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Afro-presse (hebdomadaire)

"Que peuvent attendre les Africains d’eux-mêmes ?"

Emmanuel Macron et l'Afrique, la politique de développement comme remède face au drame de l'immigration clandestine, et les statues en bronze nord-coréennes à Dakar. Voici le tour africain de la presse allemande.

"Le faible d’Emmanuel Macron pour l’Afrique", est le titre à double sens choisir par Neues Deutschland qui se penche sur ce que l’Afrique peut bien espérer du nouveau président français. Mais tout d’abord ce constat, que l’on pouvait lire dans le Quotidien au Sénégal, repris par le journal allemand, et qui rappelle que "Macron ira s’asseoir à côté de Paul Biya au Cameroun qui est arrivé au pouvoir quand le petit Emmanuel portait encore des couches". Sans parler de la comparaison avec Robert Mugabe au Zimbabwe. Là, Emmanuel Macron n’était pas encore né. Neues Deutschland cite ensuite le professeur camerounais Achille Mbembé : "Je rêve qu’un jour les Africains s’intéresseront autant aux élections en Allemagne ou aux Etats-Unis qu’à la présidentielle française."

Que peuvent donc attendre les Africains d’Emmanuel Macron, lui qui est issu de la promotion Senghor de l’ENA ? "Ses relations avec le continent ont été passées à la loupe, nous dit le journal, et le résultat est bien  maigre." Amitié avec un franco-béninois. Un stage d’étude au Nigéria. Sa chargée de communication pendant la campagne était sénégalaise. De bonnes relations avec les présidents ivoiriens et sénégalais de son époque de ministre sous François Hollande. Mais voilà tout. Apparemment.

Alors à Achille Mbembé de conclure : Il ne faut pas se demander ce que les Africains doivent attendre du nouveau président français mais plutôt "que peuvent attendre les Africains d’eux-mêmes ?"

La « folie des grands »

Die Welt proposait cette semaine une interview autour de la migration. "Se dire que l’on peut décourager les gens de prendre la fuite est illusoire", affirme Dirk Messner, expert en politique de développement et conseiller à la présidence allemande du G20. "Nous pouvons moduler les flux migratoires mais certainement pas les arrêter."  Quand à l’aide au développement, pour s’attaquer au fond du problème, "la politique ne doit pas promettre plus que ce qu’elle peut faire. Il serait dangereux de donner l’impression qu’il suffit d’injecter un milliard d’euros aujourd’hui pour que demain tout aille mieux." D’après Dirk Messner, "si l’Afrique ne profite pas bientôt de la mondialisation, beaucoup tenteront encore de rejoindre l’Europe."

De son côté, la Süddeutsche Zeitung part à la découverte de la "folie des grands". Cette folie, ce sont les mémoriaux et statues construits à travers l’Afrique, dont le célèbre Monument de la Renaissance Africaine, à Dakar. Presque 50 mètres de haut pour 20 millions d’euros. Et lorsque l’on se demande qui a fabriqué  ce monument, on tombe sur le nom de Mansudae Art Studio, qui n’est autre qu’une firme nord-coréenne . En Afrique, "presque toutes les grandes statues en bronze proviennent de cette entreprise gigantesque qui emploie 4000 personnes, et fournit la planète en sculptures en bronze pas chères", affirme le journal. "Ces statues ont plus de ressemblance avec celles des dirigeants nord-coréens qu’avec la tradition des arts locaux. Du coup, les héros en Afrique et d’ailleurs sont interchangeables."

Même si un Kim-Jong Il qui surplomberait Dakar, ça ferait quand même un peu désordre…

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