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Vu d'Allemagne

Un pas en avant, trois pas en arrière

A la Une de la presse allemande : le débat sur la possible dissolution des Frères musulmans dont est issu l'ancien président Mohamed Morsi. Les avis des journaux sont partagés concernant l'efficacité d'une telle mesure.

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Manifestation de partisans de Mohamed Morsi au Caire

Die Welt estime ainsi que la dissolution de la confrérie pourrait être judicieuse dans la mesure où elle permettrait au mouvement de se civiliser. Le journal rappelle que les Frères musulmans bénéficient d'un large soutien au sein de la société et qu'ils ont une longue expérience de la clandestinité. Les interdire ne les fera pas disparaitre mais peut-être changer comme ce fut le cas par exemple en Turquie avec l'AKP, le parti du Premier ministre actuel Recep Tayyip Erdogan.

Pour die Tageszeitung au contraire interdire les Frères musulmans signifierait un retour en arrière sans compter que les islamistes ne disparaitront pas pour autant. En 1954 déjá, le président Nasser avait tenté l'expérience, sans succès. Les Frères musulmans s'étaient même radicalisés et ce n'est que des décenies plus tard qu'ils ont renoncé à la violence. Avec le président Morsi, ils ont montré qu'ils étaient prêts à accepter les règles de la démocratie. Un an et un putsch militaire plus tard, il semble cependant que les Egyptiens aient laissé passer la chance historique d'inclure les islamistes dans la vie politique du pays, seule possibilité pourtant de les assagir.

Ägypten ehemaliger Staatspräsident Gamal Abdel Nasser

Jusqu'à la mort du président Nasser en 1970, les Frères musulmans sont arrêtés par milliers ou entrent dans la clandestinité.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung n'attend pas non plus grand chose de la dissolution des Frères musulmans. Elle se montre aussi sceptique concernant les discussions actuelles de l'Union européenne sur la position à adopter vis-à-vis de l'Egypte. Si Bruxelles décidait effectivement de couper ses relations avec les militaires au pouvoir, on peut déjà prévoir leur réponse : ce qui se passe en Egypte ne regarde que l'Egypte. Et si vous ne voulez plus nous aider, nous saurons trouver d'autres partenaires, à Moscou par exemple. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire, souligne le journal. Mais mieux vaut ne pas trop se faire d'espoir.

La Süddeutsche Zeitung va même plus loin et estime qu'en ce moment personne ne peut avoir une quelconque influence sur ce qui se passe en Egypte. Les deux camps, militaires et islamistes, ont tous les deux choisi la voie de l'escalade de la violence, de la diabolisation de l'adversaire, du refus de la solution politique. Si le journal exclut une guerre civile sur le modèle syrien, il table sur un retour au calme plus que bancal avec d'un côté des fondamentalistes clandestins qui verseront de nouveau dans le terrorisme et de l'autre un état policier qui restera confronté à la menace constante de nouveaux troubles sociaux et politiques.

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