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Afrique

Un procès pour condamner ?

Le "procès de la terreur" comme le surnomme Kigali, s'ouvre ce mardi au Rwanda. Sur le banc des accusés : seize personnes soupçonnées d'avoir participé aux attaques à la grenade de 2010.

Le président Paul Kagamé est de plus en plus souvent accusé de pression pour faire taire ses opposants

Le président Paul Kagamé est de plus en plus souvent accusé de pression pour faire taire ses opposants

Pour Kigali, il s'agira durant ce procès de démontrer notamment la relation qui existe entre le congrès national du Rwanda (RNC) de Patrick Karegeya qui a récemment été assassiné en Afrique du sud et les rebelles hutus rwandais FDLR, présents dans l'est de la RDC. Au total sept chefs d'accusation seraient retenus, entre autres terrorisme, meurtre ou encore complot pour attenter à la vie d'un chef d'Etat.

A en croire Gerd Hankel de l'Institut de Hambourg pour la recherche sociale, ce procès ne convainc pas beaucoup de Rwandais. « Ils se demandent comment est- ce possible que des hutus envoyés par les FDLR arrivent a Kigali et jettent des grenades... non ce n'est pas logique parce que s'ils voulaient faire des dommages, pourquoi ne pas lancer les grenades là où il y a des Tutsis ? » Selon Gerd Hankel, il ne fait aucun doute que l'issue du procès est connue d'avance : il aboutira à des condamnations.

L'ONU interpelle

Ce procès s'ouvre alors que des voix s'élèvent pour dénoncer une tendance à faire taire des dissidents au pouvoir de Kigali. Selon le rapporteur de l'Onu sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association, Maina Kiai, les hommes politiques ou ceux de la société civile qui vont à contre courant de la politique de Kigali sont régulièrement traduits devant les tribunaux. Il relève par ailleurs que des dissidents du Front patriotique rwandais (FPR), le parti au pouvoir sont souvent accusés de corruption.

Ecoutez aussi ci-dessous l'interview avec Carina Tersakian, spécialiste du Rwanda pour Human Rights Watch, Elle évoque les enjeux politiques de ce procès au micro de Mathilde Benignus.

Écouter l'audio 01:48

« Nous nous posons beaucoup de questions »(Carine Tersakian)

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