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Afrique

Un pacifiste à la tête de la MONUSCO

Depuis quatre mois, le diplomate allemand Martin Kobler est chargé de l'une des plus importantes missions de l'ONU : rétablir la paix dans l'est de la RDC.

Martin Kobler lors d'une mission avec des réfugiés en RDC

Martin Kobler lors d'une mission avec des réfugiés en RDC

Une mission très difficile, car une vaste région de l'Est congolais est déchirée depuis près de vingt ans déjà par de sanglants conflits. Mais Martin Kobler, un pacifiste de coeur, dispose des qualités nécessaires pour une telle mission. Dirke Köpp l'a accompagné pendant deux jours.

Une journée ensoleillée de décembre à Bweremana, village de l'est du Congo. Réunis dans le stade municipal, quelque 4.000 ex-combattants des milices les plus redoutées du pays et leurs familles, attendent Martin Kobler, qui vient de descendre d'hélicoptère.

La plus importante mission de l'ONU

Bonjour, je suis Martin Kobler, Chef de la MONUSCO, dit-il simplement en se rapprochant des hommes, des femmes et des enfants qui sont curieux de faire la connaissance de cet homme qui, depuis août 2013, commande la plus importante mission de l'ONU au monde, la Mission de l'Organisation des Nations-unies pour la stabilisation en RDC, la MONUSCO, composée de 20.000 casques bleus.

La mission de l'ONU en RDC

La mission de l'ONU en RDC

Depuis près de deux décennies, les groupes rebelles terrorisent les populations de l'Est du Congo, une région très riche en minerais de toutes sortes. La MONUSCO – depuis 14 ans déjà dans le pays- n'avait pas jusqu'ici réussi à changer les choses. Et sa réputation en a évidemment souffert. Mais depuis quelques semaines, la MONUSCO a été dotée d'une brigade spéciale d'intervention forte de 3000 soldats avec un « mandat robuste » et d'un nouveau chef : Kobler, qui a sommé les rebelles de déposer les armes et de se rendre. Celui qui s'y refuse, doit savoir qu'il sera combattu sans merci. Martin Kobler se considère lui-même comme un pacifiste. Cependant, face à certains crimes, il ne connait aucun pardon:

« Utiliser des enfants - soldats, utiliser massivement le viol comme arme – ce sont des crimes de guerres et les auteurs de tels crimes doivent être châtiés et jugés. Nous nouveau mandat nous permet là d'agir et de réagir et nous le ferons aussi sur le plan militaire... »

« Pas de problème sans solutions »

Kobler est né il y a soixante ans à Stuttgart, dans le sud de l'Allemagne. Il fait des études de droit et de philologie asiatique à Bonn et en Indonésie, puis commence une carrière de diplomate. Ses missions le mènent en Égypte, en Inde, dans les territoires palestiniens, en Bosnie. Puis il rentre en Allemagne pour quelques années quand le Vert Joschka Fischer dirige le ministère des Affaires étrangères, avant de retourner en Égypte. Il participe ensuite à des missions de paix des Nations unies en Irak et en Afghanistan. Outre sa langue maternelle Kobler parle aussi couramment l'anglais, le français, l'indonésien et l'arabe.

Martin Kobler se décrit lui même comme un optimiste et affirme qu'il "n'existe pas de problèmes sans solutions".

Depuis sa prise de fonction, il y a quatre mois, bien des choses ont changé.

Rebelles du M23

Rebelles du M23

Son premier grand succès a été la victoire sur la plus grande milice de la région, les rebelles du M23, un succès remporté avec les FARDC, les forces armées congolaises et la brigade d'intervention. Martin Kobler :

« Nous devons davantage agir au lieu de seulement réagir quand des gens ont déjà été tués. Nous devons faire preuve de présence , pour dissuader les auteurs de violences potentielles, mais aussi être là pour poursuivre immédiatement les auteurs de crimes et les soumettre à la justice .»

Quelques jours avant Noel, Kobler prend du temps pour ses soldats et ses collaborateurs. Malgré un calendrier serré, le chef de la MONUSCO, cherche toujours le contact avec les habitants de la région. Spontanément il fait arrêter son convoi devant une école. Les instituteurs comme les enfants sont surpris, mais rapidement on improvise.

Deuxième homme fort du Congo

Un peu plus tard et quelques kilomètres plus loin, Kobler s'entretient avec un groupe de déplacés qui se sont bâti un abri provisoire à l'aide de bâches, de branches et d'herbe. Là aussi il écoute attentivement et répond aux questions.

Martin Kobler écrit tout ce qu'il voit et qu'il juge important dans un petit carnet de notes en cuir noir. Il y note aussi combien de fois il s'est rendu à tel ou tel endroit : sept fois à Kigali par exemple, la capitale du pays voisin, le Rwanda. On reproche au gouvernement rwandais, d'avoir financé la milice du M23 et Kobler sait que pour une paix durable au Congo, le soutien des pays voisins est nécessaire. Il l'a laissé entendre au président rwandais Paul Kagame.

Certains considèrent Kobler comme le deuxième homme fort du Congo après ou à côté du chef de l'Etat Joseph Kabila. Mais Martin Kobler lui-même voit les choses autrement :

Soldats de l'armée régulière congolaise

Soldats de l'armée régulière congolaise

« Ici nous servons le peuple congolais. Nous ne sommes pas dans la position de gouverner le pays. C'est le contraire qui est le cas : nous voulons que d'autres gouvernent le pays et notre rôle ici est de les soutenir. »

Selon Martin Kobler, le gouvernement de RDC, la MONUSCO, et l'armée congolaise ont, ensemble, un énorme défi à relever : stabiliser le pays et maintenir la paix de manière durable. Le chef de la MONUSCO est déterminé à mener à bien sa mission.

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