1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages

Tandem

Un contrat fondateur pour l'Europe

18 ans seulement après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne et la France ont signé le Traité de l’Elysée. Ce fondement de la réconciliation entre les deux pays est un document extrêmement mince. Que contient-il ?

Le Traité d'amitié conclu entre la République fédérale d'Allemagne et la République française ne fait même pas six pages. Ce document sans fioritures, écrit dans une langue très formelle, a été signé le 22 janvier 1963 par le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle à Paris, au Palais de l'Elysée, la résidence officielle du chef de l'Etat français. Le Traité est entré en vigueur le 2 juillet 1963. Lors de sa ratification, le Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, a ajouté au Traité un préambule qui réaffirmait les liens entre l'Allemagne et son partenaire transatlantique, les Etats-Unis, ainsi que son attachement à la réunification des deux parties du pays. Ceci provoqua la colère du général de Gaulle: pour lui, ce préambule détruisait l'architecture du traité. Le président français voulait en effet se rapprocher de l'Allemagne pour se démarquer davantage de la politique des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.

Consultations étroites

De Gaulle et Adenauer acclamés par la foule à Bonn en 1962

De Gaulle et Adenauer acclamés par la foule à Bonn en 1962

D'après le Traité, les représentants des gouvernements allemand et français doivent se rencontrer et se consulter à intervalles réguliers. Toutes les décisions capitales en matière de sécurité et de défense doivent être prises de manière concertée. « Les deux gouvernements se consulteront, avant toute décision, sur toutes les questions importantes de politique étrangère », stipule l'article II du Traité. Ce qui vaut avant tout pour les questions liées à la Communauté Européenne, à l'OTAN et aux relations Est-Ouest. Adenauer et de Gaulle ont également souhaité que la politique culturelle et celle concernant la jeunesse soient menées en étroite coopération. Il s'agissait d'encourager les échanges et l'apprentissage des langues, ce qui a conduit à l'été 1993 à la création de l'Office Franco-Allemand pour la Jeunesse.

Le Traité ne donne pas de directives concrètes sur le contenu des discussions. Il ne fixe pas non plus d'objectifs politiques. Avec son nombre limité d'articles, le Traité n'est finalement que le plan de construction du moteur franco-allemand de l'Europe. Il est devenu plus concret au fur et à mesure des années.

Helmut Kohl (à g.) et François Mitterand ont complété le traité

Helmut Kohl (à g.) et François Mitterand ont complété le traité

En 1988, le chancelier allemand Helmut Kohl et le président français François Mitterrand ont mis en place un Conseil de sécurité et de défense, ainsi qu'un Conseil pour la politique économique et financière. Depuis 2011, les chefs d'Etat et de gouvernement se rencontrent également de manière informelle: il s'agit des rencontres de Blaesheim, du nom de la ville française dans laquelle s'est tenu le premier sommet de ce type.

50 ans après, le Traité de l‘Elysée sert toujours de cadre aux consultations franco-allemandes, même si, entre-temps, leur contenu a beaucoup changé. Dans les années 1990, il était question des conséquences de la réunification allemande et de l'élargissement de l'Union européenne, alors qu'aujourd'hui, ce sont les différences d'approches face à la crise financière et à la crise de l'euro qui sont au cœur des discussions.

La rédaction vous recommande

Liens