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Afro-presse (hebdomadaire)

Un coup d'éclat libérateur en Egypte

L'Afrique dans la presse allemande, c'est tout d'abord l'Egypte. Le président Morsi a créé la sensation en mettant à la retraite deux poids lourds de l'armée.

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Le maréchal Tantaoui - limogé et décoré par le président Morsi

Il s'agit du maréchal Hussein Tantaoui, qui était ministre de la défense depuis 20 ans, et du chef d'Etat major, le général Sami Ena. La décision soulève tout d'abord cette question dans l'hebdomadaire Die Zeit: Morsi est-il le nouvel homme fort de l'Egypte? Ce qui est sûr c'est qu'il renverse le rapport de forces, et annonce la fin de l'hégémonie militaire instituée en 1952 en Egypte par les officiers libres menés par Gamal Abdel Nasser. Morsi a été applaudi par les forces révolutionnaires en Egypte. Mais certains redoutent de le voir devenir un autocrate élu. Cela serait possible, poursuit le journal. D'ores et déjà des journalistes critiques à l'égard des Frères musulmans se plaignent de mises au pas et de tentatives de censure. Pour la Süddeutsche Zeitung la collision était prévisible entre d'un côté les Frères musulmans, de l'autre les militaires comme représentants de l'ancien régime et des protecteurs auto-proclamés des forces laïques. L'affrontement n'est pas terminé avec le limogeage de Tantaoui, mais va se prolonger pendant des années, souligne le journal. Les islamistes veulent un Etat civil - soit par principe soit comme un nécessaire marche-pied vers un Etat théocratique. Les militaires en revanche veulent ancrer dans la constitution les privilèges dont jouissent les forces armées comme "gardiennes de la nation." Mais la lutte de pouvoir entre des Frères musulmans aux convictions démocratiques douteuses et des officiers tout aussi peu démocratiques dépasse le cadre de la lutte entre deux géants égyptiens. Il faut absolument casser le pouvoir de l'armée si l'on veut que l'Egypte post-Moubarak évolue un jour ou l'autre vers un Etat démocratique et sans corruption.

Mohamed Morsi Präsident Ägypten Anhänger

Partisans de Mohamed Morsi

La Frankfurter Allgemeine Zeitung rappelle que pendant les premières semaines de sa présidence, Morsi passait pour un homme terne et sans charisme. En l'espace d'une semaine il a gagné en stature. Bien des choses dépendront maintenant de la façon dont il exploitera sa nouvelle marge de manoeuvre. Quant à la réaction des militaires, le journal ne croit pas à une tentative de putsch de leur part. Elle serait vouée à l'échec, Morsi pourrait mobiliser des milliers de partisans en quelques heures.

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Grévistes à la mine de Marikana

Massacre à Marikana

A l'autre bout du continent , les violences dans une mine de platine sud-africaine ont fait des dizaines de morts depuis la mi-août. Elles paralysent le troisième producteur mondial de platine, et la presse allemande s'inquiète de ce conflit. Comme l'écrit die tageszeitung, une querelle entre syndicats rivaux de mineurs menace la production de platine dans la mine de Marikana, qui appartient à la société Lonmin. 3 000 ouvriers ont entrepris une grève sauvage. La tension dans le secteur minier sud-africain est sensible, écrit le journal. Le prix du platine a chuté de 39%, parce que la demande européenne, notamment dans l'industrie automobile, a baissé. Cela engendre une très grande incertitude chez les mineurs qui doivent déjà se battre pour obtenir un revenu décent. C'est l'état d'urgence dans la mine de Marikana, écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il est à craindre que les troubles s'étendent à d'autres mines. En février dernier, rappelle le journal, une grève sauvage avait déjà paralysé une mine de la société Impala Platinum, le deuxième producteur au monde. L'Afrique du sud abrite 80% des réserves de platine du monde. La FAZ évoque elle aussi la baisse du cours du platine, une once de platine coûte 200 dollars de moins qu'une once d'or. Les coûts de production en revanche montent en flèche, en particulier les coûts de l'électricité.

Sambia Protest Bergleute

L'ambassadeur de Chine en Zambie rend visite à un Chinois blessé à la mine de Collum

La Chine vue d'un oeil méfiant

En Zambie aussi, les mineurs sont en colère. Tout récemment, dans une mine de charbon gérée par des Chinois, ils ont tué un contremaître. C'est l'occasion pour la presse allemande, d'évoquer la montée, en Afrique, de la résistance aux investisseurs et commerçants chinois. La Chine aime à se présenter comme l'amie de l'Afrique, lit-on dans la Berliner Zeitung, mais la présence d'un nombre croissant de Chinois sur le continent est regardée par la population africaine d'un oeil de plus en plus sceptique. Cela dégénère parfois en violence. Il y a huit ans, rappelle le journal, des troubles avaient éclaté dans une mine zambienne dirigée par une société chinoise. C'était après la mort de 49 ouvriers, tués dans un accident attribué à l'insuffisance des normes de sécurité. Au Zimbabwe on se plaint également du comportement des Chinois. La Berliner Zeitung prend un exemple contenu dans le quotidien britannique The Guardian : un charpentier de 28 ans raconte que les ouvriers recrutés pour la construction d'une nouvelle académie militaire étaient tout juste payés quatre dollars par jour, pour 14 heures de travail, et ils étaient régulièrement battus. Au Niger la mine d'uranium de la Somina, gérée par des Chinois, est surnommée "Guantanamo". Mais souligne le journal, les récriminations ne concernent pas seulement les mauvaises conditions de travail dans les sociétés chinoises. La présence grandissante de petits commerçants chinois, qui écrasent la concurrence africaine avec leurs produits bon marché, est de plus en plus critiquée.

Niger - Hirseballen im Dorf Tapkin Marke

Culture de mil au Niger

Des céréales hors de prix

Enfin la presse se fait aussi l'écho des craintes de nouvelles révoltes de la faim, comme celles de 2007 et 2008 dans de nombreux pay en développement, notamment africains. Les prix des céréales ne cessent de grimper. En cause la sécheresse aux Etats-Unis mais aussi en Ukraine, note la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais ce n'est pas tout. Selon la FAO les prix élevés des céréales seront désormais plus souvent la règle que l'exception. La pression démographique s'accentue et avec elle le besoin de denrées alimentaires. D'où la nécessité, selon les experts, d'accroître les surfaces cultivées. Or il n'en reste plus beaucoup à exploiter, celles qui sont encore disponibles se situent principalement en Afrique et en Amérique. Le potentiel africain de surfaces agricoles est de 200 millions d'hectares. A l'heure actuelle ce sont 1,5 milliard d'hectares qui sont cultivés dans le monde. Les espoirs reposent sur trois leviers, conclut le journal: que les techniques agricoles modernes réduisent la consommation de ressources tout en augmentant les rendements, que ces techniques permettent aussi aux petits paysans d'augmenter leur productivité et que les énormes pertes de récoltes dans les pays en développement puissent être atténuées par une amélioration des infrastructures.

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