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Europe

Réussir loin de chez soi

Elles sont de plus en plus nombreuses à fonder leur propre entreprise. Plus de 40 000 aujourd’hui, rien qu’en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Elles, ce sont les femmes issues de l’immigration, venues en Allemagne à un âge plus ou moins avancé, qui hésitent de moins en moins à se lancer dans des professions indépendantes et que l’on trouve dans les secteurs les plus variés.

Etre une femme étrangère chef d'entreprise demande beaucoup d'énergie

Etre une femme étrangère chef d'entreprise demande "beaucoup d'énergie"

Diana Mouzales-Napp est Ghanéene, elle vit en Allemagne depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui, elle dirige à Gelsenkirchen, dans le bassin de la Ruhr, un bureau de traduction et d’interprétation spécialisé dans les langues africaines. Ga, Yoruba, Wolof, pas moins de 450 traducteurs travaillent pour elle dans des centaines de langues. En arrivant en Allemagne, Diana, qui parle plusieurs langues africaines, a travaillé elle-même pour des bureaux de traduction. Jusqu’au jour où elle a décidé de se mettre à son compte. Mais pas facile de se lancer dans pareille aventure. Diana :

"Oui, car quand on va voir les services administratifs, il faut parler allemand. Au début on ne sait pas très bien s’exprimer et cela rend nerveux bien sûr. Mais il faut foncer et accepter d’être corrigé. Pour moi c’était comme ça quand j’ai commencé, en 2000. Mais j’ai rencontré des gens patients, qui m’ont écouté et dit ce que je devais faire."

Diana est une battante et une optimiste à toute épreuve. Pour elle, homme ou femme, peu importe, pour arriver à quelque chose il faut écraser les obstacles et compter sur la chance :

"Ici j’ai essayé de participer à différents séminaires et j’ai toujours posé des tas de questions. Et je suis aussi allée voir les services de la ville. Et puis, par bonheur, j’ai rencontré au cours d’un séminaire une conseillère qui a su répondre à mes questions. "

La Camerounaise Christine Evina a elle aussi franchi le pas. Arrivée en Allemagne il y a 15 ans, elle y fait sa scolarité, puis des études universitaires qui lui donnent le titre d’ingénieur. Il y a 5 mois, elle décide de créer sa propre entreprise de conseil en gestion où elle est aujourd’hui secondée par une stagiaire. Les obstacles à surmonter lorsqu’on est femme et noire, Christine ne les oublie pas :

" Quand je vais quelque part, les gens ne me voient pas en tant que ce que je suis, c'est-à-dire ingénieure diplomée, cadre, mais on me voit plutôt comme la Noire, donc on est plus ou moins diminuées. Je dois tout le temps faire mes preuves, et c'est très pénible."

Christine qui estime qu’elle cumule tous les obstacles propres à décourager un futur chef d’entreprise...

"D'abord je suis une femme, je suis une mère seule et je suis noire. On appelle ça le chaos."

Ainsi, l’aide que Diana a eu la chance de trouver au cours de ses séminaires de création d’entreprise, Christine l’a cherchée en vain.

"En tant qu'étranger on est limité, et en plus en tant que femme c'est plus dur. On ne trouve pas les conseils adaptés à nos besoins. Moi, je n'ai peut être plus tant besoin, mais toutes les autres entrepreneurs femmes africaines et étrangères, j'aimerais qu'elles aient plus de conseils."

Conseils pratiques mais aussi psychologiques, notamment face à l’arrogance de certains banquiers :

"Est-ce qu'il y des financements pour nous, comment est-ce que je dois parler à une banque pour qu'elle m'accorde ne serait-ce qu'un regard... ça je n'ai ps trouvé parce que nous étrangères, on a plus de problèmes encore que les autres pour obtenir des crédits."

Et même si l’effort doit être soutenu une fois l’entreprise créée, la réussite est un allié de taille pour continuer :

"Etre indépendant, ce n’est pas tout. Il faut aimer ce qu’on fait et y dépenser beaucoup d’énergie. Si je dois intervenir en pleine nuit pour un petit interrogatoire par exemple, je ne dis pas : « Ecoutez, non, je suis chef de la boite depuis 9 ans, je ne viens pas ». Il est clair que je viens. Mais être indépendante, c’est un plus pour moi, cela m’a donné de l’assurance..."

Christine Evina:

"Par ma firme j'ai gagné en assurance, je me sens plus libre, plus forte et je sais que je peux faire des choses, surtout pour des étrangers comme moi. Et ça c'est très rassurant."

Christine conseille en priorité des firmes étrangères. Diana a trouvé elle aussi un créneau porteur. Comme beaucoup d’autres femmes issues de l’immigration, elles sont devenues chefs d’entreprise grâce à une idée et énormément d’énergie.

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