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Dossier

Saleh, soldat kadhafiste prisonnier des rebelles

Les rebelles libyens tentent de donner une bonne image d'eux-mêmes à la communauté internationale. Ils accueillent les journalistes, leurs fournissent des traducteurs et leur font même rencontrer des prisonniers.

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Un groupe de rebelles libyens sur le front ouest

Les larmes qui coulent semblent être celles d'un homme sincère. Un homme de 40 ans, Saleh, père de deux enfants. Il regrette, assure-t-il, d'avoir combattu auprès des forces de Kadhafi :

« Ils m'ont forcé à combattre. Au début des soulèvements, j'ai fui vers Tripoli... Mais quand l'armée m'a retrouvé, ils m'ont forcé à venir sur le front. »

Saleh était soldat pour l'armée régulière libyenne. Aujourd'hui, il est dans un lit d'hôpital, aux mains des rebelles. Blessé au combat dans les montagnes de Nafusah, il a été fait prisonnier. Interrogé, il a répondu, comme beaucoup d'autres, qu'il ne jouait qu'un rôle mineur dans cette guerre : récupérer des munitions, gérer les télécommunications... Une façon d'assurer qu'il n'a pas tiré sur des rebelles.

Tripolis Gaddafi Libyen Luftangriff NATO

Lorsqu'ils sont capturés, les soldats de l'armée libyenne tentent souvent de minimiser leur rôle dans les combats

Des gardes pour protéger les prisonniers

A-t-il peur aujourd'hui d'être aux mains de l'ennemi ? « Non, au contraire, je suis bien traité. Ils m'ont amené à l'hôpital. J'ai tout ce qu'il me faut... un bon traitement médical. »

Cette interview a été réalisée sous le contrôle d'un responsable militaire du Conseil national de transition. Il nous assure que les prisonniers sont traités comme l'impose la convention de Genève. A l'hôpital, des gardes sont postés à l'entrée de leur chambre pour les protéger des rebelles. A ce moment de la discussion, notre traducteur intervient :

« Si j'étais sur le front, et qu'un des mes amis était touché devant moi par un homme de Kadhafi, j'aurais envie de le venger. On ne sait pas ce qui se passe dans la tête de tous les combattants ici. Vous pouvez en trouver, des jeunes, excités, et ne pas pouvoir les contrôler. Donc il vaut mieux mettre des gardes pour protéger les prisonniers. »

Saleh, après enquête, sera soit rendu à sa famille, soit envoyé en prison. Ou bien échangé avec un prisonnier rebelle. Mais il pleure à l'idée de retourner de l'autre côté.

Ecoutez ci-dessous la version audio de ce reportage de Thibaut Cavaillès, dans les montagnes de Nafusah, dans l'Ouest de la Libye.

Edition : Jean-Michel Bos

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