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Europe

Souvenirs brûlants de la Guerre Froide : "les morts du Mur" de Berlin

13 août, 9 novembre. Deux jours de commémoration pour le peuple allemand. Deux "dates anniversaires": Celles de la construction, en 1961, puis de la chute du Mur de Berlin, en 1989. Et au-delà du souvenir, des souffrances cristallisées par ce "Mur de la Honte". A l'est de la capitale allemande, la Chapelle de la Réconciliation, elle, rend hommage presque chaque jour aux "morts du Mur" en lisant leur biographie. Quand la petite histoire rencontre la grande...

23 aout 1961: à l'est, des enfants regardent au-dessus du Mur de Berlin, fraîchement érigé.

23 aout 1961: à l'est, des enfants regardent au-dessus du Mur de Berlin, fraîchement érigé.

A l'emplacement d'une ancienne église détruite par le régime communiste, on veut se souvenir des victimes de la Guerre Froide. Presque chaque jour, à la Chapelle de la Réconciliation, on lit la biographie d'une personne morte sur la ligne de démarquation entre Berlin Est et Berlin Ouest.

Un reportage de Sophie Grénery.

Enceinte dépouillée, atmosphère recueillie, mais sans pathos. Dans la "Chapelle de la Réconciliation", le pasteur, Manfred Fischer, est en train de commémorer la mémoire de l'un des morts du Mur de Berlin, Hermann Döbler, décédé en 1965 sous les balles des gardes-frontières de Berlin Est, aux environs de la ligne de démarquation. Après avoir lu la biographie du défunt, Manfred Fischer dépose une petite bougie dans un carré de sable, au pied de l'autel.

Certains proches du défunt assistent à cette cérémonie sobre, ainsi que des fidèles et quelques touristes de passage.

Depuis deux ans maintenant, la Chapelle de la Réconciliation rend un hommage digne aux victimes du Mur, mais sans se limiter à une croix ou à une stèle. Manfred Fischer insiste sur le fait que la biographie de chaque défunt est lue, car tant que le nom de la personne est prononcé, il ne peut être enterré dans l'oubli. On veut se rappeler de l'histoire et du visage des disparus.

Chaque biographie est rédigée d'après les documents recueillis au centre de documentation de la Bernauer Strasse, à Berlin. Documents officiels (actes de décès, rapports des tribunaux ou de la Stasi), et témoignages des proches de la victime permettent de réécrire la vie du défunt.

Mais cette réécriture d'une petite histoire en marge de l'Histoire de la Guerre Froide donne lieu à une vérité subjective et douloureuse. Les biographies tendent en effet à faire passer ces victimes du Mur pour des héros. Mais ces hommages restent des récits parfois subjectifs, voire incomplets. C'est ce que reprochent parfois les familles des victimes elles-mêmes à ce rituel.

Or, le pasteur tient à garder cette forme d'hommage biographique identique pour tous, pour pouvoir parler de destins brisés, très différents les uns des autres.

Le Livre des Morts du Mur, dans la chapelle, contient 50 biographies de personnes décédées entre la zone frontalière entre Berlin Est ou Ouest. Une centaine d'autres biographies sont encore en cours de rédaction.

Des différends historiques dans les pays Baltes (Antoine Jacob)

En Lettonie et en Estonie, passés sans transition du joug nazi au joug soviétique, les cérémonies visant à commémorer la seconde Guerre Mondiale suscitent de vives tensions. L'interprétation de l'Histoire est bien différente qu'on se place du côté des populations baltes sous tutelle communiste pendant 50 ans, ou des minorités russophones représentant 29% de la population.

Au coeur de la polémique: "Le soldat de bronze", une statue de deux mètres de haut, située à Tallin qui représente un jeune homme au visage recueilli... mais aussi deux visions de l'Histoire.

Pour les Estoniens de souche, la statue érigée en 1947 par les communistes est le symbole de l'occupation soviétique dans leur pays, tandis que pour les communautés russophones, elle rend hommage aux soldats de l'Armée Rouge morts pour avoir chasser l'occupant nazi.

Tous les 9 mai, date choisie par Moscou pour célébrer la fin de la seconde Guerre Mondiale, d'anciens combattants de l'Armée Rouge viennent déposer des gerbes de fleurs devant cette statue controversée, et cette année, alcool aidant, la cérémonie a tourné en rassemblement de nostalgiques de l'époque soviétique.

Excédé, le gouvernement, en avril dernier, a fait transférer le monument vers un cimetière militaire, ce qui n'est pas du goût de Moscou...

En Lettonie, tous les 16 mars, de vieux messieurs en civil défilent à Riga pour commémorer la bataille contre l'Armée Rouge. Il s'agit en fait de vétérans de la légion lettonne, une unité des Waffen SS dans lesquels ils s'étaient engagés pour se libérer de la tutelle soviétique.

Jusqu'à cette année, des députés lettons assistaient à cette marche, mais le gouvernement a préféré prendre ses distances. Pourtant, pour beaucoup de Lettons, ces vieux messieurs sont des héros.

Quand cinq actrices francaises perdent pour mieux guider...

Envie de découvrir Paris autrement qu'en bus Imperial ou que le nez collé à un guide touristique?

La société Soundwalk propose désormais des audioguides à télécharger sur son baladeur MP3. L'idée est de se laisser guider par cinq actrices francaises dans les quartiers parisiens qu'elle préfèrent. En route pour le Marais avec Isilde le Besco, ou encore avec Lou Doillon vers Pigalle.

Balades subjectives, visites intimistes de lieux cachés, précieux, secrets, en marge des hauts lieux touristiques. Ce ne sont pas des visites guidées traditionnelles, mais une immersion totale dans un quartier, dans une atmosphère, une histoire racontée.

Et une visite en temps réelle, synchronisée, calquée sur les pas du touriste-promeneur, qui donne à la balade un petit goût d'aventure...

  • Date 05.07.2007
  • Auteur Hélène Rançon
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  • Date 05.07.2007
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