-Zeichners Said Michael

Le caricaturiste Said Michael se fait l'écho des craintes au sein de l'opposition et à l'étranger, sur les ambitions du président Kagame

Le hic, c'est que la campagne a été entièrement orchestrée par le pouvoir, d'après ce journaliste, Gonza Muganwa :

« Le référendum ne sera pas une véritable décision politique du peuple. Officiellement, il n'y a pas de voix discordante. Le parti au pouvoir et ses alliés dominent totalement le paysage politique. »

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini a aussi mis en garde début décembre contre la modification d'articles pour les besoins d'un seul individu, qui affaiblirait la crédibilité de la réforme constitutionnelle. Les Rwandais qui sont contre la modification de la constitution préfèrent s'exprimer de façon anonyme, comme ceux-ci:

« Nous n'osons rien dire car ça mettrait notre vie en danger. Des gens ont déjà été emprisonnés, persécutés ou ont tout bonnement disparu. »

« Kagame a dit qu'il ne se présenterait que deux fois. Ce vote est un mensonge. »

Une opposition désenchantée

Le Parti Vert démocratique, seul parti d'opposition indépendant, a pris la tête de la contestation du référendum. Il réclame l'alternance, à la fin du mandat de Paul Kagame, en 2017. Sa plainte devant la cour suprême pour faire annuler le référendum a échoué. Carine Maombi, des Verts, regrette que la date du scrutin n'ait ensuite été confirmée qu'il y a une semaine. Les campagnes de sensibilisation à la modification de la constitution se sont ainsi déroulées sans débat contradictoire.

Par ailleurs, de nombreux Rwandais sont favorables au maintien de Paul Kagame à la présidence. D'une part en raison de la période de croissance économique qui a suivi le génocide de 1994, mais aussi parce que le président n'a pas préparé son éventuelle succession. Pour l'heure, en face de lui non plus, il n'y a pas de rival capable de lui tenir tête aux prochaines élections.

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