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International

Un nouveau départ politique en Irak ?

En Irak, Nouri Al-Maliki a annoncé jeudi qu’il renonçait à son poste de Premier ministre, après une longue crise politique. C'est un chiite modéré, Haïder El-Abadi, qui prend sa succession. De lourdes tâches l'attendent.

La pression internationale sur Nouri Al-Maliki avait augmenté ces derniers jours

La pression internationale sur Nouri Al-Maliki avait augmenté ces derniers jours

« J'annonce devant vous ce soir, pour faciliter le processus politique et la formation d'un nouveau gouvernement, le retrait de ma candidature en faveur du frère Haïder El-Abadi ». C'est ainsi que Nouri Al-Maliki a annoncé jeudi à la télévision d'État qu'il ne s'accrocherait pas à son poste de Premier ministre, qu'il occupait depuis huit ans et que tous ses alliés le pressaient de quitter depuis plusieurs semaines. Haïder El-Abadi, vice-président du parlement irakien, avait été désigné le 11 août par la principale coalition chiite au parlement pour remplacer Nouri Al-Maliki. Celui-ci est en effet tenu pour responsable de la grave crise que traverse le pays. La politologue Myriam Benraad, spécialiste de l'Irak à Science Po Paris, partage l'avis de l'ensemble de la communauté internationale et voit d'un très bon œil ce départ du chef du gouvernement :

La nomination de Haïder El-Abadi devrait faciliter la coopération avec les chefs de tribus et dignitaires sunnites

La nomination de Haïder El-Abadi devrait faciliter la coopération avec les chefs de tribus et dignitaires sunnites

« L'ancien Premier ministre irakien avait cristallisé un grand nombre de positions autour de lui, qu'elles soient kurdes, sunnites ou même chiites, dans sa propre communauté. On peut surtout dire qu'il a échoué dans la majorité de ses engagements et il a complètement subverti la transition politique au profit d'un retour de l'Irak à l'autoritarisme, notamment contre les sunnites, qui se sont radicalisés et qui ont fait le lit de l'avancée de l'Etat islamique dans le pays au cours des dernières semaines. »

Toutefois cette nomination d'Haider El-Abadi, n'est qu'un premier pas sur un chemin qui s'annonce très difficile. Le nouveau Premier ministre et son futur gouvernement d'unité devront immédiatement s'atteler à la résolution des multiples crises que traverse le pays.

L'avancée des djihadistes de l'Etat islamique a forcé des milliers de personnes à prendre la fuite

L'avancée des djihadistes de l'Etat islamique a forcé des milliers de personnes à prendre la fuite

« La tâche d'Haïder El-Abadi va être titanesque puisqu'il va tout d'abord avoir la lutte contre l'Etat islamique, c'est vraiment pour le moment la priorité du nouveau Premier ministre. Il y a ensuite la réconciliation nationale en arrière-fond, parce que sans elle, l'Irak restera dans un schéma de violence. La question étant comment articuler cette dernière lorsqu'on voit le degré de morcellement du pays, la confessionnalisation de l'Irak et puis les Kurdes qui ont choisi l'autonomie et qui ne sont pas dans cette logique. »

Il s'agira en outre de s'attaquer à d'autres problèmes, certes moins médiatiques, mais tout aussi pressants pour la population, tels que la stagnation économique et le chômage, estimé à près de 30% des actifs.

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