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Vu d'Allemagne

Relations germano-américaines: hypocrites?

L’affaire qui défraie la chronique ce matin, c’est l’histoire de ce citoyen allemand d’origine libanaise, Khaled Al Masri, enlevé par erreur par la CIA fin 2003, détenu et torturé pendant cinq mois dans l’une prison secrète en Afghanistan. L’affaire, passée à l’époque sous silence à la demande de Washington, vient d’être révélée par le Washington Post. Hier, Condoleezza Rice a reconnu que le gouvernement américain avait commis une « erreur » et Angela Merkel a demandé l’ouverture d’une enquête, mais aujourd’hui, la presse allemande s’interroge sur les conséquences du silence de l’ancien gouvernement allemand.

Khaled Al-Masri, enlevé par erreur par la CIA, témoigne aujourd'hui de ses cinq mois de détention secrète.

Khaled Al-Masri, enlevé par erreur par la CIA, témoigne aujourd'hui de ses cinq mois de détention secrète.

Prudence, recommande le quotidien économique Handelsblatt : étant donné que le travail des services secrets est confidentiel, on ne sait pas encore vraiment ce qui s’est passé. Il est probable que les membres de l’ancien gouvernement en aient su plus sur cette affaire que ce qu’ils laissent entendre publiquement. Mais on devrait éviter de se laisser envahir par l’indignation, aussi justifiée soit-elle, estime le quotidien. A l’instar de ses collègues de la presse écrite, le Handelsblatt relève l’hypocrisie du discours allemand. La répartition des rôles dans le combat contre le terrorisme est toujours la même depuis le 11 septembre 2001. Les Allemands laissent le sale travail aux Américains et gardent pour eux le beau rôle. Comme en Afghanistan, où les Allemands construisent des ponts pendant que les Américains font la chasse aux talibans.

Hypocrisie également pour Die Welt : tout Etat de droit a déjà, en cas de menace, abrogé ses lois pour protéger le droit. C’est la logique de l’état d’urgence, le pouvoir détermine le droit. L’affaire Al-Masri confronte l’occident avec ses propres idéaux. Peut-on avoir recours à la torture face à un ennemi qui met en jeu la vie de citoyens innocents et ne respecte aucune loi ? Et surtout, qui est responsable d’une décision motivée non par le droit, mais par la politique ?

Les responsables, la Süddeutsche Zeitung les désigne sur sa caricature du jour : Condoleezza Rice à la descente de l’avion, trois hommes lui succèdent en dissimulant leurs visages, mais leurs noms sont inscrits sur leurs longs imperméables d’agents secrets : Otto Schily, ancien ministre de l’intérieur, Frank Walter Steinmeier, à l’époque chef de cabinet du chancelier Schröder, et Joschka Fischer, ancien ministre des Affaires étrangères. La légende titre : « collaborateurs officieux ».

Il est vrai que dans le domaine de la politique étrangère, tout ne peut pas être traité en public, reconnaît la Tageszeitung. Mais cela ne vaut pas en cas de violation du droit, et ce n’est pas une discussion, aussi sérieuse soit-elle, qui peut la rendre légale. Aux Etats-Unis, les critiques se font de plus en plus fortes envers les violations des droits de l’homme par le gouvernement. Ici, on confond diplomatie et sournoiserie. En acceptant cela, l’opinion publique se rend tout aussi coupable de torture, violence et tyrannie. Et la taz de conclure : personne ne pourra dire après coup que l’on ne pouvait pas savoir : les journaux en parlent. Depuis longtemps.

  • Date 07.12.2005
  • Auteur Anne Le Touzé
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