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Afrique

"Soulèvement général" et "carnage" au Gabon

La tension ne retombe pas, à Libreville, après l'annonce par la Commission électorale de la victoire du président sortant A. Bongo. Un conseiller de J. Ping évoque "un carnage", un observateur parle d'un "soulèvement".

Écouter l'audio 01:13

"Ils ont déjà arrêté tous les leaders (...) La situation est catastrophique"(Judes Bertrand Mecam)

Dans la continuité des événements de la nuit, la journée de jeudi a été agitée, à Libreville. Le ministre gabonais de l'Intérieur a fait état de l'arrestation de 600 à 800 personnes dans la capitale, qui n'est pas la seule concernée par les troubles, puisque 200 à 300 arrestations sont signalées dans le reste du pays, a précisé Pacome Moubelet Boubey. La nuit passée, la Garde républicaine a chargé le bâtiment abritant le quartier général de campagne de Jean Ping, à la recherche de "criminels" responsables de l'incendie, hier dans l'après-midi, du siège de l'Assemblée nationale à Libreville. Selon le porte-parole du gouvernement Alain Claude Bilie-by-Nze, des personnes armées se sont repliées dans le QG en même temps que des centaines de pilleurs et de casseurs.

Une accusation démentie par Jean Ping. Judes Bertrand Mecam était lui cette nuit et ce matin au quartier général du candidat malheureux. Il témoigne:

"La garde présidentielle est arrivée ici à 1h du matin. Jusqu'à 5h du matin, ils ont pilonné l'immeuble, ils ont tué des gens, ils ont fait le sale boulot. Ils sont partis à 5h du matin. Et maintenant c'est la police qui est là, qui est en train de casser l'immeuble. Ils ont déjà arrêté tous les leaders. Nous on est dans la cabine de la presse. Dans quelques secondes, ils vont sûrement nous prendre. La situation est catastrophique. Ils ont tout cassé. Ils ont détruit plus de 300 voitures. Ils ont tué les gens, blessé les gens. Ils ont cassé tout le matériel, tout ce qu'on avait ici au quartier général de campagne."

Gabun Libreville Brand im Parlament

Il n'aura fallu de fait que quelques minutes après la proclamation des résultats pour que les quartiers populaires de la capitale s'embrasent. En fin de journée, c'était l'Assemblée nationale qui était en flammes.

Un carnage

Jean Ping a évoqué un premier bilan de l'assaut parlant de deux morts et plusieurs blessés. L'un de ses conseillers, François Obiang, parle lui d'un "carnage". Depuis le nord du pays où il est allé voter, il est resté toute la nuit en contact avec ses confrères. "Il y a eu un carnage. C'est du jamais vu. On parle de deux morts, il y en a plus", raconte-t-il.

Un témoignage qui se rapproche de celui de Marc Ona, coordonateur du collectif Tournons la page, selon qui "des leaders, comme Chantal Myboto sont pris en otage dans ce bâtiment, par les forces de police, par les mercenaires de Bongo". Lui aussi en est convaincu, il y a "plus de deux morts", notamment parce que l'accès du bâtiment aurait été bloqué, empêchant la Croix-Rouge de porter secours aux blessés. Quant à Libreville, c'est une "ville fantôme", raconte Marc Ona.

Dans les quartiers périphériques, les manifestations auraient repris. Le soulèvement est général, affirme le coordonateur de Tournons la page. Vous pouvez l'écouter, ainsi que François Obiang, en cliquant sur le lien ci-dessous. Selon notre correspondant à Libreville, les militaires bloquent les issues qui mènent au QG de Jean Ping. Par ailleurs, aucun taxi ne circule.

Mercredi après-midi déjà, des violences entre opposants et forces de l'ordre ont suivi la proclamation des résultats de la présidentielle par la Commission électorale. La CENAP a annoncé la réélection d'Ali Bongo avec 49,80% des voix et 48,23% pour son rival.

La France appelle à la retenue

Jean Ping a réclamé une assistance internationale pour protéger la population. La France, ancienne puissance coloniale, demande l'arrêt au plus vite des affrontements. Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a déclaré que les événements de la nuit à Libreville suscitaient sa "plus vive préoccupation". Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, a de son côté exhorté "tous les dirigeants politiques concernés et leurs partisans à s'abstenir de tout autre acte susceptible de porter atteinte à la paix et à la stabilité du pays".

Mais pour Christopher Fomunyoh, le chef de la délégation du National Democratic Institute, c'est aux Gabonais de prendre les choses en main: "Le peuple gabonais est assez mature, les acteurs politiques actuels sont des personnalités qui ont exercé de hautes fonctions, que ce soit au niveau étatique ou même au niveau continental, donc je me dis que quelque part les Gabonais devraient voir juste ce qui est dans l’intérêt de la Nation, dans l’intérêt du renforcement de la paix et de la démocratie dans le pays, sans forcement se référer à une ancienne puissance coloniale, dont les intérêts peuvent être divergents de ceux du peuple gabonais". Écoutez-le en cliquant sur le lien ci-dessous.

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