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Europe

Quel modèle d'intégration en Allemagne?

En Allemagne, une personne sur cinq est issue de l’immigration. Ce qui représente environ 15 millions d’habitants, dont la moitié possède la nationalité allemande. La communauté turque est de loin la plus importante, mais son intégration reste inachevée. Dans ce contexte, le débat se focalise sur la réforme de la loi sur l’immigration qui durcit notamment les conditions d’obtention de la nationalité allemande.

L'intégration des Turcs en Allemagne est encore difficile

L'intégration des Turcs en Allemagne est encore difficile

Après avoir renoncé au droit du sang il y a huit ans, l’Allemagne prend le risque de donner de nouveau aux étrangers le sentiment qu’ils ne sont pas les bienvenus.

Mayflower Floristik est un joli magasin de fleurs dans une galerie commerciale de Cologne. Ici, la patronne est une femme, elle s’appelle Hilal Terzi, elle a 36 ans et elle est d’origine étrangère mais avec un passeport allemand puisqu’elle est née en Allemagne. Hilal Terzi est ce qu’on appelle un bon exemple d’intégration : femme, d’origine turque et chef d’entreprise. Mais elle explique que les a priori n’ont pas disparu en ce qui la concerne.

« Quand je vais aux Halles pour acheter mes fleurs, je remarque bien qu’il y a des gens que mon succès rend envieux. Parce que je suis entre guillemets une étrangère et parce que j’ai réussi à créer ma propre entreprise. Bien sûr, on ne m’a jamais dit en face que pour une Turque, j’avais plutôt bien réussi. Ca non... Mais on peut lire la jalousie dans certains regards. »

Car les mentalités mettent longtemps à changer dans un pays où, avant la réforme de 1999, les étrangers, même nés en Allemagne, ne pouvaient pas obtenir la nationalité allemande, car c’était le droit du sang qui prévalait. Aujourd’hui, un nouveau durcissement de la loi sur l’immigration fait redouter un recul de l’intégration. Le gouvernement a fait voter début juillet une réforme qui met l’accent sur la maîtrise de la langue allemande. Désormais, le droit au regroupement familial est conditionné à une connaissance suffisante de l’allemand.

« La conséquence est que les immigrés vont se sentir encore plus exclus » : Ali Ertan Tobrak est le Président de la communauté musulmane Alévite en Allemagne qui compte 800 000 personnes. Les Alévites sont d’origine turque et il s’agit d’une communauté bien intégrée puisque les deux tiers ont la nationalité allemande et trois des cinq députés allemands d’origine turque sont des Alévites. Malgré cela, Ali Ertan Tobrak est très critique sur la dernière réforme :

« L’Allemagne doit réaliser qu’elle ne parviendra à mieux intégrer les étrangers que si ceux-ci peuvent s’identifier avec ce pays. Et ça n’est possible que si on leur donne le sentiment qu’ils font partie de ce pays. Mais si on rend les conditions d’immigration toujours plus restrictives, alors ça revient à dire aux étrangers qu’ils ne sont pas les bienvenus. Je voudrais donner un autre exemple qui m’a beaucoup irrité : pour obtenir la nationalité allemande, un jeune devra désormais prouver qu’il a un travail ou bien une place en apprentissage. C’est-à-dire prouver qu’il ne va pas dépendre de l’aide sociale à sa majorité. Ces jeunes issus de l’immigration auront donc plus de mal à obtenir la nationalité allemande, alors même qu’ils sont nés et ont été élevés dans ce pays. »

Le gouvernement fédéral a toutefois engagé un plan d’intégration doté d’un budget annuel de 750 millions d’euros. Un modèle d’intégration qui se rapproche plus du multiculturalisme britannique que de l’assimilation à la française. Mais un modèle – fédéralisme oblige – qui se décline ensuite au niveau des Länder mais aussi des communes. Cologne est un bon exemple puisqu’un tiers de sa population est d’origine étrangère. Ina Fohlmeister est la responsable des questions de migration et d’intégration :

« A la ville de Cologne, nous ne disons plus que l’immigration est un problème. Pour nous, le problème ce sont les inégalités sociales. Et là, il faut constater que les populations immigrées sont les plus touchées. Et ces inégalités peuvent conduire à des phénomènes d’exclusion ou même à des conflits. C’est ce sur quoi nous devons travailler. »

Enfin, il reste tout de même un problème politique : il faut rappeler que l’Allemagne n’est officiellement un pays d’immigration que depuis deux ans. Avant la loi de 2005, les étrangers étaient considérés comme des Gastarbeiter, des « travailleurs invités » qui n’étaient pas censés rester en Allemagne. Cette perception a duré quarante ans et personne ne peut dire combien de temps elle mettra encore à s’effacer des esprits.

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