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Afrique

Sassou Nguesso, le pouvoir personnalisé

Le référendum constitutionnel de dimanche a été approuvé à plus de 92% par les électeurs du Congo-Brazzaville. Le président peut se représenter en 2016, malgré ses 71 ans dont plus de trente cumulés au pouvoir.

C'est en 1979 que Denis Sassou Nguesso devient pour la première fois président de la République du Congo. Onze ans auparavant, l'ex-enseignant devenu militaire avait contribué au renversement du président Alphonse Massamba-Débat et fondé le Parti congolais du Travail, le PCT, d'obédience marxiste-léniniste.

Le président "dominant"

Dès le début, Denis Sassou Nguesso se pose en homme fort du pays. Une attitude qu'il a conservée depuis 31 ans, selon Paul Melly du think-tank britannique Chattam House:

Les soldats angolais ont prêté main forte à Denis Sassou Nguesso pour reprendre le pouvoir en 1997

Les soldats angolais ont prêté main forte à Denis Sassou Nguesso pour reprendre le pouvoir en 1997

"Sassou Nguesso a été dominant dès le moment où il est arrivé au pouvoir, pendant toute la décennie. Et puis il y a eu un vent de démocratie et une contestation massive au Congo-Brazzaville. Cela a conduit Sassou Nguesso à accepter des changements politiques et l'instauration d'un système multipartite. Mais à peine cinq ans plus tard, en 1997, une guerre civile a éclaté et Monsieur Sassou Nguesso est revenu au pouvoir par les armes, assisté des troupes angolaises. Depuis cette époque, il y a 18 ans maintenant, il est toujours resté dominant."

C'est la contestation née de la chute du Mur de Berlin qui a fait vaciller, un temps, le régime de Denis Sassou Nguesso. En 1991, il est en effet contraint d'organiser une conférence nationale qui conduit à l'élection un an plus tard du président Pascal Lissouba. C'est celui-ci que Denis Sassou Nguesso renverse en 1997 avant de se faire élire avec près de 90% des suffrages en 2002.

Un "vernis démocratique"

La même année, il fait adopter une constitution taillée sur mesure qui donne au pays un "vernis démocratique", selon Bonaventure Mbaya, président du parti d'opposition "Convergence citoyenne":

"Il n'y a jamais eu de véritable démocratie ni d'élections libres et transparentes. Les candidats ont toujours été choisis préalablement au cours de marchandages. Donc c'est Monsieur Sassou Nguesso qui toujours dit le nombre de députés que devront avoir les partis d'opposition et les partis se répartissent le nombre qui leur a été attribué. Il s'agit donc simplement de donner à la communauté internationale l'image d'un pays où se déroule une démocratie normale alors que tout est régenté par le parti au pouvoir et par Monsieur Sassou Nguesso lui-même."

La réforme de la constitution,

approuvée dimanche par référendum

malgré la contestation de l'opposition et de la société civile, ouvre la voie au maintien de Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville. Mais l'opposition n'a pas dit son dernier mot: la plateforme FROCAD a jugé les résultats de la consultation "nuls et de nul effet" et réclame

le "retrait du projet purement et simplement"

.

Le Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique appelle par ailleurs à la libération des militants arrêtés, à la levée de l'assignation à résidence de certains leaders et à la tenue rapide d'un dialogue inclusif. D'ici là, la plateforme de l'opposition appelle à la "désobéissance civile".

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