Référendum au forceps au Burundi | Afrique | DW | 16.02.2018
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Afrique

Référendum au forceps au Burundi

L'opposition dénonce l'enrôlement forcé d'électeurs et des manœuvres d'intimidation, en amont du référendum constitutionnel du mois de mai.

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"Utiliser la force pour obliger les gens à aller se faire enregistrer, c’est illégal"

Dans plusieurs régions du pays, les électeurs non encore enregistrés sont soumis à une pression croissante opérée par les militants du parti au pouvoir pour s'inscrire sur les listes en vue du référendum constitutionnel qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester au pouvoir jusqu'en 2034.  

Dans certains endroits, des barrages ont été installés, tenus par des jeunes gens qui obligent les passagers à brandir leurs récépissés d'enrôlement avant de pouvoir continuer leur route.

Tentatives d'intimidation

De nombreux témoignages vont dans le même sens mais, contactées, les victimes refusent de témoigner devant un micro par crainte de représailles.

L'opposition dénonce des manœuvres "inadmissibles".

"On ne peut pas user de la force pour contraindre les gens à aller se faire enrôler, accuse Aloys Baricako, membre du Rassemblement national pour le changement, dont certains militants sont poursuivis par les autorités. Il y a des fonctionnaires qui redoutent que n'ayant pas enregistré suffisamment de gens dans leur localité, ils puissent être accusés de n'avoir pas suffisamment sensibilisé la population. Je crois qu'ils ont peur et pensent que les gens ne vont pas se faire enregistrer."

Pour d'autres opposants, se faire enregistrer est un droit civique. Chacun peut décider de l'exercer ou non. Gilbert Bécaud Njangwa, le président de l'Observatoire national des élections et des organisations pour le progrès (ONELOP), estime que c'est avant tout l'ignorance qui explique ce qui se passe sur terrain.

"Nous constatons que c'est un problème de manque de professionnalisme. Ce sont des gens qui ne sont pas formés, qui ne savent pas comment organiser les élections. Donc une erreur peut se glisser. On n'a pas encore dégagé les irrégularités au niveau national pour connaître la marge d'erreurs, pour savoir si l'enrôlement est crédible ou non."

90% d'électeurs enregistrés

Le comportement et les taux d'enregistrement varient selon les provinces, affirme Pierre Claver Ndayicariye, le président de la Commission électorale nationale indépendante. Celui-ci dit se réjouir que plus de 90% des votants se soient fait enregistrer avant la fin de l'enrôlement qui a lieu ce samedi.

"Le total est exactement de 4.105.481 inscrits à la veille de la clôture de l'enrôlement. Nous affirmons que nous avons un pourcentage intéressant de 92,2% des électeurs."

Le ministère de l'Intérieur appelle les électeurs encore réticents à aller se faire enregistrer. La police dit avoir reçu des ordres stricts pour faire face à tous agissements susceptibles de nuire au processus électoral en cours.

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