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Afro-presse (hebdomadaire)

Qui a ordonné le massacre de Bogoro ?

La République démocratique du Congo refait parler d'elle dans les journaux. Cette fois-ci, ce n'est pas la rébellion du M23 au Nord-Kivu qui retient l'attention, mais un jugement rendu par la CPI.

Mathieu Ngudjolo Chui avant l'énoncé du verdict

Mathieu Ngudjolo Chui avant l'énoncé du verdict

Mathieu Ngudjolo, un ancien chef de guerre, a été acquitté de tous les crimes qui lui étaient reprochés. Les juges ont estimé ne pas disposer de preuves suffisantes. Ngudjolo avait été accusé, entre autres, d'avoir ordonné un massacre dans un village de l'Ituri, en 2003. La liste des chefs d'inculpation était relativement longue, rappelle la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Elle comportait notamment le recrutement forcé d'enfants soldats, l'assassinat, le pillage, le viol, et le massacre perpétré dans le village de Bogoro.

Ngudjolo aurait donné l'ordre d'exterminer Bogoro, à l'époque il était supposé diriger une milice appelée Front nationaliste et intégrationniste. L'Ituri, note le journal, était alors le théâtre d'une guerre sanglante entre deux groupes ethniques, les Hema et les Lendu. La milice de Ngudjolo était lendu et soupçonnait la présence à Bogoro d'un camp de l'Union des patriotes congolais, une milice hema, commandée par Thomas Lubanga. Lubanga, rappelle le journal, a été condamné en juin dernier à 14 ans de prison pour recrutement d'enfants soldats.

Kongo 2003 Rebellen UPC

Membres de la milice hema UPC en 2003

À première vue, commente de son côté die tageszeitung, l'acquittement de Mathieu Ngudjolo est scandaleux. Comment se peut-il que la cour estime ne pas avoir la preuve de la responsabilité d'un chef de milice congolaise dans l'un des pires massacres commis par sa milice ? Mais souligne plus loin le journal, dans le doute la présomption d'innocence doit l'emporter. Il est correct que les juges appliquent également ce principe à des chefs de guerre.

Ce jugement aura pourtant des conséquences. Précisément parce que le principal chef hema, Thomas Lubanga, a été condamné, alors que le Lendu Ngudjolo a été acquitté. Les Hema ne le comprendront pas et la peur va se répandre chez les survivants du massacre de Bogoro. Qui leur ôtera cette peur ? Cela ne ressort pas de la compétence de la CPI.

Eindrücke aus Bamako und Mopti

Forces de libération du Nord à l'entraînement

Mopti dans l'attente

Le Mali, autre pays qui domine l'actualité africaine depuis quelques mois, reste aussi présent dans la presse allemande. Notamment sous la forme d'un long reportage que die tageszeitung consacre à la ville de Mopti, la dernière grande ville avant la ligne de démarcation qui sépare le sud du nord du Mali contrôlé par les islamistes.

Mopti, lit-on dans ce reportage, est un lieu de rassemblement pour de nombreux réfugiés du Nord. Les uns attendent, les autres veulent combattre. Exemple cette jeune fille de 20 ans, Aïssatou Amadou, originaire de Gao. Avec 50 autres jeunes, elle s'entraîne pour la reconquête du Nord. Elle apprend à marcher au pas, sans chaussures militaires, mais en tongs.

Aïssatou fait partie des FLN, les Forces de libération du Nord. Ce regroupement de plusieurs milices compterait un millier de combattants. Leur instructeur, Moussa Traoré, assure que l'armée les soutient de toutes ses forces et fournit par exemple des armes et des munitions pour l'entraînement. Mais l'exercice se réduit le plus souvent à marcher au pas et à entretenir la motivation, lit-on dans ce reportage.

Dans les colonnes de la Berliner Zeitung, Dirk Niebel, le ministre allemand de la Coopération, s'exprime sur le Mali. Après la Somalie, souligne le ministre, nous n'avons pas le droit d'abandonner un autre État à des extrêmistes islamistes. Un nouveau chef de gouvernement est en fonction à Bamako ; il a promis de viser la reconquête du nord et d'organiser des élections. Je ne vois donc aucune raison, ajoute Dirk Niebel, de modifier nos plans concernant notre appui au Mali (NDLR : ces plans comportent l'envoi d'instructeurs militaires européens auprès de l'armée malienne).

Jacob Zuma Präsident Südafrika

Jacob Zuma au congrès de l'ANC

Zuma super-star

Les journaux, bien sûr, se font aussi l'écho de la réélection de Jacob Zuma à la tête de l'ANC en Afrique du Sud. À 70 ans, il a été reconduit à la présidence du parti par une écrasante majorité de délégués réunis en congrès à Mangaung. Et après sa réélection, écrit Die Welt, Zuma a fait ce que les délégués attendaient de lui : il a chanté, dansé, joué sur la corde du sentiment collectif de l'ANC, qui n'a jamais été seulement un parti politique.

Pendant la lutte contre l'apartheid, il a organisé la vie culturelle dans les townships et il fait aujourd'hui encore partie de l'identité de nombreux Sud-Africains noirs, malgré ses défaillances en politique et ses innombrables scandales. Les avertissements émanant de chefs d'entreprises sud-africains n'ont eu pratiquement aucun écho au congrès de Mangaung, poursuit Die Welt. Les milieux économiques estiment pourtant, que l'Afrique du Sud risque de connaître un destin semblable à celui de la Grèce si le gouvernement continue d'autoriser les débats sur une nationalisation des mines.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung s'intéresse à ce qu'elle appelle le retour en politique le plus étonnant des dix dernières années : celui de l'ancien leader syndicaliste Cyril Ramaphosa, aujourd'hui l'un des entrepreneurs les plus performants du pays, un millionnaire, qui siège au conseil d'administration de la compagnie minière Lonmin, et qui a été élu à la vice-présidence de l'ANC. Cela sera une aide pour Zuma qui a de toute urgence besoin de compétences économiques à ses côtés. Mais que veut Ramaphosa ? s'interroge le journal. Il n'est pas fait pour le rôle de second. C'est un chef né.

Ägypten Kairo Proteste gegen Mursi

Manifestation au Caire contre le président Morsi

Mikado en Égypte

Enfin, la seconde phase du référendum sur la nouvelle Constitution égyptienne inspire des réflexions sur la situation en Égypte. Une Égypte moribonde, à en juger par un éditorial de la Süddeutsche Zeitung. Tout laisse à penser, écrit le journal, que l'État égyptien, et avec lui la culture politique de l'une des plus vieilles civilisations au monde, est à l'agonie.

Depuis la révolution de janvier 2011 et la chute du dictateur Hosni Moubarak les conflits se déroulent dans la rue. Les institutions étatiques sont démontées. La violence devient quotidienne dans les manifestations. Les cocktails molotov remplacent les slogans, les armes à feu les mégaphones. Parallèlement, l'appareil d'État feint de continuer à fonctionner. Un président et un parlement sont élus, une Constitution est adoptée, on mène une politique étrangère. Bref, l'Égypte vit un semblant de normalité.

L'armée semble être la seule institution plus ou moins intacte. Elle prétend être du côté du peuple, tout en protégeant l'État et en restant neutre. La politique égyptienne, souligne le journal, ressemble à une partie de mikado. Dans la confusion actuelle, celui qui tire la bonne baguette du tas est gagnant, celui qui tire la mauvaise est perdant.

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