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Afrique

Quelle forme de l'Etat pour le Cameroun ?

Les revendications indépendantistes des anglophones continuent d’ébranler le Cameroun. Pour sortir de cette crise, de plus en plus de voix préconisent le retour au fédéralisme, comme au début des années 60.

Écouter l'audio 07:26

"Si on passait à une consultation populaire, l'écrasante majorité des Camerounais opterait pour le fédéralisme." (Xavier Messe)

L’accord instituant le fédéralisme a été signé lors de la conférence de Foumban, ville de l'ouest du Cameroun, du 17 au 21 juillet 1961, soit un peu plus d’un an après l’indépendance de ce pays. Résultat : deux entités formant la République fédérale du Cameroun sont nées le 1er octobre 1961. La partie sous tutelle britannique s'est alors rattachée au Nigeria. L’autre partie, le Southern Cameroun, a rejoint l’ex-Cameroun francophone.
 

Le tournant de 1972

L’expérience n’aura durée qu’onze ans puisqu’en 1972, un référendum a mis fin à cette forme d’Etat. D'après l’analyste politique Xavier Messe, "si on passait à une consultation populaire, l'écrasante majorité des Camerounais opterait pour une gestion rapprochée des citoyens, c'est-à-dire le fédéralisme, à défaut d’avoir une décentralisation osée. Le système de gouvernance au Cameroun fait que tout est centralisé au niveau du chef de l’Etat qui détient le dernier mot. Il prend son temps et très souvent, en prenant son temps, il risque d'être rattrapé par le temps", estime Xavier Messe.

Selon une enquête sur la gouvernance au Cameroun, menée par Denis & Lenora Foretia Foundation, une majorité de Camerounais se disent frustrées par la méthode de gouvernance du président Paul Biya en poste depuis 1982. C’est pourquoi, 50% d’entre eux, préconisent le retour au fédéralisme, seule système qui permettra au pays de retrouver sa prospérité d’antan.

 

Yaoundé rétif au féderalisme

Le président Paul Biya est peu loquace en ce qui concerne la crise anglophone.

Le président Paul Biya est peu loquace en ce qui concerne la crise anglophone.

Selon Issa Tchioroma Bakary, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, la forme actuelle de l’Etat, la décentralisation, tire sa légitimité de la loi fondamentale du pays : "Parcourez toute notre constitution, vous verrez que nulle part la possibilité du fédéralisme existe", assure-t-il. "En pour revenir à celle-ci, le chef de l'Etat ne dispose pas de décret. Aucune loi ne saurait se placer au dessus de la Constitution, qui encadre aussi la forme de l'Etat"


"Le gouvernement de Yaoundé craint que les autres régions du Cameroun expriment elles aussi leurs velléités sécessionnistes c’est pourquoi il est rétif au Fédéralisme", confie une source proche du dossier. Il estime que "le malaise gagne toute la société camerounaise."

Ajoutons que dans la structure actuelle, le Cameroun compte dix régions dont deux majoritairement anglophones, le Nord-Ouest avec pour capitale Bamenda et le Sud-Ouest, dont Buea est la capitale. Les anglophones représentent environ 20% des 22 millions d'habitants. Et les programmes de la télévision d'Etat, la CRTV, la Cameroon Radio-Télévision sont bilingues et, Ni John Fru Ndi, un anglophone, dirige le principal parti de l'opposition, le SDF, le Social Democratic Front. Si président de la République, Paul Biya est un francophone, le Premier ministre, Philemon Yang, est issu des régions anglophones du pays.

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