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International

Un procès qui fait date

Il y a 50 ans, se refermait, à Francfort, le procès d'Auschwitz. Un procès qui a fait date dans l'histoire de l'Allemagne car pour la première fois, la justice allemande s'occupe elle-même des criminels nazis.

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Sur les bancs des accusés, vingt-deux prévenus. Dans le public, plus de 350 témoins, dont de nombreux rescapés

Le 20 décembre 1963, le procès d'Auschwitz s'ouvre, Nous sommes 18 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Sont jugées : 22 personnes qui ont travaillé dans le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz où furent commises les pires atrocités. Officiers SS, prisonniers de droits communs chargés de surveiller les détenus du camp, personnel médical. Cette fois ce ne sont pas seulement des gros poissons du régime nazi comme à l'époque du procès de Nuremberg. Il y a de tout. Et il y a aussi beaucoup de témoins - 359 précisément, dont cette femme : "C'était tellement nouveau, tellement impressionnant. Le public se retrouvait pendant la pause et les gens, curieusement, se rapprochaient les uns des autres. Tous étaient choqués par ce qu'ils venaient d'entendre. Alors que les accusés, eux, étaient plein d'entrain, vivants, sûrs d'eux. Pas la moindre trace de honte ou de regret."

L'opinion publique suit le procès de près

Les médias, y compris internationaux, suivent de près le déroulement du procès et rendent les détails macabres des dépositions accessibles au plus grand nombre. A cette époque pourtant, le slogan qui domine la scène politique, la justice et la société allemande c'est : le passé doit reposer. La torture, les assassinats, les expériences médicales, tout cela est enfoui, tabou. Le choc est rude comme l'explique Nahum Goldmann. En 1963, il était président du Congrès juif mondial, une fédération internationale de communautés et d'organisations juives :

Deutschland KZ Auschwitz

Auschwitz : le plus grand de concentration et d'extermination de la dictature nazie.

"Le procès d'Auschwitz et ceux qui ont suivi furent pour moi parmi les étapes les plus importantes dans le processus de réhabilitation morale et intellectuelle de l'Allemagne. (...) Parce que ces procès ont été préparés par des procureurs allemands puis menés par des juges allemands, le public allemand a été obligé de se confronter aux atrocités. Or, c'est la seule méthode qui vaille lorsqu'il s'agit de surmonter ce passé et de réhabiliter complètement l'Allemagne."

Le 19 août 1965, dernier jour du procès. Le tribunal est plein à craquer. La plupart des accusés écopent de peines longues, parfois à vie. Pour la première fois depuis la fin de la dictature nazie, la justice allemande redore quelque peu son blason. Mais ce zèle ne durera qu'un temps : selon l'historien Andreas Eichmüller, sur 6.500 personnes impliquées dans le fonctionnement du camp de la mort, seules 29 ont été finalement condamnées.

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