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Afrique

Un ponte de la LRA devant la Cour pénale internationale

Le procès de Dominic Ongwen, ex-enfant-soldat de la LRA puis adjoint du chef de la milice Joseph Kony, s'ouvre ce mardi à La Haye.

Écouter l'audio 02:04

"Les victimes de sa brutalité sont bien là : que faire de ces gens?"

L’ouverture, aujourd’hui, mardi 6 décembre, du premier procès d’un chef de guerre de l’Armée de Résistance du Seigneur devant la Cour pénale internationale est un nouveau chapitre important pour la justice internationale. C’est en ces termes que l’ONG Human Rights Watch a salué, dans un communiqué, l’ouverture du procès de Dominic Ongwen. Il devra répondre devant la CPI de crimes brutaux commis au sein de la LRA dans le nord de l’Ouganda, même s’il est prévu qu’après les déclarations liminaires, la suite du procès soit remise au 16 janvier prochain.
 

Victime et bourreau présumé

Peu de gens connaissent son véritable nom. Et, d’une façon générale, sa vie est entourée de mensonges et de légendes. A 10 ou 12 ans, il est enlevé dans le nord de l’Ouganda par des miliciens de la LRA à qui il affirme s’appeler Dominic Ongwen. Il prétend aussi être originaire d’un village assez éloigné. En réalité, le garçon ment pour protéger les siens. La LRA est alors très active dans la région. Elle incendie les villages, commet des atrocités envers les civils.

Écouter l'audio 12:29

La lutte contre Joseph Kony et la LRA, un échec?

Son chef, Joseph Kony, est devenu le criminel le plus recherché de la planète. Le groupe rebelle enlève des dizaines de milliers d’enfants qu’il transforme en porteurs, en enfants-soldats ou en esclaves sexuels. Juste après leur enlèvement, les enfants sont renvoyés dans leur village avec pour mission de violer ou tuer leurs proches. Une manière de s’assurer qu’ils ne pourront jamais retourner chez eux.

Dominic Ongwen aussi a dû assister à des massacres d’innocents. Lui aussi est maltraité, endoctriné. Son procès sera le premier devant la CPI dans lequel le prévenu est à la fois victime et bourreau présumé. Charles Tolit Atiya, chercheur au Centre pour la Paix et les droits de l’Homme à l’université ougandaise de Makerere, analyse: 
 
« On pourrait se contenter de dire que Dominic Ongwen a été enlevé enfant et que donc il ne savait pas ce qu’il faisait et qu’il faudrait par conséquent l’innocenter. Mais les victimes de sa brutalité sont bien là : que faire de ces gens ? »


Les ordres, Dominic Ongwen les suit sans broncher. On dit de lui qu’il est un excellent soldat. Ce qui lui permet de grimper dans la hiérarchie de la LRA jusqu’à devenir l’un des adjoints du grand chef, Joseph Kony. En 2004, ses troupes attaquent le camp de réfugiés de Lukodi et massacrent une soixantaine de personnes.

Des atrocités sans nom

Officiellement, la LRA veut instaurer un Etat chrétien théocratique en Ouganda, basé sur les dix commandements de la bible. Dans les faits, ses combattants auraient déjà exécuté près de 100 000 personnes et poussé deux millions de gens à quitter leur domicile.

En deux ans, l’armée ougandaise repousse la LRA hors du territoire national. Les miliciens se retrouvent en RDC, au Soudan du Sud, en République centrafricaine. Des dissensions apparaissent en interne. En 2005, la CPI émet un mandat d’arrêt contre Joseph Kony et ses quatre adjoints, dont Dominic Ongwen. Les Etats-Unis mettent sa tête à prix, à 5 millions de dollars. Début 2015, Dominic Ongwen tombe entre les mains de la Séléka en RCA, qui le livre aux Etats-Unis. Quelques jours plus tard, il est transféré à La Haye. Il diffuse ce message radio avant d'être arrêté :


« Je m’appelle Dominic Ongwen. J’ai décidé de sortir de la brousse et de me rendre aux unités spéciales américaines, parce que Joseph Kony veut me tuer. »

Crimes de guerre, crimes contre l’humanité, assasssinat, torture, viol, amputation, esclavagisme, recrutement d’enfants-soldats… En janvier dernier, lors des premières auditions à La Haye, Dominic Ongwen a réfuté la longue liste de charges qui pèsent sur lui.
 

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