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Forum des cultures

Rithy Panh, ou comment dire le Mal

Rescapé des Khmers rouges, Rithy Panh a consacré l’essentiel de son cinéma au génocide cambodgien. Pour la première fois, il raconte son histoire personnelle. Un grand témoignage.

En presque quatre ans, de 1975 à 1979, le régime communiste des Khmers rouges a 1,7 millions de victimes. Un quart de la population cambodgienne est morte de faim, d’épuisement dans les rizières ou a été tout simplement exécutée. Le cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh a survécu au régime de Pol Pot mais il a perdu presque toute sa famille. Son œuvre cinématographique constitue le véritable mémorial du génocide cambodgien. Parmi ses films majeurs : « S 21, la machine de mort khmère » où il interrogeait les tortionnaires de ce centre d’extermination de Phnom Penh.

Pendant longtemps, Rithy Panh avait espéré ne pas avoir à parler de ce qu’il avait enduré sous les Khmers rouges. Il pensait que ses films suffiraient – jusqu’à ce qu’ il rencontre Duch.

La couverture de la version allemande d'Elimination (Auslöschung)

La couverture de la version allemande d'"Elimination" ("Auslöschung")

Duch, c’est l’ancien directeur de S21, un centre de torture et d’extermination à Phnom Penh. Un homme responsable de la mort d’au moins 12 000 personnes, condamné en 2012 par la justice internationale à la prison à perpétuité. Pendant son procès, Rithy Panh a passé 300 heures à l’interviewer et le filmer. De ces entretiens, le cinéaste a d’abord réalisé un documentaire, « Duch, le maître des forges de l’enfer » puis un livre : « L’élimination », qui vient d’être traduit en allemand.

Dans son récit, Rithy Panh entremêle cette confrontation avec Duch et les séquences de souvenirs. Il a 13 ans quand les khmers rouges prennent Phnom Penh. Comme tous les citadins, la famille de Rithy Panh est condamnée à la rééducation par l’épuisement dans les rizières. Le cinéaste voit son père se laisser mourir parce qu’il refuse de manger ce qu’on donne aux cochons. Il voit ses nièces et neveux mourir de faim. Bientôt, c’est le tour de sa mère et ses deux sœurs.

Comment dire l’horreur et comment vivre après une telle tragédie? Des questions communes à tous les peuples victimes d’un génocide. Le témoignage de Rithy Panh rappelle bien sûr ceux des survivants de l’holocauste pendant la Seconde Guerre Mondiale – tel celui de Primo Levi « Si c’est un homme ».

Ecoutez ci-dessous la rencontre de Guylaine Tappaz avec Rithy Panh.

Écouter l'audio 12:32

Forum des cultures avec Rithy Panh

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