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Afro-presse (hebdomadaire)

RDC : « Une victoire, pas la paix »

Après la déroute des rebelles du M23, la République démocratique du Congo continue d'alimenter l'essentiel des articles sur l'Afrique dans la presse allemande.

Un char (T55 ex-soviétique) de l'armée congolaise avançant vers des positions du M23, fin octobre 2013

Un char (T55 ex-soviétique) de l'armée congolaise avançant vers des positions du M23, fin octobre 2013

"La fin d'une armée rebelle" - "La victoire" ce sont deux exemples de titres relevés dans les journaux. Cette victoire, s'accordent à penser les commentateurs, aura été rendue possible par la conjugaison de deux facteurs: la restructuration de l'armée congolaise et le soutien apporté par la brigade d'intervention rapide créée au sein de la Monusco, la mission de l'ONU au Congo. Parler d'une victoire historique n'est pas exagéré, estime la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, les forces armées congolaises ont réussi à vaincre un groupe rebelle. Deux conséquences en découleront: d'une part le gouvernement ne sera pas obligé - du moins jusqu'à la prochaine guerre - de conclure un "accord de paix" en échange de privilèges et de postes lucratifs offerts aux rebelles. D'autre part la fermeté affichée face au M23 sera sans doute une leçon pour d'autres groupes qui croient qu'une rebellion au Congo est aussi peu dangereuse que rentable.

Soldats congolais près de Bunagana, 1er novembre 2013

Soldats congolais près de Bunagana, 1er novembre 2013

Parmi les raisons de la capitulation du M23 les journaux, comme Die Welt notamment, ne manquent pas non plus d'évoquer l'arrêt du soutien rwandais à la rébellion. La pression diplomatique sur Kagame était immense, écrit Die Welt. L'offensive des derniers jours a été apparemment accompagnée de plusieurs coups de téléphone du secrétaire d'Etat américain John Kerry. De fait tout laisse à penser que le Rwanda a brusquement mis fin à son aide logistique. A présent, souligne le journal, le gouvernement congolais doit combattre les FDLR - les rebelles hutus rwandais présents dans l'est de la RDC - avec la même intensité. Et pour que le succès actuel se transforme en chance à long terme pour la région il faudra, selon die Welt, que la minorité tutsie du Congo obtienne une représentation politique institutionalisée.

Bertrand Bisimwa, chef politique du M23, en avril 2013

Bertrand Bisimwa, chef politique du M23, en avril 2013

Les journaux sont donc encore très prudents. A leurs yeux la victoire de l'armée congolaise est loin d'être synonyme de paix. C'est d'ailleurs le titre de l'éditorial de la Süddeutsche Zeitung: "Une victoire, pas la paix". Ils ont coupé une tête à l'hydre, la plus grosse et la plus dangereuse, écrit le journal. A présent l'Etat congolais doit combler les espaces libérés, les combler avec des structures qui offrent un chez-soi à la population martyrisée de la région. Les Nations unies ne peuvent en fournir que le cadre. Et l'armée congolaise, ce regroupement d'anciens rebelles, doit devenir une véritable armée nationale dont les membres ont de bonnes raisons d'être loyaux envers leurs commandants et de renoncer aux pillages. Cela commence par le versement d'une solde qui permette de vivre dignement. Si l'Etat n'agit pas, prévient le journal, l'hydre ne cessera de produire de nouvelles têtes. Elle trouvera suffisamment à manger dans l'est du Congo.

Un soldat congolais en faction près de Bunagana, 1er novembre 2013

Un soldat congolais en faction près de Bunagana, 1er novembre 2013

Une solution militaire n'en est pas une, titre de son côté die tageszeitung. La rébellion du M23 était le symptôme d'un problème plus profond, pas sa cause. Après des décennies de guerre et d'expulsions dans l'est du Congo plus personne là-bas ne confie volontairement sa sécurité et son avenir à des étrangers. Chaque communauté locale et groupe ethnique préfère assurer lui-même sa protection. La victoire sur le M23 n'est pas de nature à briser ce mode de pensée. Il importe aujourd'hui, souligne le journal, de parvenir à un accord de paix qui ne réduise pas les problèmes de la région à la puissance des canons de fusil.

Manifestation à Maputo contre le spectre d'une nouvelle guerre

Manifestation à Maputo contre le spectre d'une nouvelle guerre

Paix en danger au Mozambique

Au Mozambique la situation s'était apaisée depuis la fin de la guerre civile il y a plus de 20 ans. Mais la paix semble à présent compromise. Des partisans de la Renamo, l'ancien rébellion, ont pris les armes, des affrontements ont lieu entre la Renamo et l'armée gouvernementale. Le sujet est évoqué dans la presse allemande. Depuis début octobre, note le quotidien Neues Deutschland, partisans de la Renamo et troupes gouvernementales se font face dans le centre du Mozambique, le fief de la Renamo. Le président Guebuza a accusé la RENAMO d'avoir commencé les combats. Ces affrontements, poursuit le journal, se déroulent sur fond de marginalisation politique grandissante de la RENAMO. Depuis 1992 elle n'a cessé de perdre des élections. Elle risque à présent d'être refoulée à la troisième place par un nouveau parti d'opposition, le MDM, dont est déjà issu le maire de Beira, la deuxième ville du pays. Pour la RENAMO, la perte de poids politique se fait aussi sentir en termes économiques, poursuit le journal. Car beaucoup d'argent afflue dans le pays avec les investissements effectués dans les gisements de gaz et de charbon. Beaucoup de responsables du FRELIMO au pouvoir en profitent. La Renamo et ses partisans s'en voient exclus et demandent un minimum de représentation politique, y compris après les élections municipales prévues le 20 novembre 2013.

Des pro-Morsi manifestent lors de l'ouverture du procès.

Des pro-Morsi manifestent lors de l'ouverture du procès.

Procès-test en Egypte

On termine par l'Egypte. Le procès du président déchu Mohamed Morsi pour incitation au meurtre s'est ouvert lundi dernier. Il a duré à peine une heure et a été ajourné au 8 janvier. Aux yeux de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, ce procès est un test pour les dirigeants égyptiens regroupés autour du chef de l'armée Abdel Fattah al-Sisi. Veulent-ils un simulacre de procès ou une procédure digne d'un Etat de droit ?Quelle que soit l'opinion que l'on puisse avoir de Mohamed Morsi, il a droit à un procès équitable en bonne et due forme. Si cela ne devait pas être le cas, alors la crédibilité des nouveaux dirigeants diminuerait encore un peu plus. Mais souligne la Süddeutsche Zeitung, pour la légitimité du nouveau régime il faudra plus qu'un procès équitable, dont le verdict est déjà décidé. Il faut des juges impartiaux et des élections libres.

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