1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages

Europe

Solariums : un accès libre dangereux

Les solariums sont particulièrement prisés des Allemands. Mais devant l'augmentation inquiétante du nombre de cancers de la peau sur des sujets de plus en plus jeunes, des voix s'élèvent en Allemagne pour interdire l'accès des solariums aux enfants et aux adolescents. Patrice Cuvier est allé sonder le terrain.

Les UV, une menace pour les jeunes

Les UV, une menace pour les jeunes

Le cri d’alarme a été lancé par le Président de l’Office fédéral de protection contre les rayonnements. Wolfram König veut faire interdire les solariums aux enfants et aux adolescents pour prévenir les risques de cancers de la peau qui apparaissent de plus en plus tôt. Chaque année, 140 000 nouveaux cas sont diagnostiqués en Allemagne. Peter Boisten est dermatologue à Cologne. Il exerce depuis une trentaine d’années. Lui aussi constate que de plus en plus de jeunes sont atteints de cancers cutanés. Il est favorable à une interdiction des solariums pour les adolescents :

"Les solariums représentent un grave danger. Le bronzage ainsi obtenu ne protège pas du tout des dommages provoqués par les ultraviolets. Plus on a été exposé durant son enfance au soleil ou aux UV dans les solariums, plus les risques de cancers de la peau augmentent. Il faudrait que les parents en prennent vraiment

conscience ."

Etre bronzé toute l’année, c’est encore pour beaucoup synonyme de réussite sociale et de performance. En Allemagne, la soif de soleil est un véritable phénomène de société. On compte pas moins de 70 000 bancs solaires et quelque 6000 solariums dans tout le pays. 12 millions d’Allemands fréquentent régulièrement les installations de bronzage artificiel, dont deux fois plus de femmes que d’hommes. Surtout des adolescentes.

En Allemagne, aucune loi n’interdit l’accès des solariums aux mineurs. Un texte est bien en préparation, mais on en discute depuis deux ans et il a peu de chance d’être présenté prochainement au Bundestag. L’office de protection contre les rayonnements a mis au point en 2002 une norme visant à limiter l’intensité des UV dans les solariums. Mais seuls 153 établissements sur les 6000 répertoriés en Allemagne ont demandé à être certifiés conformes aux nouvelles normes. Pour Jürgen Bock, Président de la Fédération allemande des fabricants de solariums, il faut interdire aux jeunes l’accès à ces établissements :

"Je suis tout à fait d’accord avec cette proposition de l’office de protection contre les rayonnements. Car les professionnels qui obtiennent le label de qualité sont eux-mêmes convaincus de la nécessité de ne pas accueillir de mineurs dans les installations de bronzage."

Les risques sanitaires liés à l’exposition aux ultraviolets sur les bancs solaires sont bel et bien connus. Pourtant, malgré les campagnes d’information et de prévention, trop de gens encore restent insouciants constate le dermatologue Peter Boisten :

" Beaucoup de patients se soumettent volontiers aux dépistages des cancers de la peau. Mais certains viennent consulter trop tard. Et beaucoup s’exposent encore au soleil ou fréquentent les solariums de manière totalement irresponsable. Comme s’ils refusaient de prendre conscience du danger."

Depuis fin juillet, l’Union européenne oblige les fabricants de solariums à diminuer de moitié l’intensité des UV sur tous les nouveaux modèles. Reste le problème du libre accès aux adolescents qui, lui, n’est toujours pas résolu.

  • Le danger des UV vu de Bruxelles

A Bruxelles, une des initiatives de l’Union européenne pour lutter contre le fléau des UV, vise justement à harmoniser l’étiquetage des crèmes solaires. Il se trouve qu’entre l’indice de protection indiqué sur l’emballage et la réalité, il y a finalement un grand fossé...

  • A écouter aussi dans notre émission:

Le droit du travail français est souvent méconnu, notamment des travailleurs étrangers. Le cas des vendangeurs saisonniers polonais est symptomatique. Pour lutter contre les abus réguliers de la part des employeurs, deux syndicats, français et polonais, ont monté une permanence téléphonique pour répondre aux questions de ces victimes saisonnières.