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Europe

Un Master pour apprendre à parler de l'Holocauste

Comment parler de l’holocauste? Comment écrire des livres, préparer une exposition ayant pour thème la Shoah? Des questions traitées dans un nouveau master qui a ouvert ces portes au début du mois à Berlin et intitulé « Holocauste, communication et tolérance ». C’est une université privée américaine financée par la communauté juive, le Touro College, qui est à l’origine de ce projet. A l’heure où les témoins historiques qui ont survécu à l’holocauste se font de moins en moins nombreux, le but pour les étudiants de cette nouvelle filière est d’apprendre à transmettre cette mémoire.

Le mémorial de l'Holocauste à Berlin

Le mémorial de l'Holocauste à Berlin

Jusqu’à cette année, le campus du Touro College situé à l’ouest de Berlin, n’accueillait que des étudiants en économie. Un nouvel institut, baptisé « Holocaust-Institut » a vécu sa première rentrée il y a une semaine. Si l’enseignement se base sur l’apprentissage historique et le rôle joué par l’intolérance dans nos sociétés, le vrai pilier de ce cursus est de travailler sur la manière de communiquer à propos de l’holocauste. Le professeur Andreas Nachama dirige le nouvel institut :

"Notre grand thème est : comment faire connaître cette histoire contemporaine ? Il existe par exemple des études sur la relation entre le volume de textes produit et ce qui est en est retenu ou bien quelle est l’image, le message renvoyé par une photo montrant des victimes. Ce sont ce type de questions qui vont nous occuper dans ce master. Sans oublier bien sûr comment mener une interview, écrire un article, représenter l’holocauste au théâtre, au cinéma, dans des expositions et pourquoi pas aussi dans la musique. Tout cela sans engendrer de la lassitude."

Et ils sont sept étudiants à tenter l’expérience. La plupart ont déjà un diplôme universitaire ou bien travaillent. C’est le cas pour Andreas Koschke, un ancien étudiant en histoire :

"Je travaille de puis plus de dix ans comme agent administrateur pour l’association de la communauté juive de Berlin. Ce master est un moyen pour moi d’élargir mes compétences. Passer de l’administratif au communicatif. Et cet aspect, la communication, comment transmettre le savoir, n’est pas l’élément qui prime lorsque l’on fait des études d’histoire. C’est ce qui m’a motivé pour venir ici. Combler une certaine lacune de mes études et me concentrer sur cette question, comment communiquer sur l’holocauste. "

L’idée de ce master a germé dans l’esprit de Bernard Lander, président du Touro College, lors de l’inauguration il y a deux ans à Berlin du monument pour les juifs d’Europe assassinés. Un monument fait de plusieurs milliers de stèles en plein cœur de la ville et critiqué pour son manque de pédagogie. Berlin compte également un musée juif doté d’une exposition permanente très riche. Peut-être un peu trop d’ailleurs pour un sujet aussi lourd selon Andreas Nachama :

"Lorsqu’on se rend dans un musée et que l’on y trouve 3 voire 4 expositions sur le même sujet, les gens perdent rapidement le fil et tout ce qu’ils veulent, c’est rentrer à la maison. C’est là que se trouve le défi que nous voulons relever. Trouver les moyens pour que l’on ne dise plus, j’ai déjà vu et entendu tellement de choses sur l’holocauste, ça suffit maintenant. Notre but avec ce Master est que les gens se disent plutôt : j’aimerais en savoir plus, telle exposition ou tel livre ne m’a pas assez donné d’informations. En fait, éveiller plus de questions que de réponses. "

Susciter l’intérêt pour l’holocauste. Un défi de taille lorsque l’on sait que les allemands dans leur plus grand nombre ne souhaitent plus que leur soit rappelé la période nazie. Même si Andreas Nachama ne prétend pas avoir de recettes toutes faites, il se dit convaincu de l’utilité du master :

La grande question qui nous préoccupe est de savoir comment atteindre les jeunes générations. Ce qui a été fait jusqu’ici est-il pour cela suffisant ? Doit-on se tourner vers de nouveaux concepts ? Lorsque l’on sait qu’une exposition permanente, quel qu’elle soit, doit être renouvelée tous les sept ans car la vision des visiteurs et les questions suscitées changent avec le temps, je pense qu’il est raisonnable de créer un institut dans lequel des personnes seront formées spécifiquement à la communication sur l’holocauste, rendre ce sujet intéressant et accessible. Et plus des historiens qui apprennent cela sur le tas, après leurs études.

Communiquer et faire connaître l’histoire de l’holocauste reste un défi quotidien. Dans un récent sondage paru en Allemagne, un tiers des personnes interrogées ont déclaré que le nazisme a eu des effets positifs en ce qui concerne les infrastructures, la politique familiale ou bien encore la criminalité.

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