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Afrique

Témoigner en photos de la crise centrafricaine

William Daniels était en Centrafrique dès 2013, quand éclatait le conflit entre la Seleka et les anti-balaka. Il est allé photographier sur place, jusqu'en 2016. Il en a tiré un livre qui paraît ce mardi en France.

Écouter l'audio 02:05

"Faire un livre permet de garder un peu la Centrafrique à l'ordre du jour" (W. Daniels)

Un an après l'arrivée au pouvoir de Faustin-Archange Touadéra, la République centrafricaine peine à se remettre de ses blessures. Le reporter William Daniels, dès 2013, est allé à la rencontre des populations pour témoigner de leurs souffrances, pendant la guerre, dans les mines et autres secteurs encore contrôlés par les factions, mais aussi dans leur quotidien. Et durant ces trois années, sa manière de travailler a dû évoluer, en s'adaptant aux perceptions des populations locales. Il nous a fait part de ses souvenirs, lors d'une interview accordée à la Deutsche Welle. 

William Daniels: "Au début de la crise en 2013, le contact était assez bon. Je pense qu'on était assez bien accueilli, notamment par la communauté chrétienne qui souffrait des exactions de la Seleka à Bangui. On entendait souvent, merci de venir vous intéresser à nous, c'est important. Avec le temps, les choses ont un petit peu changé, je pense. Parce que les gens en Centrafrique souffrent beaucoup. Et je pense qu'une partie de la population a commencé à remettre un petit peu en cause notre travail et avec le temps il fallait plus s'expliquer, dire pourquoi on était là.

J'ai des souvenirs dans le camp de Mpoko, à l'aéroport, où je passais plus de temps à discuter avec les gens, pourquoi j'étais là et l'intérêt de ce que je faisais, qu'à faire des photos. Quand on expliquait, la plupart des gens me comprenait, et disait, "d'accord, c'est bien. Faites votre travail". Je racontais que mes images étaient publiées par Time. Que c'était un grand hebdomadaire aux Etats-Unis. Qu'il était lu par de gens importants, notamment des gens qui travaillaient aux Nations Unies. Et que ça pourrait avoir un véritable impact, que de publier ces images.

DW : Votre sentiment est que vos photos ont un véritable impact ? Est-ce que vous avez un exemple concret de remarques que vous font les gens ou peut-être de politique qui pourrait s'ensuivre grâce à vos photos ?

Les médias se lassent de la Centrafrique où la situation n'évolue que difficilement.

Donc faire un livre ou faire des expositions, ça permet de garder un peu la Centrafrique à l'ordre du jour. En 2014, avec Action contre la faim, on a collé une fresque qui faisait cent mètres de long sur les quais de Seine à Paris. C'était une autre manière de parler de la Centrafrique.

DW : Vous photographiez plutôt les crises. Est-ce que, par exemple en République centrafricaine, vous n'avez pas eu envie parfois de photographier des scènes de joie, des scènes d'espoir ?

C'est tout simplement un choix. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas photographier, qu'il ne faut pas montrer la joie. Le peuple centrafricain est au contraire assez joyeux. Et je trouve que d'ailleurs, il a une force de résistance assez incroyable. Parce que l'on peut se retrouver dans un camp de déplacés, et voir des gens qui rigolent, qui célèbrent un anniversaire ou quelque chose, ça c'est sûr. Dans ce livre, c'est le regard d'un photographe sur un pays qui souffre beaucoup. Donc effectivement, il n'y a pas énormément de scènes de joie dans ce livre."

Le livre de photos de William Daniels a été réalisé avec le soutien de Médecins sans frontières et d'Amnesty International.

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