Un quatre étoiles à Langley | International | DW | 06.09.2011
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International

Un quatre étoiles à Langley

L'ancien général américain David Petraeus a remisé son uniforme au placard pour prendre la tête de la CIA. C'est la première fois que l'agence basée à Langley en Virginie va être dirigée par un ancien militaire.

L'ancien général David Petraeus a commandé les forces de l'OTAN en Afghanistan

L'ancien général David Petraeus a commandé les forces de l'OTAN en Afghanistan

L'arrivée de David Petraeus ne se fait pas sans réserves car elle fait craindre une militarisation de la CIA. Parce que la nomination d'un ancien général aussi prestigieux que David Petraeus risque de renforcer une évolution qui a d'ailleurs débuté depuis plusieurs années : le fait que la CIA s'investit de plus en plus sur le terrain lors d'opérations spéciales. Cela a été le cas en Irak, c’est aussi le cas en Afghanistan avec les attaques des drones Predator qui sont dirigées par la CIA et ont déjà causé la mort de centaines de personnes dont récemment celle du numéro deux d'Al Quaida.

Or, se battre et tuer est le rôle des militaires et non pas celui d'une agence de renseignements qui est officiellement chargée de transmettre au pouvoir politique des rapports objectifs. En intervenant plus souvent sur le terrain, plusieurs experts, comme par exemple le professeur Gordon Adams de l'université de Washington, redoutent que la CIA perde l'objectivité de son analyse.

David Petraeus (droite) remplace Leon Panetta (gauche) à la tête de la CIA

David Petraeus (droite) remplace Leon Panetta (gauche) à la tête de la CIA

L’Afghanistan dans l’impasse

Par ailleurs, et c'est pourquoi David Petraeus va peut-être devoir ranger au placard, à côté de son uniforme, ses convictions personnelles : la CIA pense que le conflit afghan est dans une impasse. Le mot impasse est utilisé par la CIA dans ses rapports sur l'Afghanistan. Mais David Petraeus pense le contraire, il pense que la rébellion Taliban est en train d'être vaincue : c'est d'ailleurs ce qu'il a rappelé dans son discours d'adieu à la carrière militaire.

Toute la question est désormais de savoir quel est le message que David Petraeus va transmettre chaque matin dans son briefing quotidien au président des Etats-Unis : une analyse objective qui repose sur un travail de renseignement sérieux ou bien sa conviction personnelle d'ancien militaire, nommé en 2010 chef des troupes de l'OTAN en Afghanistan ? C'est toute la question aussi de la compatibilité d'un ancien général avec la CIA.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Sandrine Blanchard

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