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Afrique

Qui sont les responsables de Marikana?

La Commission d'enquête sur Marikana, mise en place il y a deux ans, doit s'achever le 30 septembre. Elle porte sur le massacre de 34 mineurs par la police sud-africaine en août 2012 lors d'une grève.

34 mineurs ont été massacrés par la police

34 mineurs ont été massacrés par la police

La Commission doit déterminer les responsabilités de Lonmin, la compagnie minière qui exploite la mine, de la police, des syndicats et du gouvernement sud-africain. Plusieurs figures importantes du gouvernement ont été mises en cause, et le vice-président de l'ANC, Cyril Ramaphosa, doit être entendu d'ici la fin du mois. Notre correspondante à Johannesburg, Patricia Huon, a rencontré Rehad Desai, directeur de la Campagne de Solidarité avec Marikana, et réalisateur d'un documentaire « Miners shot down », qui retrace les événements qui ont mené au drame. Pour lui, les responsabilités de la police et du gouvernement sont évidentes:

« Il y a des preuves concluantes que l'État, avec les forces de police, et l'aide de ministres du gouvernement, s'est associé, a conspiré avec une compagnie multinationale pour briser cette grève. L'État, avec Lonmin, a planifié cette attaque, c'était prémédité, et il y avait une intention délibérée de prendre des vies. Ce n'était pas nécessaire d'en arriver là. Mais c'est ce qui se passe lorsqu'une société privée fait pression sur l'État, et que celui-ci est prêt à défendre ses intérêts financiers. »

Les barbelés qui entourent la mine de Lonmin

Les barbelés qui entourent la mine de Lonmin

Rehad Desai se montre particulièrement critique envers le vice-président de l'ANC, Cyril Ramaphosa, qui doit témoigner devant la Commission d'enquête d'ici la fin du mois. En cause, des échanges de courriels entre celui-ci, la direction de Lonmin, une compagnie dans laquelle il a des intérêts, mais aussi le ministre de la Police:

« Si nous n'avions pas eu accès à cet échange de courriels, nous aurions pu penser : c'est juste un investisseur. Mais maintenant, nous savons comment il voulait que les choses soient résolues. Il a demandé à nos forces de police de répondre avec des mesures drastiques. Mais lorsqu'il s'agit de forces de police qui ont notoirement la gachette facile, et d'un politicien haut placé, on s'attendrait à ce que celui-ci réponde de manière beaucoup plus responsable. Et le fait que Cyril Ramaphosa, quatre mois après le drame, ait été élu à la vice-présidence de l'ANC, est absolument incroyable. »

Rehad Desai demande maintenant que justice soit faite pour les victimes et leurs familles:

« Le président de la Commission va présenter des recommandations qui établiront la responsabilité de la police. Est-ce que cela remontera jusqu'aux politiciens ? C'est une autre question. C'est difficile, pour une commission qui a été mise en place par le président, d'établir quel rôle le gouvernement a joué. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il n'y aura pas de justice s'il n'y a pas de poursuites contre la police. »

Des poursuites pour lesquelles les représentants de la Campagne de soutien à Marikana sont déterminés à faire pression lorsque la Commission aura rendu son rapport final.

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