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Allemagne

Trahison de secret d’Etat ou atteinte à la liberté de la presse ?

Commission d'enquête parlementaire au Bundestag

Commission d'enquête parlementaire au Bundestag

C’est à la demande du président de la Commission parlementaire du Bundestag, Siegfried Kauder, que les procureurs enquêtent sur ces apparentes 'fuites'. M. Kauder s’est plaint que sa Commission avait finalement moins à lire dans les dossiers estampillés « confidentiels » que dans la presse. Rien qu’à Berlin, les journalistes de cinq quotidiens et magazines font l'objet d'enquêtes judiciaires, dont des journaux connus et réputés tels que « Die Welt » ou la TAZ, le « Tagesspiegel «. A Hambourg, le célèbre magazine « der Spiegel » ou le très sérieux quotidien « die Zeit » sont également visés. Les journalistes sont soupçonnés d'avoir obtenu de manière illégale des documents internes de la Commission sur des dossiers classés « confidentiels ». Comme par exemple le dossier Khaled el-Masri, un Allemand d'origine libanaise. Soupconné - à tort- d’activités terroristes, il avait été enlevé en Macédoine par des agents présumés de la CIA,- l’Agence centrale de renseignement américaine-, puis détenu en 2004 sur une base américaine en Afghanistan. Ce n’est qu’au bout de cinq mois qu’il avait été libéré sans explication, ni excuses. Quoiqu’il en soit, les procédures judiciaires ont suscité une levée de boucliers dans la presse comme dans les rangs de l’opposition en Allemagne. C'est un "coup porté à la protection de l'information" "une atteinte complète à la liberté de la presse , a ainsi protesté Michael Konken, le président du Deutscher Journalisten Verband, la fédération allemande des journalistes. Les partis d’opposition - Libéraux -les Verts et "La Gauche" néo-communiste, ont également tous vivement critiqué les procédures d'enquête. Certains estiment que si les procédures engagées devaient aboutir à des sanctions, ce serait la fin de tout journalisme d'investigation. Il existe toutefois des précédents qui laissent espérer que la liberté de presse sera finalement respectée. Ainsi en février dernier, la Cour constitutionnelle allemande avait jugé "contraire à la liberté de la presse" une perquisition menée en septembre 2005 au siège de Cicero, magazine auquel on reprochait d'avoir dévoilé des documents issus d’un dossier de la police judiciaire fédérale sur une affaire terroriste. Dans son jugement, la Cour avait rappelé que la liberté de la presse était inscrite dans la Loi fondamentale, la Constitution allemande et que "des perquisitions et saisies dans une enquête sur des membres de la presse sont illégales si elles ont pour objectif unique ou principal de trouver l'identité d'un informateur."…

Et la DPA, l'agence allemande de presse cite le procureur Rüdiger Bagger qui a estimé :"Après le verdict dans l'affaire Cicero, de telles procédures judiciaires ne riment à rien!"