Tillerson rassure N′Djamena à propos de la ″liste noire″ | Afrique | DW | 12.03.2018
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Afrique

Tillerson rassure N'Djamena à propos de la "liste noire"

En visite au Tchad, le secrétaire d'État américain a laissé entendre que Washington pourrait revoir sa décision.

Rex Tillerson et Idriss Deby ont promis de renforcer la coopération entre le Tchad et les États-Unis

Rex Tillerson et Idriss Deby ont promis de renforcer la coopération entre le Tchad et les États-Unis

Les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme ont dominé les échanges entre le chef de l'État Idriss Deby Itno et l'émissaire américain. Rex Tillerson a souligné l'importance du Tchad dans la lutte contre le djihadisme. 

Il a aussi exprimé sa volonté de normaliser les relations avec N'Djamena, alors que deux affaires empoisonnent ces relations. Il s'agit de l'inscription du Tchad sur la liste des pays dont les ressortissants sont interdits de voyage aux États-Unis et de l'implication du président Deby dans une histoire de corruption aux États-Unis.

Pour le ministre des Affaires étrangères du Tchad, Cherif Mahamat Zen, le Tchad n'est pas partie prenante dans le dossier de corruption dans lequel le nom du président Deby a été cité.

Le décret migratoire américain, une "injustice pour le Tchad"

Au sujet du décret migratoire de Trump, Mahamat Zen Cherif déclare que c'est une décision injuste.

"Le président Idriss Deby Itno a bien dit que l'inscription du Tchad sur cette liste est une injustice faite au Tchad, surtout par rapport à son engagement et à son effort dans la lutte contre le terrorisme. Mais je dois préciser que l'inscription du Tchad sur cette liste n'a jamais entamé de quelque manière la coopération entre ces deux pays. Nos services de sécurité ont travaillé ensemble pendant longtemps et toutes les conditions sont réunies pour que le Tchad soit retiré dans un proche futur de cette liste."

Au cours de la conférence de presse, le secrétaire d'État américain est revenu sur l'interdiction de voyager aux Etats-Unis pour certains ressortissants tchadiens. "Les mesures qui ont été prises sont nécessaires en raison du conflit qui existe aux frontières du Tchad", a justifié Rex Tillerson.

Il a néanmoins ajouté que la visite effectuée par des représentants du département d'Etat américain au Tchad en décembre dernier en vue de "renforcer le contrôle sur les passeports" et le "partage d'informations" pourrait permettre de retirer le Tchad de la liste noire.

Pas de rencontre avec l'opposition tchadienne

L'opposition tchadienne, qui avait introduit une demande d'audience avec Rex Tillerson, n'a finalement pas été reçue. Pour le chef de l'opposition politique, Saleh Kebzabo, cette visite ne doit pas être exploitée à son avantage par le pouvoir tchadien.

"L'opposition tchadienne souhaite dire au gouvernement américain que le gouvernement tchadien n'est pas celui qui se présente comme un champion dans la lutte contre le terrorisme. Même ce dossier n'est pas clair parce que le Tchad a eu à tremper sa main dans des histoires de terrorisme auparavant, peut être même aujourd'hui. Le Tchad n'est pas un pays de droit et de liberté, c'est un pays anti-démocratique, un pays de dictature avec une paix armée. Et nous pensons qu'à l'avenir, on va certainement changer notre fusil d'épaule dans la façon de gérer toutes les relations avec ces pays."

A l'issue de cette visite, les deux pays pourraient étendre leur coopération à d'autres domaines, en accroissant notamment leurs échanges commerciaux, mais aussi en matière d'investissement dans le domaine de l'énergie.

Échec de la journée "villes mortes"

La journée organisée par la société civile pour protester contre les mesures antisociales du gouvernement n'a pas été suivie à N'Djamena. Les principaux marchés de la capitale tchadienne ont connu la même affluence que d'habitude, le quartier des banques et des affaires en centre-ville a fonctionné normalement tout comme la circulation routière. 

La grève du secteur public, qui dure depuis plusieurs semaines, continue en revanche: les écoles sont toujours fermées et les hôpitaux n'assurent qu'un service minimum. 

Avec agences