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Afrique

Protestation générale contre le port de Lamu

Le Kenya a lancé la construction d'un immense port qui pourra accueillir 32 navires-citernes à Lamu. Les habitants de cette ville classée au patrimoine de l'Unesco sont sceptiques.

Mangroves. Corail. Plages de sable blanc. C'est l'environnement de rêve que les habitants de Lamu craignent de perdre. Ils redoutent que l'activité de 24,5 milliards de dollars liée à la construction du port de Lamu menace leur culture - mélange d'influences africaines, arabes, et indiennes. L'analyste kényane Wahida Daud explique son inquiétude : "ça changera tout ce qui fait la beauté et la spécificité de l'archipel de Lamu. Lamu est un centre culturel, une attraction touristique. Les bâtiments que nous y avons, les gens qui y vivent. Maintenant tout cela va disparaitre à cause de la construction du port. Cela va affecter le département de tourisme. Cela va toucher un département et bénéficier à un autre."

Malgré les protestations de la population locale, les travaux ont débuté vendredi en présence du chef de l'Etat kényan, Mwai Kibaki. A ses côtés étaient présents le président sud-soudanais, Salva Kiir, et le Premier ministre éthiopien, Mélès Zenawi. Ce sont le Qatar et la Chine qui financeront entre autres la construction du port. Et dans sa réalisation, Nairobi bénéficie déjà du soutien du Soudan du sud. Juba est en effet en recherche de nouvelles voies d'exportation pour son pétrole. Trois autres moyens de transport - un oléoduc, une voie ferrée, et une autoroute - devraient aussi être construits afin d'exporter le pétrole sud-soudanais.

Somalia Armee Kenia Soldaten

Le Kenya a lancé une offensive en Somalie en 2011

Des ambitions démesurées

De son côté, le Kenya compte, avec ce nouveau port, rejoindre le groupe des pays à revenu intermédiaire d'ici 2030. Et Nairobi est prêt à tout dans ses ambitions de grandeurs - y compris à entrer en guerre contre les islamistes shebabs somaliens, selon Emmanual Kisangani de l'institut des études sur la sécurité basé à Nairobi : "On a dit que le Kenya a lancé une offensive militaire en Somalie parce que son industrie du tourisme est menacée. Or la vraie raison, c'est la construction de ce port. Le port est situé à environ 16 km de la frontière somalienne. Et puis, le pipeline, l'autoroute et du chemin de fer seront aussi construits dans une zone très sensible. Et je sais cela de sources sûres : le Kenya veut en réalité stabiliser la partie australe de la Somalie pour son propre intérêt économique."

S'ajoute à cela le problème sécuritaire, vu que les pirates sévissent dans la région de l'archipel de Lamu. Les rivalités entre communautés ethniques et les mouvements de rébellions sont également un danger. Autant de menaces qui pourraient miner la réalisation de ce projet.

Auteur : Ramata Soré
Edition : Cécile Leclerc

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