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Afro-presse (hebdomadaire)

Somalie: une légère embellie

La Somalie revient au premier plan de l'actualité africaine dans la presse allemande. L'occasion en est fournie par la conférence internationale sur la Somalie qui s'est tenue à Londres.

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Conférence de Londres

David Cameron, le premier ministre britannique voulait faire de cette conférence un "tournant pour aider le peuple somalien à reconquérir son pays", mais la réunion de Londres n'aura duré que quelques heures et les problèmes de la Somalie restent entiers. Cela n'est pas fait pour surprendre la presse allemande qui n'attendait rien de concret de cette enième conférence sur la Somalie. La Frankfurter Allgemeine Zeitung relève malgré tout un point positif: la communauté internationale est unanime à reconnaître le bon travail de l'AMISOM, la force de paix de l'Union africaine en Somalie. Mais cette force a besoin de plus de soldats pour pouvoir étendre son théâtre d'opération à des régions situées en dehors de Mogadiscio. Raison pour laquelle le conseil de sécurité de l'ONU, note le journal, a décidé que ses effectifs passeraient de 12 000 à 17 000 hommes. Cela ne signifie pas forcément que d'autres soldats seront envoyés en Somalie. Il est plus probable que les troupes kenyanes présentes dans le sud de la Somalie depuis le mois d'octobre seront intégrées dans l'AMISOM. L'Union européenne, poursuit le journal, est le principal bailleur de fonds de l'AMISOM avec 300 millions d'euros par an. Mais l'UE ne veut continuer à débourser de l'argent que si les succès militaires contre les shebab s'accompagnent de succès politiques. Or le bilan du gouvernement de transition en place depuis 2004 est quasiment nul, souligne le journal. Il n'a pas même réussi à mettre en place des structures étatiques à Mogadiscio. Un milliard de dollars ont été investis ces quatre dernières années dans des programmes de soutien au gouvernement de transition. A la question de savoir ce qu'il est advenu de cet argent, la réponse se résume souvent à un silence gêné.

Al-Schabaab-Miliz in Somalia

Miliciens shebab en Somalie

Pour die tageszeitung le fait que le gouvernement de transition n'ait aucune emprise sur le sud de la Somalie explique pourquoi les pirates somaliens continuent d'agir en toute liberté et pourquoi les islamistes radicaux des milices shebab se présentent comme le fer de lance du djihadisme international. Dans un autre article le même journal relève que les pirates somaliens entraînent des bouleversements géopolitiques dans l'océan indien. En décembre de l'année dernière le gouvernement des Seychelles a invité la Chine à construire une base militaire sur l'archipel. Cette nouvelle base devra entre autres protéger les principales voies d'approvisionnement par lesquelles la Chine importe des matières premières d'Afrique.

East African Community EAC Eriya Kategaya Ostafrikanische Gemeinschaft

Lancement de la Communauté est-africaine en juillet 2010 par le vice premier ministre ougandais Eriya Kategaya

L'Afrique et la crise de l'euro

L'intégration régionale en Afrique est aussi un sujet qui retient l'attention de la presse allemande. La Communauté est-africaine en particulier inspire une longue analyse. Cette communauté qui a vu le jour en 2010 regroupe la Tanzanie, le Kenya, l'Ouganda, le Burundi et le Rwanda. Ce marché commun est-africain, lit-on dans Die Welt, s'inspire de la communauté monétaire européenne. Il passe pour l'une des alliances les plus abouties sur le continent. Les cinq Etats membres se sont dotés d'un slogan ambitieux: "Un peuple, un destin". Mais le libre échange au sein de cet espace économique commun bute déjà sur le fait que les accords sont loin d'être tous intégrés dans les législations nationales. L'agenda officiel de la communauté, poursuit Die Welt, prévoit l'introduction dès cette année d'une monnaie commune. Mais le shilling est-africain - comme devrait s'appeler cette nouvelle monnaie - est d'autant plus lointain que la crise de l'euro a un effet dissuasif. Il y a quelques semaines, relate le journal, une délégation de 22 représentants de la Communauté est-africaine a effectué un voyage d'étude en Europe. Un rapport de 22 pages, sur les enseignements puisés en Europe, a été ensuite publié. Et il semble que le premier de ces enseignements se résume en ces termes: "pas touche à une union monétaire."

Libyen Frauen Proteste

Manifestation de femmes libyennes, novembre 2011

Vers une victoire des religieux en Libye

Dans le nord de l'Afrique la Libye continue d'attirer les regards de la presse allemande. Une presse qui s'inquiète notamment de la montée de l'islamisme radical. Comme en Tunisie et en Egypte, écrit la Süddeutsche Zeitung, les islamistes libyens bénéficient aujourd'hui d'une liberté qu'ils n'ont jamais connue. Et certains l'exploitent pour terroriser leurs coreligionnaires. Ils menacent des commerçants qui vendent de l'alcool, occupent des mosquées, qualifient d'hérétique le mysticisme tolérant des soufis qui autorise le chant, la danse et l'adoration des saints. En juin, note plus loin le journal, les Libyens doivent élire une assemblée constituante. Pour beaucoup d'observateurs, la victoire des religieux ne fait pas de doute. Reste à savoir, des religieux de quelle tendance? En Tunisie et en Egypte la chute des dictateurs a soulevé des questions fondamentales: les religieux réussiront-ils à concilier progrès et foi, démocratie et religion? En Libye de pieux seigneurs de guerre comme Cheikh Nasser ou Abdel Hakim Belhadj introduisent un élément supplémentaire dans le jeu: ce sont les armes, souligne la Süddeutsche Zeitung.

Muslimbrüderschaft in Ägypten Parlament Januar 2012

Frères musulmans au parlement égyptien, janvier 2012

Des peuples libres de leur choix

Un autre journal juge utile de rappeler que l'évolution en Tunisie, en Egypte et en Libye n'a pas pour finalité première de satisfaire les souhaits des occidentaux.Des occidentaux qui aspirent à un orient calqué sur le modèle européen, souligne la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Or il n'en sera rien. On n'a toujours pas compris que l'islam comme religion, mais plus encore comme culture, ne veut plus être vu comme un objet de formatages occidentaux mais qu'il défend sa spécificité. Le grand orientaliste Johann Jakob Reiske l'avait déjà compris au 18ème siècle en plaidant pour une reconnaissance de la culture islamique comme l'égale de la culture européenne. L'Afrique du nord et le monde arabe traversent ni plus ni moins un processus qui est en train de faire chuter le despotisme oriental sous toutes ses facettes. Ce despotisme a existé depuis les grands empires mésopotamiens et l'empire des pharaons en Egypte. Même si le monde moderne se traduit partout par une accélération de l'Histoire, cette "transformation du monde" prendra des décennies. La rébellion dans le monde arabe n'a échoué qu'aux yeux de ceux qui en attendaient trop, trop vite, estime le journal.

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Fréjus Quenum

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