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Vu d'Allemagne

Quelle marge de manœuvre face à Erdoğan?

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan célèbre le triomphe de la démocratie, à travers l'échec du putsch du vendredi 15 juillet. La presse allemande s'inquiète plutôt de la fin de l'état de droit.

"Un cadeau du ciel", c’est ainsi que Recep Tayyip Erdoğan a salué l'échec des putschistes – une qualification "douteuse", au regard du nombre de morts, 300 selon le dernier bilan, relève la Süddeutsche Zeitung, pour qui l’expression permet toutefois de révéler ce que le président turc a tout de suite compris: cette atteinte à son pouvoir n’a fait que le renforcer. "Face aux putschistes désorganisés, l'exécutif turc semble avoir une stratégie bien définie", renchérit die tageszeitung, la taz sous le titre: "Le putsch après le putsch". "Il est très probable que le 15 juillet s’avérera être le jour de la disparition définitive de la Turquie séculaire", écrit la taz. Un discours pessimiste repris par un autre quotidien berlinois, die Welt, pour qui "tous les ingrédients sont réunis pour que naisse un régime totalitaire":

Türkei Aufständischer Soldaten werden vor Gericht in Mugla gebracht

Les partisans du Parti AKP sont descendus en masse dans la rue, à l'appel du Président turc

"Le contrôle de la justice et des médias, la criminalisation de l’opposition, les liens indissociables entre l’État et l’économie et une foule de partisans fanatiques, prêts à recourir à la violence".

La communauté internationale, les mains liées?

"L’OTAN a besoin du soutien turc, précieux par sa position centrale au croisement des continents. L’UE ne peut plus se passer de la Turquie pour la régulation des migrations", explique la taz, qui se désole que "l’Occident [se soit], encore une fois; rendu dépendant d’un dictateur. Quelle honte", conclut le quotidien.

USA Pennsylvania Fethullah Gülen Interview Putsch Türkei

Fethüllah Gülen vit en Exil aux Etats-Unis depuis 1999

Mais d'autres journaux pensent que l'Allemagne et ses alliés ont encore des cartes en main: la Süddeutsche Zeitung de Munich; par exemple, qui appelle les dirigeants allemands à dresser clairement la liste des intérêts turcs à coopérer avec l’Occident. "Les investissements, le boom dans le bâtiment, la jeunesse turque qui fréquente les universités européennes et peut-être un jour la possibilité de voyager sans visas" - des intérêts bien concrets, rappelle la Süddeutsche, face "aux principes peut-être trop abstraits de l’État de droit ou de la liberté d’expression".

Et la Frankfurter Allgemeine Zeitung, de Francfort, d'ajouter que "la Turquie devra accepter que l’Occident ne la suivra pas dans sa croisade contre Fethüllah Gülen et sa confrérie musulmane - Gülen est accusé d’avoir fomenté le putsch depuis son exil américain:

Türkei Verhaftungen nach Putschversuch

7 543 personnes ont été arrêtées depuis samedi 16 juillet, dont 6000 militaires

tant que les Turcs ne présenteront pas de preuves irréfutables de sa culpabilité, celui-ci pourra continuer de construire ses écoles et autres centres d’apprentissages, y compris en Allemagne", écrit le journaliste, s'appuyant sur les déclarations fermes des autorités américaines.

Le putsch, malgré tout illégitime

Les chroniqueurs allemands sont unanimes pour saluer l'échec du putsch. "Indépendamment de sa manière gouverner, Recep Tayyip Erdogan est un président démocratiquement élu", rappelle entre autres die Welt.

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