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Afrique

Un an après Marikana, les mineurs n'ont toujours rien

En Afrique du Sud, le 16 août 2012, la police avait tiré sur une foule de mineurs grévistes de Marikana qui réclamaient des augmentations. Bilan : 34 morts. Des milliers de personnes commémorent cette fusillade.

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La fusillade de Marikana avait fait 34 morts

Un groupe de mineurs entame des chants guerriers et frappent le sol de leurs bâtons. Des policiers les encerclent, tirent, des corps tombent sur l'herbe. La scène n'est que le dernier acte d'une pièce de théâtre préparée par les femmes de Marikana. Mais elle rappelle cruellement les événements qui se sont déroulés au même endroit il y a tout juste un an. 34 mineurs ont perdu la vie ce jour-là. Finalement, après cinq semaines de grève, leurs collègues s'étaient vu promettre une augmentation salariale. Ils l'attendent toujours. Leurs conditions de vie et celles de leurs familles n'ont pas évolué depuis le massacre, comme constate David, mineur depuis 30 ans :

« Nous, les mineurs, n'avons vu aucun changement. Juste des promesses. Je suis vraiment désolé pour ceux qui sont morts, car ils sont morts pour rien. »

Les mineurs avaient maintenu le siège durant 5 semaines

Les mineurs avaient maintenu le siège durant 5 semaines

Les attentes des mineurs, après la fin de l'apartheid, étaient grandes. Or, l'industrie minière en Afrique du Sud reste basée sur l'exploitation d'une main d'œuvre bon marché. Crispen Chinguno, sociologue, explique que la frustration des travailleurs alimente les grèves violentes et les conflits syndicaux :

« Leurs attentes n'ont pas été comblées. Et aujourd'hui, nous avons une situation où un nouveau syndicat essaie d'utiliser ça comme argument de recrutement. Il y a eu beaucoup de tensions, directement liées à cette insatisfaction des mineurs. Et celle-ci se manifeste sous forme de conflits entre deux syndicats : Amcu et Num. »

Dans leur bataille qui a pris des allures de guerre des gangs, une vingtaine de personnes ont été tuées en un an. Les mineurs, eux, espèrent toujours faire entendre leur voix. Mais Mike Schüssler, économiste basé à Johannesburg, prédit un futur difficile pour l'industrie minière sud-africaine :

« Il semble de plus en plus probable qu'il y aura des pertes d'emplois importantes dans le secteur minier. Avec les coûts de production qui augmentent, c'est sur la main d'œuvre que les compagnies peuvent réduire leurs dépenses. »

Aujourd'hui, des milliers de mineurs sont réunis à Marikana en mémoire de leurs camarades tombés sous les balles de la police. A l'heure actuelle personne n'a été inculpé pour le massacre.

Ecoutez ci-dessous la version audio du reportage.

Écouter l'audio 02:13

« Je suis désolé pour ceux qui sont morts, car ils sont morts pour rien. » David, mineur

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