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Vu d'Allemagne

Un grand quotidien allemand fait faillite

Les journaux consacrent une large place à un sujet qui les touche de près : la Frankfurter Rundschau, quotidien paraissant à Francfort depuis 1945, a annoncé hier son dépôt de bilan.

« Clémence pour la Grèce » titrait hier Frankfurter Rundschau. De la clémence, le quotidien n'en aura lui-même pas profité, souligne la Süddeutsche Zeitung. Après une longue lutte, la maison d'édition a finalement rendu les armes au tribunal de Francfort et si un miracle ne se produit pas, c'en sera terminé de la Frankfurter Rundschau.

Le bâtiment de la Frankfurter Rundschau, dans le centre de Francfort

Le bâtiment de la Frankfurter Rundschau, dans le centre de Francfort

Le journal de Munich parle déjà de sa consœur au passé, rendant hommage à un quotidien de centre-gauche solide, qui a longtemps occupé une place de choix dans le paysage médiatique allemand. S'il devait vraiment disparaître, conclut la Süddeutsche Zeitung, ce serait aussi le premier et dernier précepte du journalisme qui disparaîtrait avec lui : le fait qu'un journal est plus qu'une entreprise.

C'est une césure historique, explique die tageszeitung. C'est en effet la première fois dans l'histoire de la presse d'après-guerre qu'un grand quotidien met la clé sous la porte. Comme ailleurs dans le monde, la presse allemande subit une pression immense. Mais selon la taz, La Frankfurter Rundschau a signé son arrêt de mort en passant au format tabloïd en 2007. Par peur de disparaître, elle a sacrifié ses longs articles, débats et analyses de fonds au profit d'amuses-gueules journalistiques. La grande question qui se pose à tous les grands journaux est désormais : à l'heure de l'internet gratuit, les gens sont-ils encore prêts à payer pour un journalisme de qualité ?

Les salariés de la Frankfurter Rundschau promettent que l'histoire va continuer

Les salariés de la Frankfurter Rundschau promettent que l'histoire va continuer

Cette question, la Frankfurter Allgemeine Zeitung la pose aussi. Le sort incertain de la Rundschau devrait donner à réfléchir à une société habituée au tout gratuit du monde numérique sur la valeur qu'elle accorde à des journaux indépendants et à la variété des points de vue. Pour la FAZ, la gratuité n'existe pas. Ceux qui ne veulent pas dépenser d'argent pour un journalisme de qualité se livrent au commerce des moteurs de recherche avides de nos données personnelles. Et quand le dernier journal digne de ce nom aura disparu, il n'y aura plus que du blabla.

Que disent, enfin, les principaux concernés dans cette affaire ? Dans une tribune, les salariés de la Frankfurter Rundschau assurent qu'ils vont continuer à livrer chaque jour un journal de qualité, tout en se battant pour assurer sa survie. Ils en appellent à la fidélité de leurs lecteurs et concluent : « La Frankfurter Rundschau est le deuxième quotidien allemand à avoir obtenu une licence, le 1er août 1945, elle a vécu une histoire longue, fière et mouvementée. Nous ferons tout pour que cette histoire se poursuive ».

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