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Vu d'Allemagne

Un limogeage qui éveille des soupçons

C’est avec surprise que le chef du FBI, a appris la nouvelle de son licenciement par le président Trump. Sa décision de mettre fin aux fonctions de James Comey a suscité les commentaires des éditorialistes allemands.

Pour la Süddeutsche Zeitung, Donald Trump n’est rien d’autre qu’un "président à problèmes", dont la signature de mardi soir vient porter un coup dur à l’Etat de droit aux Etats-Unis.  
 

"La séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, la séparation sacrée entre les acteurs politiques et les services de renseignement, Donald Trump, a en dix lignes, remis en cause le système judiciaire américain", regrette le quotidien de Munich. 

À 57 ans, le désormais ex-chef du FBI, avait à sa charge plusieurs dossiers brûlants, dont celui du scandale des courriers électroniques, dans lequel était impliquée Hilary Clinton, candidate malheureuse lors de la dernière élection américaine. 

Le président républicain est, quant à lui, mêlé à une autre affaire, dont James Comey dirigeait, jusqu’à son limogeage, les enquêtes : il s’agit des liens supposés entre son équipe de campagne et la Russie. La Russie est, en effet, soupçonnée d’avoir influencé la campagne électorale américaine au profit de Donald Trump. À la tête du FBI depuis 2013, James Comey aurait été donc remercié pour freiner l’enquête. C’est du moins ce que suggèrent les démocrates. Donald Trump aura quand même réussi à éveiller des soupçons sur sa volonté d’être couvert par les enquêtes qui le visent, estime la Süddeutsche Zeitung. 

Andrew McCabe (picture alliance/AP Photo/J. Martin)

Andrew McCabe, directeur par intérim du FBI, a assuré que les enquêtes sur les ingérence russes se poursuivront

Mais pourra-t-il y arriver ? Non, à en croire la Frankfurter Allegemeine Zeitung. Pis, il pourrait même regretter sa décision,  souligne le journal de Francfort, qui note que le limogeage de James Comey s’apparente même à "une invitation à poursuivre les investigations"

On est forcé de voir des liens entre cette affaire et le scandale du Watergate. En effet, en 1973, le président américain Richard Nixon, par peur d’être poursuivi par la justice, avait mis à l’écart le procureur spécial chargé de l’enquête qui le concernait.

Au Congrès américain, des démocrates, soutenus par des sénateurs républicains, réclament, comme en 1973, la nomination d’un procureur spécial pour enquêter sur les collusions entre Trump et la Russie. 

"Une telle nomination pourrait entraîner de lourdes conséquences pour Trump, car il ne s’agirait plus seulement de savoir s’il y a eu des contacts réels entre son équipe de campagne et la Russie, mais il serait amené à dire la vérité devant le Congrès ou un procureur spécial. Et là un seul témoignage suffirait pour qu’il soit démis de ses fonctions", note pour sa part die Tageszeitung.   

L'Allemagne engage des réformes dans son armée

L’armée allemande, il faut le souligner, est plombée un scandale depuis l’interpellation de militaires d’extrêmes-droite en son sein et la découverte de reliques nazies dans quelques casernes. 

Frankreich Bundesverteidigungsministerin Ursula von der Leyen in Illkirch (Getty Images/AFP/F. Florin)

Les autorités allemandes comptent, réviser l'arrêté sur les traditions au sein de l'armée. La version actuelle date de 1982

Ursula von der Leyen, en réponse aux critiques, a annoncé une révision des codes qui régissent l’armée, afin d’éviter toute vénération de symboles de la Wehrmacht. 

"La présence de soldats aux tendances extrémistes a longtemps été négligée, autant par les politiciens que par la hiérarchie de l’armée", déplore à ce sujet la Neue Osnabrücker Zeitung, qui invite à s’armer de courage pour défendre la dignité humaine et la liberté. La Nürnberger Nachrichten, regrette pour sa part que les réformes annoncées par la ministre de la Défense n’aient pas été envisagées plus tôt. "Elles se font, maintenant, dans un contexte, où elle craint pour son poste", conclut le journal. 


 

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